Le 7 août, le premier camp anti-terroriste du Royaume-Uni s'est déroulé dans le Warwickshire, sous la direction d'un érudit pakistanais bien connu, Muhammad Tahir ul Qadri, dans le but de protéger les jeunes de la radicalisation en leur présentant des arguments qu'ils pourront employer pour contrecarrer les extrémistes.
Ce camp a attiré quelque 1.500 jeunes musulmans venus du Royaume-Uni, d'Europe et d'Amérique du Nord et leur a fourni les bases qui leurs permettront de véhiculer le vrai message de l'islam – un message de paix, de tolérance et d'intégration – parmi leurs pairs.
M. Qadri avait attiré l'attention lors de la publication de sa fatwa historique contre le terrorisme au mois de mars. En 600 pages, cette opinion juridique non contraignante réfute les arguments de certains radicaux qui appuient leur action sur des raisonnements intellectuels. Il rejette tout prétexte religieux pour justifier les actes terroristes, y compris les attentats suicide.
M. Qadri explique comment ces jeunes pourront réfuter les arguments des radicaux qui pratiquent le lavage de cerveau pour les pousser à la violence. Il déclare: “Dans tous ces pays occidentaux – Grande-Bretagne, Europe, Amérique du nord, – où que vous viviez, vous jouissez de tous les droits, de toutes les libertés que vous garantit la constitution au même titre qu'aux non musulmans. Et je puis affirmer sans hésitation que vous jouissez de beaucoup plus de droits et de libertés que dans bien des pays musulmans”.
Naseem, un participant de 28 ans, dit: “A mon avis, M. Qadri a bien raison de défier la radicalisation et le terrorisme. Le terrorisme est un danger pour l'humanité”. A la fin de l'atelier, il a affirmé qu'il pourrait désormais proclamer “la vérité sur le message de l'islam”.
Les participants ont appris les principes et la sagesse de l'enseignement islamique sur la guerre et la paix, particulièrement le concept de jihad, ou combat, en islam. Muhammad Qadri a souligné que, sur les 35 versets du Coran qui mentionnent le mot jihad, 31 n'ont rien à voir avec la guerre et le combat. Les quatre autres parlent bien de lutte armée, mais uniquement dans les cas de défense légitime. De plus, aucune personne, aucun groupe n'est habilité à déclarer le jihad; seul un Etat peut le faire, et d'ailleurs seulement lorsque tous les autres recours, diplomatiques et autres, se sont soldés par un échec.
Le terrorisme au nom de l'islam commence comme une infection idéologique découlant d'une interprétation étroite des sources islamiques que les extrémistes isolent totalement de leur contexte. M. Qadri déplore que certains utilisent les mosquées, les écoles, les universités et l'internet pour déclarer un jihad physique et combattant avec pour but d'établir un “califat islamique” ou de combattre la “répression” exercée par l'Occident.
Selon lui, ce raisonnement fait le lit du radicalisme chez les jeunes nés dans le pays, les conduisant éventuellement à la violence et au terrorisme. Pour lui encore, le terrorisme a des racines idéologiques, philosophiques et politiques. Le problème commence lorsque les extrémistes font une mauvaise interprétation des concepts de jihad, de califat et de démocratie. Certains mouvements considèrent la democratie et la participation à la politique des in pays occidentaux comme une hérésie et s'efforcent de convaincre ces jeunes vulnérables de la validité de leurs prétentions.
Le camp anti-terroriste a fait comprendre aux jeunes stagiaires que la politique étrangère des pays occidentaux ne doit pas servir de prétexte pour exploiter leurs sentiments, comme tentent de le faire certains prédicateurs et groupements radicaux.
La fatwa de Muhammad Qadri propose des alternatives à l'action violente, prône l'intégration et la participation au processus politique et permet aux gens d'exprimer leur désaccord d'une façon pacifique, constitutionnelle et démocratique. L'intégration se fait toute seule lorsque des groupes de citoyens différents vivent côte à côte, contribuant collectivement au développement du pays. Les musulmans qui vivent dans les pays occidentaux doivent respecter les lois du pays où ils gagnent leur vie afin de devenir un élément important de ces cultures et de ces sociétés.
L'islam ne permet aucune transgression de ses principes fondamentaux. Tel est le message qu'ont emporté les jeunes participants du camp, incarnant les principes de paix et de tolérance, et se sentant bien dans leur peau de citoyens à part entière de leurs pays.
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* Shahid Mursaleen (spokesman@minhajuk.org) est porte-parole pour Minhaj-ul-Quran International United Kingdom. A