|
|
||||||
Polisario 'Politique du disque rayé'
Le Maroc a attribué à ses provinces de sud une autonomie territoriale, c'est-à-dire des compétences plus larges que ce qui est habituellement considéré comme du domaine de la décentralisation administrative en gardant sa souveraineté et en particulier en matière de justice, d'ordre public et de défense. Donc, le Maroc considère ces provinces une région autonome à statut spécial et les Marocains de cette région auront des larges pouvoirs législatifs et une considérable autonomie financière.
Les responsables Marocains ont fait plusieurs concessions alors que les Polisariens n’ont fait aucune concession, c’est la « Politique du disque rayé ». Les Marocains et en particulier ceux des provinces de sud, sont prêts à mener une grève de faim illimitée ou choisir une autre façon de militer pour montrer à l’opinion internationale que le Sahara est Marocain pour l’éternité et pour obliger les autorités Algériennes à donner aux Marocains à Tindouf leur liberté.
salam
j'ai pas de repons
le 2/1/2010
Le porte-parole du mouvement 'Khat Achahid', opposé au 'polisario', Mahjoub Salek, a souligné que la direction actuelle du front 'polisario' n'a pas la volonté sincère de trouver un règlement au différend du Sahara, puisqu'elle tire profit du statu quo. Mahjoub Salek a appelé, dans une déclaration à la chaîne de télévision 'Al Arabiya', diffusée jeudi soir, la direction actuelle du 'polisario' à 'ouvrir la voie devant les jeunes afin d'engager des négociations de bonne foi pour délivrer nos proches de leurs souffrances dans les camps de Lahmada et leur permettre de regagner leur patrie, la tête haute'. Il a également appelé la direction actuelle du 'polisario' à ouvrir la voie au dialogue et à tenir un congrès libre et transparent, loin de toute mise en scène, afin de permettre à la population des camps de s'exprimer.
Depuis longtemps, le Maroc espère résoudre le différend qui oppose son pays au Polisario portant sur le Sahara « sans gagnants ni perdants ».
Ce conflit qui dure depuis 35 ans, a empêché plusieurs travaux du Maghreb Arabe et a freiné son avancement vers le chemin du progrès et du développement. Le Maroc espère que, dans cette semaine, le Polisario sera plus réaliste, plus raisonnable et capable de faire des progrès supplémentaires pour mettre fin à ce conflit artificiel. Le Maroc s’est toujours montré optimiste et il partira aux négociations pour trouver une solution mais pas pour continuer de négocier indéfiniment.
Depuis longtemps, le Maroc espère résoudre le conflit qui lui oppose au Polisario portant sur le Sahara « sans gagnants ni perdants ». Ce conflit qui dure depuis 35 ans, a empêché plusieurs travaux du Maghreb Arabe et a freiné son avancement vers le chemin du progrès et du développement.
Le Maroc espère que, dans cette semaine, le Polisario sera plus réaliste, plus raisonnable et capable de faire des progrès supplémentaires pour mettre fin à ce conflit artificiel. Le Maroc s’est toujours montré optimiste et il partira aux négociations pour trouver une solution mais pas pour continuer de négocier indéfiniment.
Les vrais habitants du Sahara Marocains sont Béni Hilal et Béni Amir qui ont donné plusieurs tribus. D'autre part, la logique est d’abord concernée par le raisonnement et sa valeur:
Est-ce que l’état Sahraoui a existé avant l’année 1884 ? NON Est ce qu’il y a eu un souverain Sahraoui au Sahara avant l’année 1884 ? NON Est-ce qu’il y a eu des frontières entre le Maroc et son Sahara avant l’année 1884 ? NON Est ce qu'il y a eu une monnaie des Sahraouis avant 1884? NON Est qu'il y a eu des établissements indépendant du Maroc avant 1884? NON ..............etc. Le Sahara était toujours une région du Maroc et il le restera. Ce n'est pas la colonisation du Sahara Marocain par l'Espagne en 1884 qui va conduire à la séparation de cette région de la nation mère le Maroc et à la balkanisation de son intégrité territoriale. Selon le raisonnement des Polisariens, l'opposition dans chaque pays peut se réfugier dans un autre pays et former un gouvernement créer de bla-bla pour l'indépendance. Est ce que l'Algérie qui se montre de défendre les droits des peuples, pourra permettre aux Kabyles de se réfugier au Maroc pour revendiquer leur indépendance?????? Ce qui est contradictoire c'est que les autorités Algériennes n'ont même pas accepté l'autonomie au Kabylie alors que le Maroc a attribué l'autonomie au Sahara. 'ALLAH YIHDI MAN KHALAK'
Le Sahara marocain, le même peuple dans les mêmes
Par Mohammed Boughdadi Ancien Officier des FAR Le Sahara est l'un des sujets qui a été le plus exploité par la littérature méditerranéenne des siècles derniers. Toutefois, les Européens en ont un aperçu tout à fait particulier, ne sachant comment le distinguer sous ses différentes coutures. Le plus connu par l'Europe est le Sahara français. Sa conquête par la France, en 1830, a fait l'objet d'écrits plus ou moins préconçus et sa libération, en 1962 après la guerre d'Algérie, n'a pas manqué d'attirer l'attention des observateurs et écrivains de toutes les tendances. Par sa géographie, son anthropologie, ses populations millénaires, son histoire et ses aléas sociopolitiques, il est normal de parler du désert africain. Il se présente sous un ensemble homogène allant de l'Atlantique à la Mer Rouge, avec des nuances à peine perceptibles. S'il n'avait pas été dépecé et cloisonné en plusieurs zones politiques par le colonial européen, il aurait gardé son harmonie et ses lois géographiques. Les frontières administratives de la période d'occupation ont été plus d'une fois modifiées ou effacées. Les coloniaux qui les avaient imposées ont disparu, mais restent à jamais ces éléments géographiques et humains qui continuent de former le corps originel du Sahara. Sa physionomie physique et humaine conserve ses singularités millénaires, restées immuables malgré les vicissitudes de l'époque coloniale. Le Sahara qui nous intéresse ici est le Sahara Marocain, tel qu'il était avant la colonisation du Maroc par la France et l'Espagne et tel qu'il est aujourd'hui avec ses problèmes et ses labyrinthes. C'est dans cette optique que ce chapitre tente de faire connaître la géographie et la morphologie de cette région pour connaître la population qui y évolue et ses problèmes. Le terrain, le relief, le climat, l'hydrographie, la pluviométrie, jusqu'à la faune et la flore, expliquent le mouvement des masses humaines et déterminent leur mode de vie, leurs caractères et leurs spécificités. L'homme ne choisit pas son mode de vie, mais ce sont ces éléments naturels qui tracent sa destinée. Le nomadisme et le système caravanier n'ont pas été un choix, mais imposés au bédouin par le milieu où il évolue. La géographie du Sahara Le Sahara n'est point cette pensée têtue et romantique qui le représente comme une suite infinie de dunes dorées où cheminent, au son envoûtant d'une flûte magique, de féeriques et interminables caravanes qui éveillent la nostalgie d'alléchants et fabuleux voyages. Le Sahara n'est pas non plus un vaste espace constellé d'oasis rêvés pour le repos dans des palmeraies enchanteresses que traversent de roucoulants et limpides ruisseaux où se désaltère le voyageur après sa longue méharée. Seuls les contes des Mille et une Nuits donnent peut-être du Sahara cette séduisante métaphore. Bien des visiteurs, non préparés et encore moins initiés, alléchés par ce beau et ravissant rêve du désert, ont payé de leur vie leur tenace curiosité. Le grand désert a constitué, pendant longtemps, l'enjeu et le ferment de l'imaginaire et du romantisme. Le roman saharien et la fiction du désert ont occupé une bonne partie de la littérature européenne des 18 ème et 19 ème siècles et ont exalté l'aventure méhariste, la vie nomade et le 'repos du guerrier' sous la majesté du palmier. A cette période, le roman saharien a vécu son âge d'or où se croisaient la fiction et la fascination, le frémissement et l'enthousiasme. Dans la vision romanesque que suscite le désert dominent une approche constante et une version soutenue où la psychanalyse tient une place notable. La littérature coloniale s'était beaucoup appuyée sur la crédulité de ce romantisme. La relation entre l'exotisme saharien et cette littérature a été soutenue par les visées coloniales occidentales. L'esprit