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Robert Ménard à eMarrakech : « Je n’ai pas de compte à régler avec le Maroc ! »Youssef BOUFOUS- eMarrakech le 7 Décembre 2006
Youssef BOUFOUS- eMarrakech - Robert Ménard est un homme « détesté » dans une bonne partie des pays du monde. Venu en mission de prospection au Maroc, le secrétaire de Reporters Sans Frontières (RSF) a pu s’entretenir, pour la première fois, avec des responsables du gouvernement marocain. M. Ménard parle d’un « vrai changement d’attitude » après le règne d’un long « dialogue de sourd » entre lui et les autorités marocaines. Toutefois, il a relevé plusieurs dysfonctionnements dans la loi sur la presse, qu’il a qualifié de «mauvaise ». Il a également appelé le Roi du Maroc à communiquer avec la presse nationale.
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Robert Ménard
Il s'agit de votre première visite durant laquelle vous avez rencontré des responsables marocains. Qui vous a invité ?
Personne ne nous a invité. Il s'agit d'une initiative de Reporters sans Frontières. Avant notre voyage, nous avons fait quelques contacts et nous savions les autorités marocaines étaient prêtes à nous recevoir. Et effectivement, j'ai pu m'entretenir longuement avec le ministre de la Communication. Nous ne sommes pas d'accords avec les autorités marocaines mais nous sommes ravi de ce changement. Car ainsi nous pourrons discuter. Précisément, quels sont les responsables marocains avec qui vous eu un contact ? Le ministre de la Communication. On avait également demandé a rencontré le ministre de la Justice et le Premier ministre. Mais lors de mon entretien avec M. Benabdellah, il m'a expliqué qu'il me recevait en tant que porte parole du gouvernement et que ces paroles engageaient le Gouvernement marocain. Quels sont les objectifs de cette visite ? Nous espérons tout d'abord améliorer la situation des journalistes. Il y a un cadre juridique qui pose un problème, en l'occurrence la loi sur la presse, qui est mauvaise. En ce moment, les autorités marocaines discutent avec le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) et les patrons de la presse des modifications à apporter au code de la presse. On a d'ailleurs fait part aux autorités des dispositions qu'il faudra changer dans cette loi. D'abords les peines de prison dans les délits de presse mais aussi tout ce qui concerne les limites à l'introduction de capitaux étrangers dans les entreprises médiatiques. L'Etat ne peut être libéral en économie et interdire à la presse de bénéficier de capitaux étrangers. On a parlé également de l'imprécision d'un certain nombre d'articles. Quand une loi est imprécise, elle permet après aux juges de faire toutes les interprétations. Je suis intervenu aussi sur l'interdiction de Ali Mrabet et des amendes invraisemblables que doivent payer certains journalistes. Dans ce sens, j'ai proposé au ministre de créer des chambres spécialisées dans les délits de presse. Comme c'est le cas dans d'autres pays, plus développés… Lors d'une rencontre avec les médias, le ministre de la Communication a déclaré que vous avez « un compte à régler avec le Maroc »… Je n'ai absolument pas de compte à régler avec ce pays ! J'aime beaucoup le Maroc et c'est l'un des rares pays où je vais en vacances. Je peux vous assurer qu'on n'a aucun compte à régler. RSF a envie que les choses avancent. Nous disons les choses comme on les pense et la langue de bois n'est pas notre style. Quand les choses sont positives, on dit que ça s'améliore. Personne ne peut contester le fait qu'aujourd'hui ça vieux mieux qu'il y a cinquante ans. En même temps, il y des choses qui ne vont pas et je le dis clairement. Peut-on dire qu'il y avait une sorte de « malentendu » entre « Reporters sans frontières » et l'Etat marocain. Peut-on parler d'apaisement ? Quand on refuse de discuter, on vous prête des intentions que vous n'avez pas. Si les autorités marocaines nous avaient rencontré depuis des années, peut être que nous aurions parlé différemment. Tout dépend du comportement de ces autorités avec les journalistes marocains. Si on les met dans des prisons, les rapports de RSF et l'Etat marocain ne peuvent qu'être mauvaises. Tout ira pour le mieux, si le code de la presse est bien et qu'on cesse d'emprisonner les journalistes. Tout ce ceci pour dire que nous n'avons aucun à priori ni pour ni contre le Maroc. Au contraire, personnellement, j'ai de la sympathie pour le Maroc. Le problème réside dans ce que fait le pouvoir marocain. Pensez-vous toujours qu'il faut se méfier de Mohamed VI, roi du Maroc ? A l'époque, on mettait des journalistes en prison dans son Royaume. Si on cesse d'emprisonner des journalistes, je ne me méfierai plus de lui ! ________________________Dans la même rubrique_________________________
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