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Un livre brûlot contre les immigrés divise l'AllemagneAPS le 6 Septembre 2010
Berlin - Cet été l'Allemagne portait aux nues son équipe de foot "multiculturelle" lors de la Coupe du monde, en septembre elle est empêtrée dans un douloureux débat sur l'intégration jugée insuffisante des immigrés.
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Thilo Sarrazin, un haut fonctionnaire qui siège à la Banque centrale, a mis le feu aux poudres en reprochant aux immigrants turcs et arabes de n'être bons qu'à être des "marchands de fruits et légumes".
Dans un livre pamphlet publié cette semaine, il dénonce le déclin de l'Allemagne qu'il voit "s'abrutir" sous le poids des immigrés musulmans. "Si j'ai envie d'entendre l'appel à la prière du muezzin, je vais en Orient", s'emporte-t-il dans cet ouvrage. Vilipendé par la classe politique, soutenu par une partie importante du public si l'on en croit des sondages, Sarrazin, que la Bundesbank a décidé de chasser de son directoire, a mis le doigt là où ça fait mal. L'Allemagne, qui compte quelque 15,6 millions d'étrangers ou de nationaux d'origine étrangère dont quelque 4 millions de musulmans, a du mal à se considérer comme un pays d'immigration. Selon une étude de l'Université de Bielefeld, un Allemand sur deux trouve qu'il y a trop d'étrangers dans le pays. Sigmar Gabriel, le président du Parti social-démocrate (SPD) qui veut expulser de ses rangs Thilo Sarrazin, a reconnu avoir reçu des milliers de lettres et courriels de soutien aux thèses du provocateur. Et son visage fait la couverture de l'hebdomadaire der Spiegel paru dimanche avec ce titre: "Sarrazin, héros populaire". Du coup, les dirigeants politiques évitent de rejeter d'emblée toutes ses thèses. La chancelière Angela Merkel a déclaré dimanche vouloir "parler ouvertement" du problème de la radicalisation de certains jeunes musulmans, "sans être pour autant soupçonné de xénophobie". Mais lier la violence de certains jeunes dans des quartiers dits difficiles à l'islam est "une erreur", a-t-elle martelé dans une interview à Bild am Sonntag. La dirigeante conservatrice souhaite qu'à l'avenir, il y ait plus d'immigrés dans les services publics comme "la police ou les offices de protection de la jeunesse". Volker Kauder, autre poids lourd des conservateurs, chef du groupe parlementaire de l'Union démocrate-chrétienne (CDU) au Bundestag, a reconnu qu'il y avait encore "beaucoup à faire en matière d'intégration". Début juillet, les Allemands fêtaient pourtant leurs "héros" d'origine étrangère lors du Mondial de foot en Afrique du Sud, notamment Mesut Özil, né dans la Ruhr de parents immigrés turcs, et Sami Khedira, dont le père est Tunisien. Mais l'Allemagne a également été choquée ces dernières années par plusieurs affaires de mariages forcés et de crimes dits d'honneur dans sa population d'origine étrangère. De nombreux jeunes d'origine turque restent écartelés entre le pays de leurs parents et l'Allemagne. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan choque les Allemands en demandant à ses compatriotes émigrés de ne pas se laisser assimiler. Et si l'Allemagne, en raison de son passé nazi, a jusqu'à présent été épargnée par les mouvements xénophobes ou populistes, certains politologues mettent en garde contre l'émergence d'un tel courant, comme aux Pays-Bas ou en France. Sarrazin se défend de vouloir fonder un nouveau parti. Mais, selon un sondage de l'institut Emnid publié dimanche, 18% des personnes interrogées s'imaginent pouvoir voter pour un parti dont il prendrait la tête. "Un parti à la droite des conservateurs de la CDU pourrait d'emblée gagner 20% des voix", assure Klaus-Peter Schappe, chef de l'institut de sondages Emnid dans Der Spiegel. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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