impérialiste a été souligné par MM. Korrnman et Ronai, dans leur étude 'le désert, mode d'emploi' (revue Traverses N0 19 de 1980). Le monde du nomade et la vie dans les oasis ont été exaltés et chantés dans les sociétés européennes. Le mercantilisme et l'esprit conquérant s'en sont saisis pour l'exploiter. Une littérature coloniale a vu le jour. Le trait d'union entre une écriture saharienne savante, naïve et spontanée et une littérature coloniale intéressée trouve son soutien dans une version où l'introspection a préparé le terrain aux visées hégémoniques. Ce fut la soif de conquêtes et la fièvre d'aventures coloniales, sous leur forme sournoise de pacification civilisatrice. Le charme de l'exotisme vanté et l'appel de l'équipée innocente des premiers romanciers ont cédé la place à une littérature impérialiste corrompue et ambitieuse, zélée et fanatique. Le Sahara est un haut lieu de séduction et d'engouement. Il est très difficile d'appréhender sa réalité, comme sont très complexes les enjeux qu'il a de tout temps excités. Cependant, bien qu'il souffle le romantisme et l'imaginaire, le désert se présente sous une réalité toute différente des tableaux fabuleux et chimériques que peignent les écrits de l'époque. Il est indéniable qu'il y a de cela, mais il y a aussi la réalité qui se présente sous différentes formes. Les contrées sahariennes sont variées, quelques fois douces et clémentes où il fait bon de vivre, ou difficiles et austères, souvent rudes et amères, comme peu décrites dans les livres. Suivant le lexique des bédouins, plusieurs descriptions du désert ont été relevées: -Sahra el Îmrane (peuplé). C'est une terre inculte, mais vivable. Les oasis et la population n'y sont pas rares. Certaines bourgades se sont transformées, aujourd'hui, en villes urbanisées et modernisées qui n'ont plus rien à envier aux cités du Nord du pays. Les pâturages permettent au cheptel de subsister sans grande difficulté. C'est le cas du Sahara occidental et du littoral mauritanien, régions comprises entre Oued Noun et le fleuve du Sénégal. La côte poissonneuse permet l'installation de pêcheries, aujourd'hui exploitées industriellement. Elles assurent au bédouin l'amélioration de sa vie sociale avec un standing nouveau. -El Khala (le vide). C'est l'opposé de Îmrane. C'est le désert profond où la vie est très dure et le climat est insupportable. Le nomadisme est la seule activité, à la recherche de maigres pâturages que se disputent les différentes tribus. La pénurie est généralement habituelle et le bétail résiste difficilement aux grandes sécheresses. Ces contrées, pratiquement vides, deviennent de plus en plus rudes au fur et à mesure qu'on se déplace vers l'Est. -El Kifar (le grand vide, la désolation, le néant). Sans eaux ni végétation, la vie y est impossible pour toute créature, humaine, animale ou végétale, et la traversée est incertaine. La population Il est permis de tenter une esquisse de ce que pouvait être le peuplement du Sahara à des époques reculées de son histoire. Si des dates exactes ou des périodes délimitées dans le temps ne peuvent être proposées, du moins on arrive à établir une échelle de repères qui peuvent aider à déterminer les origines de sa population actuelle. Au-delà du 3ème millénaire avant J.C, la préhistoire du Sahara se perd dans les conjectures, l'ethnologie, l'archéologie et la préhistoire n'ayant pas encore livré ce qu'elles gardent de secret dans leurs tréfonds. Les fondements qui pourraient nous permettre de situer ces différentes époques sont relativement restreints. Cependant ils deviennent assez précis au fur et à mesure que nous nous approchons de l'ère chrétienne. Ils sont plus sûrs dès l'ère musulmane. Les historiens et les auteurs de la période arabo musulmane nous livrent des données riches en événements, avec des dates et des faits, des noms et des lieux exacts. Malgré cela, il reste encore beaucoup à faire pour l'anthropologue, l'ethnologue, l'archéologue et l'historien qui veulent approfondir une étude du Sahara. Celui-ci offre une grande richesse en archéologie préhistorique qui reste encore peu exploitée. L'art pariétal, qu'on trouve à profusion dans les différents sites, est là pour éclairer le chercheur. Celui-ci doit garder à l'esprit que les thèses avancées doivent être confrontées à d'autres données afin de pouvoir les avaliser ou les écarter. Je n'ai pas fourni, ici, de datations précises, mais seulement un ordre de grandeur. Les chercheurs et les explorateurs avertissent, de toute manière, qu'au delà de 8.000 ans il n'est pas permis de vouloir donner des datations plus évidentes. Le Sahara africain d'une manière générale et le Sahara marocain en particulier ont vécu, dès le 11 ème millénaire av.JC le processus de la néolithisation. «Le désert d'alors a été un centre de civilisations successives et diverses qui ont rayonné autant sur le sud méditerranéen que sur l'Afrique subsaharienne» selon la préhistorienne algérienne Malika Rachid. L'art rupestre et les découvertes archéologiques ont révélé des civilisations anciennes où l'homme est passé de pasteur accompli au cultivateur expérimenté et au constructeur exercé. Noires, blanches ou mixées, les populations vivaient ensemble et ont atteint leur apogée d'expressions artistiques et techniques par l'emploi des métaux et d'une industrie primaire déjà en avance sur leurs voisins. L'explosion démographique due à l'amélioration de la vie, sentie à partir du 9ème millénaire, fut certes enrichie par des apports de peuplades migrantes avant la désertification du Sahara. La couverture végétale et l'hydrographie étaient plus fournies à cette époque. Si, d'une manière générale, la densité de la population était parsemée, elle était très drue dans les régions humides et dans les vallées autour des points d'eau. Les découvertes faites par Amblard, Pernés, Robert Vernet et Ballouche, révèlent la domestication de la forêt ou savane par l'homme qui pratiquait la semence de granulés. Des meules de grains, datant de plus de 6000 ans, ont été découvertes dans le Hoggar, au Nord Est de la Mauritanie, à Oued Dra, dans le Tassili et au Niger. Des poteries portent des dessins d'épis céréaliers pleins. Une forme d'agriculture irriguée apparut alors, ainsi qu'un début d'élevage de bovidés et de dromadaires. Après la déforestation, ce fut peut-être les prémices du nomadisme et le besoin d'une fixation autour des points d'eau qui devinrent plus tard des oasis et des villes. L'importance de l'outillage préhistorique et les dépôts alimentaires des restes d'animaux de foret et de poissons, prouvent l'existence d'une population qui vivait de la pêche, de la chasse et de la cueillette en des périodes étalées sur des millénaires. L'industrie lithique en silex taillé se trouve en abondance dans les explorations de surface. Selon les chercheurs Henri Breuil (1877-1961, préhistorien français) et Henri Lhote (1.903-1991, ethnologue et archéologue français, spécialiste des dessins rupestres), une certaine forme d'agriculture a vu le jour dès 8.000 ans av. J.C. et qu'à partir de 3.000 ans la région a subi l'influence de l'Egypte pharaonique qui aurait atteint l'Atlantique. Ce-ci s'explique par la présence, dans certaines régions, de tumulus en forme de pyramides à trois étages ressemblant aux tombeaux égyptiens. Le Sahara est parsemé de vestiges de cités plus ou moins importantes, avec des remparts en pierres taillées, aujourd'hui en ruine, en haute montagne que sur les plateaux, près des points d'eau. C'est signe que la région n'était pas peuplée seulement de nomades. Des cimetières entourés de murs en pierres, aux abords des cités, indiquent que ces structures n'étaient pas éphémères et que des sédentaires y avaient vécu longtemps, à travers des âges aux datations diverses non encore bien déterminées. Les dessins rupestres, à leur tour, ont révélé bien des indices parlants. Ils montrent des figures et des scènes humaines significatives pour les chercheurs Paul Huard et R. Vaufrey. Les gravures montrent des hommes avec des lances à pointe, des couteaux et des haches. Des outils et des armes en métal ont été découverts dans les grottes de Foum el Hassan, de J'bel Zini, d'Adrar, dans le Haoud et à Tagante par le professeur André Simoneau. Dans la vallée du Dra, au sud d'Akka, d'anciennes galeries d'exploitation