Robert Letan (eMarrakech) - Tous les juifs marocains ne sont pas sionistes. Dans le renouveu d'anisémitisme que déclenche l'agression israélienne sur le Liban. Les marocains doivent savoir qu'il ne faut pas faire d'amalgames.
La communauté juive du Maroc
jEn réponse à diverses interventions, j'aimerais bien que M.Ouaknine, l'un des intervenants, m'explique comment les sionistes s'y retrouvent dans leurs passeports. Quand on sait que si l'on est juif on peut être marocain et israélien, ou français, canadien, américain etc. .
Au fait ! Où est la résidence principale de Monsieur Ouaknine ? Il se dit juif (sa religion) marocain (sa nationalité reconnue par le Maroc) quand cela l'arrange et sioniste quand il fait de la propagande pour l'État d'Israël. Comme tous les juifs sionistes il veut nier l'existence de juifs antisionistes. Il n'est pas loin de les considérer comme des traîtres. Voyez-vous ! Dans 15 jours je vais fêter mes 84 ans et en février 2007, 66 ans de Marocanité. Ceci pour vous dire que, sous trois souverains j'ai pu, moi français d'origine, devenir un modeste historien du protectorat et que la tragédie des juifs marocains j'ai pu l'apprécier autrement que par une version sioniste. (Sur l'insistance d'un ami parlementaire j'avais un jour demandé la nationalité marocaine. Elle m'a été refusée (Je ne suis pas juif). L'émigration des populations juives du Maroc vers la Palestine s'est faite, en trois phases à partir de 1960.
Une première phase avec de jeunes idéologues séduits par la fraternité communautaire des kibboutz que, généralement, on voyait revenir; déçus, l'année suivante. La deuxième phase fut celle des indépendances qui vit partir ceux qui s'étaient trop compromis avec les colonisateurs depuis le débarquement de 1907 à Casablanca. Mais, il faut remarquer qu'un bon nombre de juifs marocains militèrent activement avec les mouvements de gauche, notamment le parti communiste, dans les luttes d'indépendance.
Ce sont ces juifs là qui, sans renier un seul instant leur culture familiale et leurs convictions, ont continué à se battre dans leur pays et pour leur pays. Et non pas pour le développement de cette nation artificielle qui s'est créée comme toutes les colonies de peuplement en en chassant les habitants légitimes.
Qu'ils aient gardé, ou non, leurs convictions religieuses. Que certains se soient trompés dans le choix de leur combat pour mener leur pays vers plus de démocratie. Ils ont l'inestimable mérite d'être resté fidèle à leur patrie.
Il y eut une troisième phase dans cette émigration « sioniste » ce fut la véritable déportation, forcée comme toutes déportations, des populations berbères judaïsées. pour satisfaire les besoins de main-d'œuvre à bon marché de l'état d'Israël. Qui plus est ces déportations furent monnayées, et vous savez comme moi qu'il fallut, mais c'était trop tard, une catastrophe maritime dans le détroit de Gibraltar pour qu'il y soit mis fin. Lisez donc ce qu'en dit un témoin irréfutable et un écrivain de grand talent qui ne renie pas sa
judéité
: Edmond, Amrane el Maleh, dans ce récit grandiose à la gloire de sa patrie avec ses ombres et ses lumières qui s'intitule « Mille ans et un jour » et si cela ne vous suffit pas comme témoignage je vous suggère la lecture des souvenirs du colonel Leroy Finville chef des services français de renseignement sous l'autorité du Général De Gaule, qui, dans cette affaire, n'a pas hésité à impliquer le général Oufkir. Mais vous pouvez aussi, si vous ne craignez pas de salir vos chaussures et tremper pour votre petit déjeuner un morceau de quesra dans l'huile d'argan, d' aller vous promener dans un de ces villages berbères du Sud marocain pour interroger les souvenirs de quelques vieillards de ma génération. Ils vous raconteront, en pleurant encore, la déchirure de ces séparations définitives entre deux communautés berbères que rien encore, depuis plus de deux millénaires, n'avaient séparées.
Il est évident, qu'à terme la deuxième génération et à plus forte raison la troisième veulent oublier dans quelles conditions fut réalisée cet exil. Car il est évident que le sort des générations qui suivirent les exilés leur fut plus profitable que s'ils étaient restés dans les mellahs de leurs ancêtres et M. Amir Peretz resté au mellah de Boujad ne serait pas devenu ministre. Quand on sait à quelles difficultés et à quelle hostilité les marocains furent soumis à leur arrivée en Israël on peut peut-être suggérer que leur intégration actuelle est due aux exceptionnelles qualités d'une berbérité qu'ils ne peuvent renier et l'État d'Israël peut, a posteriori, remercier le général Oufkir de leur avoir fait un si remarquable cadeau, qui à l'origine n'avait d'autre but que de déstabiliser le Maroc en le privant, pour sa reconstruction, de l'un des éléments les plus actifs de sa société.
Vous comprendrez, sans doute, pourquoi une nouvelle génération d'historiens marocains veut boucher ce qu'ils appellent « les trous de l'histoire marocaine »
C'est-à-dire rétablir les vérités dérangeantes. Ce qui s'appelle aussi de l'objectivité. Entre autres, pour ce qui concerne la communauté juive du Maroc, à rester dans la droite ligne de la pensée du défunt Mohamed V, qui ne voulut jamais accepter les distinctions entre ses concitoyens.
C'est-à-dire, pour les nouveaux historiens, refuser les haines entretenues par l'Etat d'Israël qui veut que soit confondu l'occupation coloniale d'un territoire, dont on a chassé les habitants, avec une religion utilisée comme prétexte .
C'est d'ailleurs une escroquerie fondamentale que d'appeler cette conquête coloniale « sionisme » car, l'idée généreuse de ses fondateurs n'était pas la création d'un État juif mais la création d'un « foyer » pour recevoir les juifs russes qui fuyaient les violences des « pogroms » d'un État, qui n'était pas musulman mais bien chrétien.
En passant je constate qu'il est devenu de bon ton, pour un bon nombre de journalistes marocains, de rejoindre toute la clique Judéo socialiste qui gravitait autour de madame Mitterrand pour insulter le défunt Hassan deux (c'est plus facile maintenant qu'il est mort) avec l'utilisation abusive de lieux communs tels que « les années de plomb » qui voudrait le faire passer pour un dictateur à l'image du général Pinochet ou du général Franco et ainsi, masquer le bilan positif d'un règne qui a permis au Maroc de revenir (presque) dans ses limites territoriales et surtout de réaliser un véritable sentiment d'unité nationale qui a permis à sa population de mettre fin aux rivalités ethniques entretenues par la période de colonisation française.
Il serait bon que l'un de nos nouveaux historiens reprenant l'histoire de la décolonisation du Maroc ouvre un chapitre qu'il pourrait intituler « Hassan II un souverain à la conquête de ses pouvoirs ». Car ceux, qui comme moi, ont été les témoins savent : toutes les ambitions, tous les pièges, toutes les tentatives d'élimination, toutes les tentatives de déstabilisation, qui de Ben barka à Allal el Fassi en passant par Oufkir, pour ne rester que dans les limites nationales, voulaient l'empêcher de reconstruire ce pays avec ce qui est sa caractéristique essentielle reconnue de tous les visiteurs. Je parle de sa tolérance. Et Hassan II ne fut intolérant qu'avec les intolérants.
tu te trompes lourdement cher "lounès",
nous souffrons des mêmes souffrances que celles du Peuple Algérien frère qui mérite tous nos respects et toute notre compassion...