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Sabhan Adam ou les grincements de la nuit
Rédigé par CP le Mardi 17 Mars 2009 à 12:26 commentaire(s)
Christian Noorbergen - Les créatures de Sabhan Adam grincent des dents, du cou, et de l’âme. On leur a scié les nerfs. Irrécupérables, elles sont, car elles surgissent des trous opaques de la culture. Arrachées au néant, elles se moqueront du beau jusqu’à la fin des temps, et les taches aveugles du mental profond, secrètes et niées, ont pris corps.
Des traces d’humanité naissent d’une masse inouïe engluée d’un noir d’abîme et de souillure, et ces traces ont bien du mal à exister, et font bien du mal à l’existence. Elles se dilatent et se diluent, ne se plaignent pas, et cela donne des excroissances vitales, des semblances d’être à la terrifiante et implacable présence.
Démonstrations métamorphiques d’une altérité cruelle et grimaçante. Proximité fascinante de l’horreur, à portée de regard, et de ses infinies douceurs. Le dedans du corps est noir. L’œil est noir. Et même l’horizon… Hors du noir, Narcisse n’a plus rien à voir, Adam lui a tordu la peau, et fracassé tous les miroirs. On ne voit plus que nos frères cachés de l’en deçà. Obscurs sous-êtres narquois et durs, aux aguets.
On les dirait nés du cocon massif d’un monstre femelle accouchant à côté de la vie, quand l’animalité enfin libérée féconde l’humanité, et ils ruinent les dessous de nos bienséances, et saccagent à cru nos apparences. Il y vient fort et vite, Sabhan Adam, des grottes sombres du chaos d’origine, avant que les faibles clartés du jour ne fabriquent trop vite un humain mal fait comme il faut, poli, policé, et trop bien ordonné. Adam ne cesse de remettre du désordre là où il faut, c’est-à-dire partout où il y a des faux-semblants. Ses matériaux sont rudes comme le vent du désert. Ses couleurs rares parlent le langage nu de la terre.
Son dessin est comme un frisson brutal, un parcours à vif, convulsif, et labyrinthique. Il est absolument seul, mais il crée cependant des visages qui regardent avec obstination le faciès étrange du spectateur. Si son art est poignant et prenant, s’il nous saisit à la gorge, s’il ignore les faiblesses et les fatigues du jour, c’est qu’Adam, sans paix et sans fin, naît de la nuit.
Démonstrations métamorphiques d’une altérité cruelle et grimaçante. Proximité fascinante de l’horreur, à portée de regard, et de ses infinies douceurs. Le dedans du corps est noir. L’œil est noir. Et même l’horizon… Hors du noir, Narcisse n’a plus rien à voir, Adam lui a tordu la peau, et fracassé tous les miroirs. On ne voit plus que nos frères cachés de l’en deçà. Obscurs sous-êtres narquois et durs, aux aguets.
On les dirait nés du cocon massif d’un monstre femelle accouchant à côté de la vie, quand l’animalité enfin libérée féconde l’humanité, et ils ruinent les dessous de nos bienséances, et saccagent à cru nos apparences. Il y vient fort et vite, Sabhan Adam, des grottes sombres du chaos d’origine, avant que les faibles clartés du jour ne fabriquent trop vite un humain mal fait comme il faut, poli, policé, et trop bien ordonné. Adam ne cesse de remettre du désordre là où il faut, c’est-à-dire partout où il y a des faux-semblants. Ses matériaux sont rudes comme le vent du désert. Ses couleurs rares parlent le langage nu de la terre.
Son dessin est comme un frisson brutal, un parcours à vif, convulsif, et labyrinthique. Il est absolument seul, mais il crée cependant des visages qui regardent avec obstination le faciès étrange du spectateur. Si son art est poignant et prenant, s’il nous saisit à la gorge, s’il ignore les faiblesses et les fatigues du jour, c’est qu’Adam, sans paix et sans fin, naît de la nuit.
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