minière ont été mises à jour. Ici, on exploitait et on travaillait le fer, le cuivre et le plomb pour la fabrication d'armes et d'outils. Il reste, encore de nos jours, quelques familles à Akka, à Tata, à Ighrem et Agadir N'Tissint qui vivent de la confection de plateaux, de marmites et d'autres objets en cuivre. Les gravures rupestres du J'bel Bani, au style affilé, sont tellement variées et si bien finies que M. André Malraux, alors ministre français de la culture, a qualifié la vallée du Dra, où il a séjourné (chez l'auteur) pendant deux semaines en 1966, de «musée naturel d'archéologie». Théodore Monod, naturaliste du début du XX ème siècle, et l'anthropologiste espagnol Julio Caro Baroja se sont beaucoup inspirés de ces dessins dans leurs études géologiques et botaniques pour situer le néolithique saharien au début de la désertification. La variété des styles de ces gravures, de leurs périodes et de leurs sites ne lui a pas permis de les classer avec exactitude. Il a toutefois pu déterminer qu'à partir du troisième millénaire av JC commençaient à se préciser des groupes de pasteurs cultivateurs qui se fixaient dans les vallées et les oasis et qui pratiquaient l'élevage d'animaux domestiques et de basse cour. Pline l'Ancien énumérait des centres urbains au Sud de Oued Dra. Personne ne lui accorda de crédits. Or, au mois d'août 1997, une mission de chercheurs marocains, canariens, français et canadiens, sous l'égide du professeur chercheur Mustapha Naïmi, sahraoui lui-même, a découvert d'anciens sites entre Khnifiss et Akhfennir, au Nord-Est de Tarfaya. Ils seraient les restes de Babila dont parlait déjà Ptolémée il y a plus de 2000 ans. Le lieu est entouré de remparts avec de vastes esplanades au dallage parfait et aux maisons circulaires. Les objets trouvés sont de diverses périodes, du paléolithique moyen à un âge plus récent. Cette découverte démontre la coexistence d'un type d'urbanisme avec un mode de vie semi-nomade. La cité aurait été un gît d'étape sur la route caravanière atlantique qui reliait le Maroc au Sénégal. Toutefois il est encore prématuré de vouloir se prononcer sur la datation ou les origines de ces ruines. Les fouilles nous éclaireront sur leurs anciens habitants au risque de bouleverser les données historiques, connues aujourd'hui, de ces contrées sahariennes. Au cas où ce serait une construction romaine, toute l'histoire nord africaine serait bouleversée. Il est fort probable que ce soit Juba II qui en serait à l'origine. Dès l'âge de cinq ans, il a été élevé à Rome par des précepteurs grecs et romains qui lui ont insufflé une triple culture, berbère de par ses origines et gréco-romaine de par l'enseignement qu'il a reçu. Il a été en même temps initié aux armes et au métier de roi pour diriger Mauretanea. De l'ère des dessins rupestres à nos jours, le peuplement du Sahara marocain a été opéré progressivement et a subi de grandes transformations sur le plan ethnique comme sur le plan du mode de vie. Nous constatons que Mauretanea a été peuplée par les Noirs (Ghanéens, Daratites et Gétules), par les blancs (Ibères, Israélites, Troyens, Phéniciens, Puniques, Etrusques, Himiar, Carthaginois, dont le croisement a donné naissance aux Imazighen, (berbères). Puis vinrent les Romains, suivis des Vandales que supplantèrent les Arabo musulmans. Quand on considère, à travers ces âges, toutes ces migrations et tous ces croisements de races et d'ethnies entre le sud et le nord, entre l'Est et l'Ouest, quand on observe ces fusions de civilisations, quand on examine ces interconnections de courants religieux et culturels, peut-on dire alors que c'est le Maroc qui vit son aventure saharienne ou que c'est le Sahara qui vit son épopée marocaine? Il est aberrant de vouloir répondre à cette question tant est dense la structure tissée depuis longtemps entre toutes ces régions et leurs populations. Les migrations sont, le plus souvent, le résultat des interdépendances inter régionales, tout autant que des métissages tant généalogiques que socioculturels. Ces règles, développées le long des siècles, sont un atout fondamental de l'unité ethnique et sociopolitique du Maroc. C'est aussi une manifestation visible de son unité et de son rayonnement allant jusqu'au fond de l'Afrique occidentale. La circulation, facilitée par un relief non contraignant, orienté nord-sud, et par les mouvements caravaniers, favorise l'arrimage d'une contrée à l'autre et harmonise les liens entre les espaces, même éloignés. La migration a toujours été un phénomène dont la dynamique s'inscrit dans le principe sociogéographique tant de la permanence que du mouvement. Les périodes de permanence sont longues et permettent la fixation des hommes. Les mouvements sont lents, apériodiques et permettent les échanges humains. Leur alternance permet l'interpénétration entre les diverses populations et la formation d'un conglomérat humain au sein d'un espace géographique bien déterminé: le pays. A) Le peuplement du Maroc et de ses prolongements sahariens Il est téméraire d'ambitionner une étude scrupuleuse des différentes périodes du peuplement du Sahara. Vouloir en donner des datations exactes ou même approximatives serait aventureux et contraire à toute étique d'écriture et à toute honnêteté intellectuelle. Il est permis toutefois de se permettre une esquisse de ce que pouvaient être les migrations et les déplacements humains au Sahara, après des études approfondies faites par les spécialistes. Les archéologues, les anthropologistes, les préhistoriens, les naturalistes, les linguistes, les géographes tels le Grec Hérodote, les Romains Pline l'Ancien, Sallus Crispus, Horace, les français Gérôme Carcopino, Stéphane Gsell, Henri Lote, Henri Breuil, Robert Vernet, Paul Huard, Théodore Monod, R. Vaufrey, les russes Thomas Marr, Nicolaï Marr E.P. Korovine, D.N. Kachkarov, l'espagnol Julio Caro Baroja, l'algérienne Malika Hachid et tant d'autres, ont conclu, chacun dans le cadre de sa science, que le Sahara a connu une population humaine depuis plusieurs dizaines de milliers d'années. Ils n'ont pu donner des datations approximatives qu'à partir de la période des Daratites, des Ghanéens et des Gétules (races négroïdes) au Sahara. Les dates commençaient à être dégrossies dès l'apparition de la race blanche dans la région. L'archéologie, l'art rupestre et les monuments funéraires permettent la reconstitution du long parcours des premiers Imazighen de la région. On ne peut les décrire sans se retrouver face à la question capitale de leur date d'apparition, sachant que leurs plus anciennes traces ont été décelées en Afrique du Nord et datées de plus de 11.000 ans, selon l'étude de l'anthropologue Marie Claude Chamla et celle de la préhistorienne Malika Hachid. Les grandes lignes d'une synthèse de leur genèse sont tracées par la convergence de trois disciplines scientifiques modernes: la paléontologie humaine, l'archéologie et la linguistique historique. Certes que dans un futur proche, la science de la génétique jouera un rôle important dans la fixation précise des origines des peuples. Les différents groupes berbères, où dominent les Mechtoïdes et les Proto méditerranéens Capsiens, se sont interpénétrés sur les plans de l'anthologie et de la culture pour forger une imazighité identitaire en Afrique du Nord, leur berceau, et nulle part ailleurs. Ces groupes originels ont, par la suite, absorbé d'autres lignées venues du pourtour méditerranéen et du Sud arabique. La race négroïde Les Daratites sont les premiers que les recherches ont découverts. Pline l'Ancien en parlait en 109 ap. J.C. dans son livre 'Naturalus Historia'. Ils seraient venus du Sud-est africain entre 7.000 et 6.000 ans av. J.C. R. Basset et F. de la Chapelle les apparentent aux Ethiopiens. Le Colonel Modat, dans son livre: Les populations primitives de l'Adrar mauritanien, pense qu'ils sont venus des sources du Nil à une époque qu'il situe entre 7.000 et 6.000 ans av. J.C. Les Ghanéens (G'nawa) émigrèrent au Sahara entre 5.000 et 3.000 av. J.C. Ils sont les ancêtres des Woloffs, Wangaras, Peuls, Banbaras, Sarakollés, Soninkés qu'on trouve aujourd'hui au Sénégal, à l'Est du Mali, au Sud de la Mauritanie et un peu partout au Maroc. Ils vivaient de chasse et de cueillette et s'adonnaient aussi à la pêche dans les cours d'eau et les