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Amal Galla - eMarrakech - publié le Mercredi 17 Mai à 11:15

Saroukh, le colosse connaisseur de Jemaa El Fna



La ville de Marrakech demeure une cité où la majesté de l’Histoire se mêle à la force du patrimoine oral qui défie les contraintes dévastatrices pour charmer par un rayonnement des plus savoureux les esprits et les âmes.



"L’emprise de la cybernétique et de l’audiovisuel nivelle les populations et les esprits, « disneyise » l’enfance et atrophie ses capacités imaginatives. Seule une ville conserve le privilège d’abriter le défunt patrimoine oral de l’humanité, qualifié par beaucoup avec mépris de tiers-mondiste. Je veux parler de Marrakech, et de la place Jemaa-el-Fna"
Juan Gotisolo.  

Moulay Abdeslam - Saroukh
Moulay Abdeslam - Saroukh
Saurons-nous conserver ces multiples facettes de la beauté patrimoniale de la cité ocre ? Saurons-nous léguer aux nouvelles générations une pureté intacte et sans aucune souillure du temps et du modernisme ?

En tout cas, un lieu résiste à toutes les tentations qui s’accentuent et s’érige comme adresse incontournable de la beauté patrimoniale marrakchie, emblème de toute la beauté de l’être marrakech.. Jemaa El Fna.

Parmi les figures emblématiques de cette agora magique qu’est Jemaa El Fna, le nom de Saroukh sonne bien fort dans les mémoires. Sa Halqa était un passage inévitable, il faisait partie de la mosaïque de la place et ne se lassait de donner éclat à un espace à jamais grandiose.

Un crâne rasé et un corps très imposant, Saroukh, de son vrai nom Moulay Abdeslam, était l’un des grandes figures de la place Jemaa El Fna.
Le surnom de Saroukh ou fusée vint de ses mouvements athlétiques puisqu’il courait et sautait en grande vitesse mais également du lancement de la première fusée Spoutnik lancée par les russes. Il jouissait d’une telle force qu’il pouvait parfois porter un âne sur ses épaules.

Il était, selon plusieurs, un chérif de Tafilalet et grand connaisseur du Coran, il commençait par psalmodier ses versets coraniques avant de s’attaquer aux gens qui ne l’écoutaient point et qui faisaient plus attention à lui quand il portait son âne sur les épaules.

« Bandes d’imbéciles, quand je récitais la parole de Dieu, personne ne m’écoutait et c’est les braiments d’un âne qui vous ont réunis. Êtes- vous des êtres ou des animaux ? » Lançait-il furieux à la troupe qui venait se mettre en Halqa autour de lui.

Et là commençaient ses interminables histoires sur le fameux Jeha avec des métaphores bien osées et un verbe aussi subtil que futé. Il savait jongler avec les phrases et captiver les esprits dans un spectacle quotidien offert généreusement aux mordus de la Halqa.

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