« Marrakech, la ville-jardin »… Quelle belle image, pleine de poésie… Et ce « fut » vrai : voilà encore 20 ans, le survol du Guéliz était celui d’une oasis : un damier de jardins, d’arbres et de fleurs au milieu desquels, somptueuses ou modestes, on devinait des villas basses où il faisait bon vivre, dans le calme, l’air pur, et la beauté…
Qu’en est-il aujourd’hui ?!
Ni Berlin, ni Beyrout, ni Bagdad, nul besoin d’une guerre : livrés aux « promoteurs » (…) sans goût et sans âme, les arbres sont abattus, les fleurs arrachées, les villas rasées pour faire place à la « reconstruction » par des casernes étouffantes serrées les unes contre les autres, et vive la promiscuité ! Le charme a disparu avec la qualité de la vie, les rues sont décorées de béton, la pollution emprisonnée entre de hautes murailles : les requins du profit se sont abattus sur la ville, et alors qu’il ne manque pas d’hectares tout autour pour y faire des quartiers dits « résidentiels » nous aurons assisté à la destruction du Guéliz ! (en espérant, pour être un peu trivial, que les réseaux d’évacuation pourront résister à ce nouveau camp de concentration humaine…) Le progrès, ça ?! Trop de villes européennes l’ont déjà subi : on en voit aujourd’hui le résultat. Marrakech aurait méritée d’y échapper…
Sans parler de la réussite d’Assif, bientôt Daoudiet et Massira seront plus agréables que le Guéliz !
Quelle tristesse ! Mais aussi quel paradoxe, à l’heure où la ville n’a jamais été aussi propre et aussi fleurie par les massifs qui se multiplient au long de ses artères, efforts dont on ne louera jamais assez les responsables !