étangs. Nous connaissons très peu de choses sur la vie des Daratites et des Ghanéens. Les Gétules sont venus de la région appelée aujourd'hui Sénégal. Ils pratiquaient un élevage en communauté et, déjà, une agriculture irriguée. C'étaient les préludes à une forme de société matriarcale et au commerce basé sur le troc. Ils osèrent l'aventure maritime, sur de petites distances, avec des embarcations rudimentaires qui ne dépassaient pas le niveau technique de radeaux. Ils vivaient groupés dans les vallées et les oasis. Depuis leur présence dans la région, les migrations entre le Sud et le Nord se multiplièrent. Les Gétules accueillirent d'autres groupes; Massaesylis, Gentilibis, Massyles, Autololes, Miciènes, Maxites ou Maxitaniens, Macanites, Lybbouhs ou Lybihimes, Lixites. Dans son livre 'Discours sur Hercule et les Argonautes', le géographe grec Hérodote les signalait au Nord du Maroc, principalement dans les plaines côtières. Les métissages entre blancs et noirs donnèrent naissance à un type d'homme basané: le Hartani. La race blanche. Il est difficile de donner une datation à l'arrivée au Sahara des premiers Blancs. Des spécialistes, tout en prenant des précautions, parlent d'une vingtaine de milliers d'années, et les font venir du pourtour méditerranéen. Les premiers seraient venus de la péninsule ibérique, au vu de la faible distance qui sépare les deux rives du Détroit de Gibraltar. Les migrations, dans les deux sens, s'effectuaient sur des barcasses de l'époque. Plus ils arrivaient en nombre important, plus ils chassaient leurs prédécesseurs qui émigraient plus au Sud. L'historien marocain Abou el Kacem Ahmed Zayani fait descendre les premiers blancs au Maroc des enfants de Japhet, fils de Noé. Le linguiste russe Nicolaï Marr rejoint Zayani quand il conclut, dans sa théorie Japhétique, que «les parlers du bassin méditerranéen sont des variantes de la langue des descendants de Japhet». Des linguistes et anthropologues se sont inspirés de Zayani et de Nicolaï dans leurs études sahariennes. Le Corpus Inscriptionum Semiticarum, édité en France en 1867, fait dériver les langues méditerranéennes les unes des autres et met l'accent sur l'importance qu'y tiennent les parlers sémitiques. Ibnou Khaldoun parle de blancs venus en Afrique du Nord, enfants de Canaan, fils de Sem, fils de Noé. Ils seraient rejoints par les Amanites et les Philistins. L'un de leurs aïeux se nommait Mazigh, nom que s'attribuaient les premiers habitants du Maghreb et qui a donné Amazigh, Ymazighen et Amachik chez les Touareg. En 2.500 av. J.C. les Himiarites ou Homaïrites (de la Mer Rouge), qui étaient au service des Pharaons en Egypte, sont venus en expédition en Afrique du Nord. Etant des bédouins de l'Arabie méridionale et vivant sur le littoral de la Mer Rouge, et dans le but d'échapper à la tyrannie pharaonique, continuèrent vers le Sud pour définitivement s'installer sur la côte de Chenguit (Mauritanie actuelle). Cette théorie est étayée par les multiples similitudes qu'on trouve encore de nos jours tant chez les Imraguen de Mauritanie que chez les Bani Himiar de la Mer Rouge. Les Phéniciens sont venus du Moyen Orient au XVI ème siècle av. J.C. et ont envahi toute l'Afrique du Nord. Plusieurs groupes ont prolongé leur migration jusqu'au Sahara. Les navigateurs Tartessiens de la Bétique (Ibérie) se sont installés en colonies sur les côtes du Maroc et se sont mêlés à la population. Certains ont continué jusqu'au Sahara. Les Etrusques sont venus de la Toscane (Italie) sous forme de commerçants, aux VII ème et VI ème siècles av. J.C. pour habiter d'abord sur les côtes avant de s'éparpiller à l'intérieur du pays et se fondre dans la population bédouine. Ce fut ensuite les Romains suivis des Vandales qui peuplèrent le Maghreb. Les expéditions romaines au Sahara ont commencé juste avant l'ère chrétienne. En l'an 19 av. J.C. la première campagne était dirigée par Cornellius Ballus et qui «l'a amené jusqu'aux pays des noirs où règnent la soif et la faim» a-t-il écrit. Celle de Septimius Flaccus a eu lieu en 70 ap. J.C. Il combattit «les Gétules et les Maures du Sahara montés à dos de chameaux». En l'an 80 ap. J.C. Julius Maternius poussa ses troupes «jusqu'aux pays des sables et des Noirs farouches». Les Juifs L'histoire nous a fourni des preuves concrètes de l'existence des Juifs, depuis la nuit des temps, à travers Mauretanea. L'historien français, Léon Godard, date leur présence sur les deux rives du Sahara et dans le Nord du Maroc depuis plus de 3.000 ans. Plusieurs reines de Mauretanea et du Sahara central étaient juives. Quelques villes sahariennes portent toujours les noms de ces reines (Tinbouktou, Bamako et Tawdenni au Mali, Awdaghost, Tijikja et Walata à Mauretanea). Ils sont venus par vagues successives: -Au XII ème siècle av. J.C. des Juifs Gergéséens, chassés des terres de Canaan par Josué, s'installèrent en Afrique du Nord et au Sahara Occidental. -Selon le professeur P. Monceaux, des juifs Syrénéens, cousins de ceux d'Egypte pharaonique, sont venus au X ème siècle av JC «se réfugier auprès des berbères montagnards et auprès des Maures et des Gétules au Sahara». -Au VI ème siècle av. JC, le roi babylonien, Nabuchodonosor 1er, persécutait les juifs le long de tout son règne (1146-1123 av J.C.). Ceux-ci trouvèrent asile au Maghreb et au Sahara. -En 300 av JC, Ptolémée, fils de Lagos et roi des Lagides en Egypte, intronisé par Alexandre le Grand (356-323), chassa les Juifs égyptiens qui élirent domicile à Mauretanea. -A la fin du II ème siècle av JC, le romain Marius Turbo mata une révolte juive. Les survivants trouvèrent refuge à Mauretanea. Ils ramenèrent avec eux le hassidisme, doctrine juive fondée en 180 av JC par ceux qui combattaient l'hellénisme du roi Antiochos IV Epiphane (175-164 av J.C.). On trouve, encore de nos jours, ce rite hassidiste chez les Juifs marocains. -En 300 ap J.C. des Juifs syriens tentèrent de s'installer en Mauretanea Tingitane. Ne trouvant pas l'accueil qu'ils espéraient, ils se dirigèrent vers le Sud où ils n'eurent pas de difficultés à s'y établir au sein des leurs déjà sur place, à Oued Dra, à Chenguit et au Mali. -Au milieu du VI ème siècle ap JC, des Juifs d'Irak, de Palestine et du Hijaz émigrèrent vers l'Ouest et marchèrent jusqu'à Atlantique. Certains osèrent l'aventure plus au Sud pour ne s'arrêter qu'à Tinbouktou où ils trouvèrent d'autres juifs. -En 650, le roi Wisigothe Sisébuth obligea les Juifs à se convertir au Christianisme ou à quitter l'Ibérie. Ceux qui tenaient à leur religion se réfugièrent en Numidie et à Mauretanea. -Après la reconquête de l'Andalousie par les Espagnols, tous les Sémites, Musulmans et Juifs, se sont réfugiés au Maghreb. Qui est aujourd'hui le Maghrébin qui peut dire que ses veines ne charrient pas du sang ibérique, juif, étrusque, tartessien, romain ou vandale? Bien avant l'islamisation du Sahara, les Juifs y ont déjà développé le commerce et la culture judéo mauresque. Des documents, écrits en lettres hébraïques et d'autres en tifinagh, parlent de Méghorachim (terme qui veut dire expulsé en hébreu, hérité du sumérien, et qui a donné Imaghrachen en Tifinagh). Il s'agit certainement de ces juifs expulsés par les Pharaons de la région d'Assouan et qui ont été longtemps appelés Assouaniks/Ifellachen (auraient-ils une parenté avec les Fellacha d'Ethiopie, comme l'avance l'anthropologiste russe Nicolaï Marr?). L'interpénétration des cultures judéo imazighen et, par la suite, judéo arabes, ont assuré une coexistence et une convivialité de tous les temps. Ils ont rempli un rôle important dans la civilisation et la culture marocaines. Ils ont contribué à la richesse du patrimoine national dans tous les secteurs, public, spirituel, culturel, social, politique et économique. Notre mode de vie et nos pratiques quotidiennes en portent toujours les traces. Le tissu relationnel qui lie les deux communautés, musulmane et israélite, est resté sans rupture majeure pendant de longs siècles, en dehors de rares déchirures vite cicatrisées par le temps et par le partage d'une même histoire et d'un destin commun. Ils sont présents tant dans les villes que dans les campagnes. En 1912, ils représentaient 80% de la population à Debdou, 50% à Essaouira, 30% au Touat, 20% à Casablanca, entre 10 et 15% dans les autres contrées, surtout