Zakia Daoud : on ne sait même pas qu’il y a une vie politique


Rédigé par Propos recueillis par Sahar ABDELLI le Lundi 7 Avril 2008 à 16:29 commentaire(s)


Rabat - Journaliste et historienne franco-marocaine. Fondatrice et ex rédactrice en chef de la revue LAMALIF interdite en 1988 par le gouvernement marocain. Jacqueline Loghlan , connue par son nom de plume «Zakia DAOUD» est également observatrice et critique de la vie politique au Maghreb. Entretien.


Etre française naturalisé marocaine, qu'est ce que cela veut dire?

Cela veut dire jouir de la nationalité marocaine

Entre vos deux ouvrages "féminise et vie politique au Maghreb" et "Zaynab reine de Marrakech y'a-t-il un lien direct"?

Non, le premier est une étude de la condition des femmes au regard de la variante, pour moi essentielle, du politique. Le second est un roman évoquant la figure d’une femme politique du 10ème siècle.

Et en 2008 comment évaluez-vous la présence de la femme dans la vie politique au Maghreb?
 

Je trouve que si l’on regarde les indicateurs que sont la présence dans le gouvernement et à un moindre degré dans le parlement, cette présence devient enfin numériquement conséquente. Je continue néanmoins à m’interroger sur son poids réel et sur son influence dans la prise de décisions politiques.

Que divulgue "Maroc les années de Plomb" entre ses lignes?
 

Les années de plomb sont en France le titre sorti au Maroc sous le nom des Années Lamalif. L’éditeur français craignait que le terme de Lamalif ne soit pas suffisamment porteur puisque moins connu, évidemment, qu’au Maroc. Il s’agit du même texte qui ne divulgue rien d’autre que ceci : l’histoire de la revue Lamalif et de ceux qui l ‘ont créée et animée croisée avec trente années de la vie politique et sociale et économique quotidienne du Maroc indépendant.

Etes vous donc nostalgique aux années de LAMALIF?

Comme je l’ai écrit dans le livre et répété à plusieurs reprises lors de diverses présentations de l’ouvrage, la nostalgie n’est pas présente du tout dans cette démarche.

Quel est le secret de votre intérêt porté à l'immigration ?

Il n’y a pas de secret, il y a un intérêt porté à la condition des émigrés marocains spécialement, et une volonté de rendre hommage à leur courage. Il y a aussi l’opportunité qui m’a été offerte, à trois reprises, de travailler avec et sur des associations importantes comme Migrations et Développement pour deux ouvrages, «les Marocains des deux rives» et «les Marocains de l’autre rive et l’ATMF pour la mémoire ressuscitée des travailleurs marocains de l’étranger.

Quelle note attribuez-vous à la médiatisation de la vie politique au Maroc ? (1à10),
 

4 à 5 parce que, souvent, on ne sait même pas qu’il y a une vie politique.






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