dans les régions sahariennes et présahariennes. Ils ont gagné leur place dans l'histoire du Maroc qui n'a jamais renié son substratum et son vecteur sociohistorique juifs. Juif et Musulman ont marqué la mémoire collective du peuple marocain. «Qu'aurait été le Maroc sans les Juifs» se demande le professeur Simon Lévy, directeur du musée judaïque marocain à Casablanca. Notre histoire millénaire ne peut être ni complète ni comprise si on ne tient pas compte de la participation de tous les groupes qui composent notre société. Elle est constellée d'événements où le Juif a joué un rôle capital. Les Arabo musulmans. Bien avant l'Islam, des Arabes venaient au Maghreb pour leurs activités commerciales. Beaucoup y élirent domicile. Plusieurs mots et expressions arabes ont été relevés dans les différentes langues berbères bien avant l'arrivée de l'Islam dans la région. En l'an 681 arrivèrent les premiers Musulmans avec Okba Ben Nafî. Ils ne cessèrent de déferler sur le Sahara après avoir transité et essaimé dans les régions Nord du pays. Le Maroc et son Sahara ont été peuplés par plusieurs ethnies (Ghanéens, Daratites et Gétules, Ibériques, Italiens, Phéniciens, Troyens, Puniques, Carthaginois, Israélites, Himiar, qui ont donné naissance au peuple Imazighen que d'aucuns appellent Berbère. Ensuite vinrent les Romains, suivis des Vandales que remplacèrent les Arabo musulmans. Les migrations et déplacements, par terre ou par mer, des peuplades ayant convergé vers le même point d'attraction, finissent par se créer un intérêt commun. Naît alors un lien de parenté qui les unit toutes au point qu'elles ne forment plus qu'un seul peuple évoluant dans les limites d'une même nation. Elles forment la trame du tissu national et composent un espace sociogéographique où se réalise l'arrimage des régions les unes aux autres et où se manifestent une solidarité humaine socio-économique et une convivialité originelle. Elles finissent par être modelées dans la même histoire et adaptées au même contexte de mode de vie dans les mêmes frontières. Le Maroc, que la position géographique place au carrefour des chemins migratoires, offre un exemple typique de ce phénomène, surtout dans son prolongement saharien. Ces groupes humains, venus de contrées diverses, démontrent que le peuplement du Maroc et de son Sahara s'est effectué sur plusieurs millénaires. Les races et les ethnies avaient apporté chacune sa civilisation et sa culture, ses caractères génétiques et son faciès, ses lignées et ses ramifications. 'Les Musulmans ajoutèrent un élément de plus en apportant le ciment de l'Islam au Maroc et à son prolongement saharien' écrit Odette du Puigaudeau dans son livre: Le passé maghrébin de la Mauritanie. Effectivement, l'Islam a raffermi le substratum de l'empire du Maroc et scellé à jamais son unité. C'est une prodigieuse fusion de masses diverses où les Berbères de l'Atlas, les Sanhaja, les Hassan, les Z'naga, au sein de laquelle l'Afrique Noire a imposé sa captivante magie, vivent ensemble depuis des siècles. Ici, les anciennes structures ethniques se confondent toutes dans l'ensemble national marocain, de la Méditerranée au fond du Sahara. Des glissements de populations entières se sont opérés entre les différents territoires du pays. Elles se sont fondues les unes dans les autres durant toute l'histoire du Maroc. Il y a eu tellement d'intermariages et d'interconnections entre tribus qu'il est difficile de dire aujourd'hui si c'est le Sahraoui qui est marocain ou si c'est le Marocain qui est sahraoui. De la même manière qu'on ne peut définir qui est le pur berbère ou le pur arabe. A l'arrivée de l'Islam, les Arabo berbères du Nord ont pénétré le Sahara avec Okba Ben Nafî d'abord et Hassan Ben Noâman ensuite, aux 7ème et 8ème siècles. Plus tard, en mouvement inverse, les Sahraouis sont montés au Nord, suite aux conquêtes, allant jusqu'en Andalousie. Ce sont les Almoravides au 11ème siècle, les Almohades au 12ème siècle, des Saâdiens au 16ème siècle et les Alaouites au 17ème siècle. Ces déplacements de populations sont entrés dans les mours. Aujourd'hui les masses populaires se déplacent dans toutes les directions et ne se sentent pas dépaysées là où elles élisent domicile sans idée de retour à la région mère. Il nous est donné de constater que celles qui ont le plus essaimé à travers les contrées du Maroc sont les Sanhaja, les G'Zoula, les Berghouata, les Lamtouna, les Lamta, ensuite vinrent les Hilaliens, les Souleim, les Mâkil, les Hassan, suivis des Oulad Bou Sbaâ, des Oulad Tidrarine, Lâroussyène, des Oulad D'leim, des R'guibat, des Filala. Il n'y a pas la moindre région du pays où ces lignées ne sont pas présentes. Cette population, aux origines hétérogènes, trouve ses généalogies dans les mêmes groupes ethniques qui vivent dans le Nord du pays. On trouve les mêmes tribus et les mêmes cognations dans la plupart des provinces du royaume. Il est à citer quelques exemples: -Les Oulad Bou S'Bâa descendent de Sid Ali El Kamel Es-Soubâï, né à Fès, (fin du XII siècle). Il a passé toute sa vie à Chichaoua, entre Marrakech et Essaouira. Les Oulad Bou S'Bâa sont aujourd'hui dans les Chiadma (Essaouira), au Tafilalet, en Mauritanie (le président mauritanien, Ely Ould Mohamed Val est de cette tribu), au Sahara marocain, à El Mâder (Sud Tiznit), à Tlemcen (depuis l'époque où cette ville était marocaine, conquise par le sultan Idriss 1er en 789). Le capitaine français Bonafos a écrit, dans le Bulletin Trimestriel de la Société de Géographie et Géologie (septembre 1927) un article «Une tribu marocaine en Mauritanie; les Oulad Bou S'Bâa», dans lequel il explique les causes de l'éparpillement de cette tribu sur les régions de «ce qui était auparavant l'empire marocain, depuis le règne des Saâdiens». Ils ont la faculté d'appartenir à plusieurs classes à la fois; ils sont guerriers redoutables, Zouaya savants et commerçants avisés. Leurs influences culturelles et commerciales ont atteint toutes les régions du Maroc et même au de là, allant jusqu'au Sénégal et la Gambie. -Laâroussiène descendent de Sidi Ahmed ben Abdellah Lâroussi, de la lignée Idrisside, natif de Béni Arouss, près d'Ouazzane. Après son retour de Tunisie, où il a parachevé ses études, il resta peu de temps dans les Béni Arouss avant d'émigrer, avec tout un groupe des siens, à Saguya El Hamra où il vécut le restant de sa vie. Il y est mort et enterré. Laâroussiène vivent à Béni Arouss, à Figuig, au Tafilalet, dans le Souss, dans les Chiadma, à Oued Dahab, en Mauritanie. Ils sont aussi, à Béni Ounif, au Touat et dans la Saoura (Algérie). Une petite fraction vit à Tinbouktou (Mali). -Les Oulad Tidrarine, descendants du f'quih Ben Abi Dajana El Ançari, vivent dans toutes les régions du Maroc, du fond du Sahara au Nord du pays, et même au-delà des frontières (Mauritanie, Waddane, Sénégal). -Les Oulad D'leim sont en Mauritanie, à Dakhla, à Tan Tan, dans la région de Marrakech et dans le Gharb, au Nord du Maroc. Deux de leurs fractions: Oulad Chebel vivent au Touat et Ladghagh à Tinbouktou. -Les R'guibat sont en Mauritanie, à Tindouf, au Sahara marocain et au Nord du pays. Une partie de la fraction T'Halat, vit dans la région d'Essaouira, au sein des Chiadma et en on trouve aussi à Bouchane, près de Marrakech. Les Meyara, une autre sous fraction, vit dans la plaine de Fès. On trouve les R'guibat à R'hamna, à Ben Guérir (régions de Marrakech) comme on les trouve à Boudnib (Tafilalet) et à Sidi Yahia des Zaïre (Rabat) et dans le Souss. Selon la note d'information du 2ème bureau français N°1583/2BS/SC du 5 juillet 1963, les R'guibat de Tindouf, de la Mauritanie et du Sahara occidental réclamaient leur unification sous le drapeau marocain et se plaignaient du mauvais traitement qui leur est fait en Algérie, après l'élimination du BAR (Bureau d'Aide aux R'guibat). -Dans la région de Tétouan, au Nord du Maroc, vivent les B'ni-Iîch. Les Oulad-Iîch sont dans la région de Kasbah Tadla. Les Aït-Iîch évoluent dans la montagne au Sud de Marrakech. Les Ida-ou-Iîch sont en Mauritanie. C'est la même lignée dont seul le suffixe change, suivant les contrées. Cette tribu est de l'agnation des Bani Hassan, comme il est signalé par Etienne Richet dans son livre, «la Mauritanie», 1920, Edt. Larose, et Par Georges Poulet dans «Les Maures de l'Afrique Occidentale ». 1904. Edt. Challamel. -Les Oulad Jerrar et les Chtouka sont en Mauritanie. On les trouve dans les montagnes au Sud de Tiznit, ainsi qu'au Sud de Casablanca à Had Soualem. Une minorité est installée près de Témara. Ils sont plus au Nord encore, pas loin de Tanger. -La tribu des Mghafra est éparpillée sur l'ensemble de Mauretanea en petites minorités dont la plus importante se trouve à Chenguit. -Laglagma, tribu idrisside dont sont originaires les Hal Ma el Aïnine, sont en Mauritanie, au Sahara marocain et dans l'Atlas. Leur Zaouya mère des Hel Taleb El Mokhtar el Idrissi el Galgami est dans la région de Béni Mellal. Du Nord au Sud du pays, ils occupent des postes de responsabilités dans l'administration marocaine (ambassadeurs, ministres, gouverneurs, enseignants dans les facultés). L'un des leurs, Cheikh Ma el Aïnine Elgalgami, a combattu, au nom du sultan du Maroc, la pénétration franco espagnole au Sahara. -Les tribus Yaggout sont à Tan Tan, à Lâyoun et on les trouve aussi à 10 km d'Essaouira. Là, ils gardent la même manière de s'habiller et parlent le Hassani comme au Sahara. -Dans la ville d'Aït Baha, au Sud d'Agadir, vit depuis plus de deux siècles une fraction de la tribu sahraouie Izerguyène. Dans cette cité se dresse toujours la kasbah Tizerguyène qui porte le nom de la tribu mère qui l'a construite. -Les Filala, (de Tafilalet, creuset de la dynastie régnante), vivent aussi en Mauritanie et au Sahara marocain ainsi qu'au Touat. Le Touat, aujourd'hui en Algérie, n'est que le prolongement naturel, ethnique et politique de la province marocaine du Tafilalet qui s'étendait jusqu'à la Saoura, avant que les Français ne l'annexent au profit de leur département algérien. -Les Aït Oussa sont à Oued Noun (confédération des Tekna, à cheval sur les zones sahariennes française et espagnole). Leur tribu mère essaime toujours dans la région de Sefrou, non loin de Fès, au Nord du pays. -Les Kharijites, les Béni Hilal, les Ançar, les Béni Souleim et les Mâkil, venus du Moyen Orient à différentes époques, ont mis plusieurs années pour traverser l'Afrique du Nord, d'Est en Ouest, et ont essaimé partout où ils passaient, jusqu'en Mauritanie. Les Hassan de Trab el Beïdane, sont de ces lignées. Ces agnations sont dans la région de Meknès, dans les Doukkala, aux Aït Ba-âmran (Ifni), au Sahara marocain, au Touat et en Mauritanie. -Les Z'karna sont en Mauritanie et une fraction vit dans la montagne au Sud d'Agadir (Ida-ou-Zekri). Les Ben Zekri, grande famille commerçante, sont à Fès, à Casablanca, à Marrakech et partout au Maroc. -Les Torkoz, arrivés de l'Arabie avec Okba Ben Nafiâ, ont essaimé partout dans les régions du Nord du pays avant qu'une partie ne se soit fixée définitivement en Mauritanie et au Sahara marocain. On les trouve aussi bien dans les plaines que dans les montagnes de l'Atlas et du Rif où ils se sont berbérisés et totalement fondus dans les populations locales au point où il est aujourd'hui difficile de les distinguer. Tribu maraboutique et 'de savoir', elle est très respectée par les autres. Leur grand savant qui a marqué l'histoire est Mohammed Mahmoud Tourksi Chenguiti. Il a enseigné à Al Azhar au Caire et en Arabie Saoudite. Une minorité s'est installée, au temps des Mérinides (1258-1465) entre les J'bel Bani et l'Ouarkziz où elle a bâti Aouinet Torkoz. -Les M'hamid est une tribu qui vit dans la haute vallée d'Oued Dra, dans la région d'Ouarzazate. Là, toute une ville porte ce nom. On en trouve une importante fraction en Mauritanie et au Sahara marocain. -La tribu Laghlal a ses racines dans la montagne au Sud de Marrakech, à Ighrem (non loin de Taznakt). Une partie importante vit en Mauritanie depuis longtemps. -Les Taoubbalt, tribu aujourd'hui Mauritanienne, est originaire de la région d'Essaouira. Un grand quartier de cette ville porte ce nom. On trouve les trouve dans les Chiadma et dans les Haha, au Nord et au sud d'Essaouira. Ils sont aussi dans la plaine de Marrakech où ils nomadisaient il n'y a pas longtemps. -Que dire de la confédération des Tekna qui groupe 19 tribus et dont les territoires est situé à cheval sur les deux anciennes zones, française et espagnole? Comme c'est expliqué au chapitre VIII, les tribus Tekna vivent un peu partout au Maroc, de Tanger au fond du Sahara. Une histoire de plus de treize siècles a fait son travail d'amalgames et de soudures entre les uns et les autres. Qui oblige ces populations à changer de régions et de mode de vie? Plusieurs causes et autant de raisons incitent les populations à se déplacer. Si les motifs sont variables, ils sont restés pratiquement les mêmes suivant les époques et encore de nos jours. -Tous les envahisseurs, venus du Nord ou de l'Est (Ibères, Israélites, Phéniciens, Troyens, Puniques, Carthaginois, Himiar, Etrusques, Tartessiens, Romains, Vandales, Arabes) chassaient vers le Sud une partie des occupants du pays qui se réfugiaient au Sahara. -Dans sa conquête du Maroc, Idriss 1er, père de la dynastie Idrisside, venu du Moyen Orient en 788, a été accompagné vers le Sud du pays par des troupes berbères islamisées qu'il a recrutées au Nord et qu'il a laissées sur place pour en déplacer d'autre vers le Nord. -Les Mérinides, venus de l'Est, étaient accompagnés par leurs partisans qui ont, par la suite, essaimé à l'Est et au Sud du Pays. -Sur les six dynasties qui ont régné au Maroc (de 788 à nos jours), quatre sont venues du Sahara (tableaux en annexe). Leur déplacement entraîna de nombreuses populations qui s'installèrent définitivement au Nord du pays. -Les sultans recrutaient des soldats dans une contée pour les affecter dans une autre. C'est ainsi qu'on trouve les Touareg de Tinbouktou et d'autres tribus sahraouies dans plusieurs villes du Nord du royaume, comme on trouve au Sahara des familles originaires du Nord. -Le commerce a joué et joue toujours un grand rôle dans les déplacements et l'amalgame des populations. Les marchands déléguaient des membres des leurs dans les villes commerçantes pour le besoin de leurs négoces (appelés aujourd'hui représentants commerciaux ou agences commerciales). Ceux-ci restaient souvent dans la ville d'accueil, y essaimaient, sans idée de retour. -Les caravanes qui sillonnaient les espaces dans tous les sens ont concouru à l'assimilation des populations. Outre les marchandises, elles transportaient aussi idées, cultures et civilisations qui ont fait connaître les populations marocaines entre elles. -Les pénuries et les grandes sécheresses obligeaient les populations sahariennes à se déplacer vers le Nord plus clémente. Des populations in extenso se déplaçaient à la recherche de pâturages pour leur cheptel. Quand le bétail, très affaibli, mourait en cours de route, les nomades, alors démunis, restaient définitivement sur place dans la nouvelle région d'accueil. -Souvent, pour punir une tribu ou toute une région qui se révoltait, les sultans en déplaçaient une grande fraction pour l'installer loin de ses terres. Une autre mesure sécuritaire consistait à investir, dans la contrée à punir, toute une troupe militaire que les habitants devaient prendre totalement en charge. C'est le cas du récit qui suit: Sous le règne du sultan saâdien, Ahmed el Mansour, (1578-1603), quelques tribus Sanhaja et Hassan se querellaient entre elles dans les provinces de Chenguit. El Mansour expédia un contingent fort de 3000 soldats sous le commandement d'un caïd rifain du Nord, M'hand Amer Akchar, pour calmer la situation. Ces troupes rifaines ont vécu sur place sans idée de retour, se mêlant à la population locale. Le lieu porte aujourd'hui le nom d'Erg Akchar. Deux tribus, les Oulad Ghaïlane et les Oulad Ommanni, seraient la descendance des deux fis du caïd Akchar, Ghaïlane et Ommanni. Voici donc deux tribus, à aïeul commun, où le sang qui coule dans leurs veines provient de deux régions marocaines, éloignées de plus de 3.000 km l'une de l'autre. Ibnou Adara traite superficiellement ce fait dans son livre, Les Arabes Maâkil à partir de 1266. Il n'y a pas une seule région du pays qui n'a pas reçu des populations venues d'autres zones marocaines. Même les confréries religieuses au Sahara ne sont que des ramifications de celles du Nord. A la longue, des zaouyas nées au Sahara ont étendu leurs influences au Nord. Outre leur anthropologie, leurs sociétés et leurs organisations politiques régionales, leurs traditions culturelles, leurs religions (Judaïsme et Islam), les relations entre les différentes populations maures ont été examinées depuis les âges les plus reculés. Nonobstant les écrits à caractère colonial, tous ceux qui ont accordé du crédit à l'étude profonde de Mauretanea sont unanimes quant à l'appartenance du Sahara, territoire et population, au royaume chérifien, du règne des rois berbères à celui des Alaouites. Ces populations se sont constituées et organisées, malgré leur voisinage immédiat, en tribus distinctes, non seulement autonomes les unes par rapport aux autres, mais parfois opposées les unes aux autres. Le caractère de chaque groupe est fonction du niveau hiérarchique où il est classé. Si les batailles rangées entre eux ont cessé depuis quelques décennies seulement, une certaine animosité ancestrale garde, encore de nos jours, des traces profondes dans les rapports traditionnels qui régissent le mode de la vie tribale du bédouin, oasien ou nomade. Les tribus du Sahara et leurs origines 'Il est très difficile de vouloir détribaliser le Maure' Le général français Laperrine de Hautpoul. Les différentes races et ethnies, aux origines et aux apports culturels divers, qui ont peuplé le Sahara, ont donné naissance aux populations actuelles organisées en entités tribales. Dans ses investigations, le chercheur se trouve desservi par la pauvreté du corpus de révélations et de témoignages historiques qui auraient été en mesure de l'éclairer avec exactitude sur l'évolution, dans le temps et dans l'espace, des différentes tribus qui composent la population actuelle du Sahara. Les données dont il peut disposer sont, dans leur majorité, des récits et des écrits plus au moins tirés de légendes, empruntés à quelques discours flous ou extraits de certaines narrations mythiques. La population tribale évolue en se fragmentant sous différentes formes. Tantôt elle épouse les contours d'une région, d'une ville ou d'une série d'oasis. Parfois elle se moule dans des limites floues d'une tribu ou d'une confédération de tribus. Toutefois, aucune de ces sociétés ne peut vivre en circuit fermé. Le pays, du Nord au Sud, est animé par des permutations fréquentes de populations entières et d'échanges culturels et commerciaux. Pour les besoins de leurs manufactures, les grandes villes telles Badis, Tétuan, Fès, Meknès, Rabat, Marrakech, Essaouira, Taroudant, Goulimine, Tindifis (Tindouf), Tinbouktou, Walata, Awdaghost, Tichit, Chenguitti, Tijikja, font appel à la main d'ouvre spécialisée des régions proches ou lointaines, comme elles acquièrent les matières premières dans des contrées voisines ou retirées. De même que les échanges sont permanents entre la campagne la ille. La circulation des matières premières et des produits finis font les intérêts des uns dépendant des autres et que des liens deviennent permanents entre les différents pôles régionaux. Ces pôles doivent respecter les normes et les circuits d'échanges préexistants. Les tribus étant nomades et leur culture restée longtemps orale, peu d'écrits peuvent être classés authentiques ou non tendancieux. Ces documents sont difficilement exploitables du fait de leur dispersion. Ceux qui en détiennent les gardent jalousement à l'abri des curiosités et ne les dévoilent qu'exceptionnellement. Ils les considèrent comme patrimoine sacré et exclusif de la tribu ou de la famille. La prudence est donc de rigueur. Le chercheur doit être sévère dans la critique et très prudent quant aux conclusions hâtives et aux recettes aisées. D'autres écrits sont sans auteur et ne peuvent être situés dans le temps ni dans le lieu. Des historiens anciens donnent rarement leurs sources avec précision. Leurs narrations viennent sans doute de contes populaires et se révèlent ainsi pleines de lacunes et d'incertitudes. Fautes de pistes précises, le chercheur est astreint à formuler de simples hypothèses s'ils ne poussent pas loin sa curiosité et ses investigations dans d'autres textes et documents. Les chroniqueurs arabes rédigeaient sans plan préconçu. Certains sont peu critiques quant aux événements qu'ils relatent. De leur côté, les copistes et les scribes accordaient moins d'importance à l'exactitude de la reproduction du texte qu'à la calligraphie. Si quelques défrichages permettent de décortiquer les récits, l'impartialité n'est pas souvent le souci central de quelques historiens. On rencontre, de temps en temps, des références à certaines notices, mais celles-ci sont quelquefois d'une austérité accablante. Or, l'écriture de l'histoire ne s'improvise pas. Elle est le résultat de recherches ou la narration des événements de l'époque que l'auteur a vécue et dont il était le témoin. Elle est aussi la référence à des textes antérieurs ou à des récits transmis oralement. L'auteur a le loisir de les transcrire sous une autre forme sans en modifier ni la réalité ni le fond, sauf s'il est en mesure de produire des arguments tangibles et justifiables. Les auteurs étrangers, appelés orientalistes, ajoutaient leur grain de sel à tout ce corpus. Certains, honnêtes, ont laissé d'excellents documents, se basant sur des textes et des témoignages locaux complétés par des investigations sur le terrain même. D'autres, des 17ème, 18ème 19ème et 20ème siècles, transfiguraient sciemment la réalité de l'histoire à des fins purement coloniales (voir, à titre d'exemple, ci-dessous, le voyage de l'Allemand Oskar Lenz à Tinbouktou). Dès le XVI ème siècle, des précisions commençaient à voir le jour avec l'introduction, timide cependant, du document écrit (laudatif, hagiographique, narratif, biographique, poétique, événementiel). Même après avoir épluché les divers documents mis à sa disposition, le chercheur n'est pas à l'abri de confusions. Ces rares, mais précieuses pièces nous permettent de constater que, de Goulimine au fleuve du Sénégal, vivent les mêmes peuplades qui, malgré le mode de vie identique qu'elles mènent, peuvent être listées différemment selon leurs généalogies, leurs classes sociales superposé ou leurs groupes de tribus. Nombre de chercheurs occidentaux ont commis l'erreur de prendre comme cas de figure la tribu des R'guibat que les premiers explorateurs européens assimilaient à l'ensemble de la population maure. Or, le groupe R'guibat n'est pas un exemple déterminant ni une référence exclusive dans l'acheminement de l'étude d'une société bédouine érigée par toute une mosaïque de tribus, de fractions et de sous fractions. Chaque groupe conserve une certaine spécificité, un certain rang et certaines données originelles. Le classement par origines: Le classement par origines des tribus, bien qu'elles sont de provenances différentes, peut être limité à deux grandes catégories: les tribus Hassan et les tribus arabo berbères. Les Berbères ont fait leur apparition au Sahara depuis bien des millénaires. Ils y sont venus, par vagues successives, fuyant les guerres fratricides ou chassés par les envahisseurs venus du Nord ou de l'Est. Rejoints par les Arabes, ils ont formé des groupes arabo berbères. Les maroco sahariens sont, en majorité, des descendants des Arabes: -Ceux venus avec Okba Ben Nafiâ, -Les descendants des Bani Hilal et les Bani Souleim, venus au XII siècle de Najd (Arabie) pour envahir l'Afrique du Nord et le Sahara. -Les Arabes Maâkil venus aux XIII et XIV siècles du Nord de l'Arabie. -Les Arabes Andalous chassés d'Espagne aux XV ème et XVI ème siècles. Les maroco sahariens vivent sur le littoral entre la vallée d'Oued Dra et la vallée du Sénégal. Certains ont pu essaimer chez les Touaregs, au Niger, au Touat et au Mali. Le classement par hiérarchie sociale nous donne le clivage suivant: -Les Beïdane (Blancs, libres par rapport aux noirs esclaves et aux Z'naga vassaux). Arabes pour la plupart, ils descendent des Hilaliens, des Bani Souleim, des Kharijites et des Maâkil. C'étaient des guerriers vivant de nomadisme et d'expéditions sur l'ennemi. Nobles seigneurs, ils étaient réfractaires à tout travail manuel, à tout commerce et à toute fonction salariale. Ils tenaient l'échelle supérieure de la société. Il y a à peine quelques années qu'ils ont commencé, timidement, à s'intéresser à des activités autres que les Ghazzous (raids sur l'ennemi). L'organisation sociale actuelle ne leur permet plus de rançonner les tribus qu'ils protégeaient il y a juste quelques décennies. Toutefois, ils gardent toujours leur allure seigneuriale et continuent à inspirer le respect aux autres classes subalternes. -Les Z'naga: Ce sont des tribus berbères ou arabo berbère. Une grande majorité est semi-nomade, pratiquant la culture vivrière et l'élevage bétail dans les oasis. Chaque famille a un point d'attache dans l'oasis la plus proche des terrains pastoraux de sa tribu. Ceux du littoral s'adonnent à la pèche d'auto consommation. Peu guerriers, ils vivaient sous la protection d'une tribu Beïdane à laquelle ils payaient une dîme annuelle. Cette pratique ne se fait plus de nos jours, mais le Z'nagui se sent encore moralement et psychologiquement redevable à son ancien tuteur. -Les Zouaya (disciples de Zaouya). Ils descendent des kharijites et de ceux venus de l'Andalousie. Certains parmi eux sont d'origines berbères. Peu sont nomades. Ils vivent dans les oasis et les villes. Ils tiennent de petits commerces, assurent la chariâ (loi musulmane), enseignent dans les méderças. Certains sont mokaddems (recteurs) de la Zaouya de leurs ancêtres et vivent de subsides. Depuis quelques années, on en trouve beaucoup dans l'administration ou tenant des fonctions libérales. Ils ne portent les armes que rarement, mais sont respectés pour leur savoir et pour leur poids religieux. Ils ont souvent usé de leurs bons offices pour apaiser les conflits inter tribaux. En cas de menace extérieure, ils arrivaient toujours à grouper sous leur bannière toutes les tribus pour faire face à l'envahisseur. En temps de sécheresse, ils organisent la société afin d'alléger le poids de la pénurie qui touche les démunis. Ils ont été à l'origine des confréries religieuses actuelles, au Sahara, en Mauritanie, au Sénégal, au Mali et au Niger. Ces confréries ne sont que les branches des Zaouya mères du Nord du Pays. Ils sont classés en «Zaouya Es-chems', marabouts du soleil et 'Zouaya Ed-dall', marabouts de l'ombre. Les premiers sont plus respectés et plus écoutés, étant les descendants du prophète. Les seconds sont les disciples de Walis (saint). -Les Harratine: singulier: el horr ettani (homme libre de seconde classe). Ce sont des noirs hybridés émancipés. Ils sont de teint basané. Ils forment, avec les métayers, la classe des artisans dans les oasis et les villes et même au sein de tribus nomades. Quelques uns, à force de labeur, deviennent de grands commerçants, des chefs caravaniers ou des fonctionnaires, mais, socialement, restent toujours à leur niveau subalterne de l'échelle populaire. -Le noir esclave: Des siècles durant, le noir a été refoulé vers des plus au Sud ou plus au Nord, pour ne vivre que dans les vallées du Dra, du Sénégal et à Tagante. Il réapparut, avec l'arrivée des Hilaliens et des Souleim au Sahara, sous forme d'esclave, s'occupant des services les plus déconsidérées (soigneur de cheptels, tanneur, berger, serviteur du maître, monnaie d'échange dans les opérations commerciales). Il constituait la seule main d'ouvre de la tribu nomade et dans l'oasis. Le noir, quoique libéré et émancipé aujourd'hui, reste marginalisé dans son rang social le plus bas, quelle que soit sa fortune, son niveau intellectuel ou l'importance de son poste. Psychologiquement il sent bien sa marginalisation, mais s'en accommode naturellement et sans complexe. La hiérarchisation des tribus est très stricte, rigide et garde, encore de nos jours, des traces indélébiles dans les rapports entre groupes tribaux de niveaux différents. Répartition des tribus: Avec le temps, toutes ces populations ont fini par se constituer en tribus ou en fédérations de tribus, politiquement distinctes, réparties en groupes suivants: (ne sont répertoriés ici que les groupes importants de l'ex Sahara espagnol). La confédération des Tekna. La confédération des R'guibat. Les Oulad D'leim. Les Oulad Tidrarine. Les Oulad Bou S'bâa Laâroussiène Les Torkoz Les Aït Baâmrane. Les Israélites du Dra. Les Tekna, dont le nombre domine au Sahara marocain, forment un groupement de tribus Beïdane, Z'naga, Zouaya, avec leurs Harratine, leurs maâlmine et leurs esclaves. On trouve parmi elles des groupes d'origines juives islamisés. Léon l'africain les fait descendre des Lamta, des Messoufa et des Mâkil. Il faudrait y ajouter les Arabes Hilaliens à partir du XII ème siècle, et les Andalous dès le XV ème. Justinard (Abba Omar), renégat français, officier du sultan, parlait déjà en 1580 de l'union Tekna. Bien des historiens donnent cette confédération comme archétype de l'amalgame arabo berbère. Ces tribus ont vécu ensemble depuis longtemps et sont si proches les unes des autres qu'il devient difficile aujourd'hui de les classer en arabes ou en berbères. La sagesse de leurs chefs respectifs a encouragé les intermariages et la coopération commerciale entre tribus. Les Arabes ont été berbérisés et les Berbères arabisés depuis des siècles. Aujourd'hui, au nombre de 19 tribus, ils sont partagés en deux groupes: les Aït-J'mel (des arabes d'origines) et les Aït Atman (berbères d'origines). Toutes ces ethnies ont donné naissance aux tribus figurant dans les tableaux en annexe. Ils sont une multitude de petites tribus qui se battaient entre elles et, de se fait, étaient une proie facile pour leurs voisins plus forts. C'est le roi saâdien, El Mansour Ed-Dehbi (1579-1603) qui les a confédérés. (Il avait, de la même manière, confédéré les tribus des Trarza et celles des Ida Ychelli de la Mauritanie, plaçant à la tête de chaque confédération un émir ou un grand caïd). Leur sécurité assurée et leur force retrouvée, grâce à leur union, ils développèrent leur commerce dans tout le Sahara. Des familles teknies se sont installées, depuis plusieurs générations, en Mauritanie, au Mali et au Sénégal. Certaines y tiennent des commerces importants, d'autres occupent des postes de responsabilités dans l'administration locale. L'un des premiers ambassadeurs du Mali au Maroc n'était autre qu'un membre de la tribu des Moussa-Ou-Ali et dont la famille a vécu à Tinbouktou. Les Ben Barka, une famille importante de la tribu teknie des Aït Moussa-Ou-Ali, a essaimé à Tinbouktou, au Touat, à Goulimine, à Casablanca et à Rabat. M. Souhaïl ben Barka, ancien directeur du Centre Cinématographique Marocain à Rabat, né à Tinbouktou, où ses aïeux étaient chargés de missions par le sultan, appartient à cette lignée. Un grand nombre de ministres mauritaniens avaient des origines teknies. Des tribus teknies sont nomades, d'autres sont semi-nomades, vivant de cultures vivrières, d'élevage de dromadaires, de bovins et de caprins. Leurs terrains de parcours s'étendent d'Oued Noun à Saguya el Hamra. Ils ont comme voisins, au Sud, les Oulad D'leîm et les Oulad Tidrarine, à l'Est, les R'guibat, au Nord, les Aït Baâmrane et les gens du Souss. Les R'guibat: Ils forment un ensemble de fractions qui n'ont pas toutes la même souche. Ils sont de généalogies diverses: chorfa descendants de Sidi Abdesslam ben M'chich, Arabes, Sanhaja, Maâkil, G'Zoula, Zénètes. Il n'est pas possible de déterminer à quelle époque remontent les origines des R'guibat. On ne peut non plus affirmer avec exactitude à quelle période situer leur première apparition au Sahara. Les controverses, quant aux racines des R'Guibat, vont bon train. Les historiens, anciens et contemporains, marocains et étrangers, en donnent des versions diverses et quelquefois opposées. Dans le même sens, on ne peut situer dans le temps Sidi Ahmed R'guibi, père du groupe. Sa date de naissance varie d'un document à l'autre. On lui donne des dates de naissance étalées entre la fin du XV ème et la moitié du XVI ème siècle (1590, 1620, 1632, 1641). Les dates de sa mort aussi sont nombreuses comme les origines qu'on lui attribue et «les lieux» où il est enterré. Certains écrits le veulent contemporain du sultan mérinide, Abou Hassan Abdellah, qui régna de 1331 à 1351, et qu'on appelait le sultan noir ou le sultan doré. Quelques documents ont été trouvés auprès de familles R'Guibat. Les auteurs étant eux aussi du même groupe tribal, la valeur du contenu de ces écrits reste alors à vérifier. D'autres interprétations font venir les R'Guibat au Sahara dès le début du règne des Saâdiens. La version suivante a eu l'accord de plusieurs historiens, avec quelques variantes de l'un à l'autre des auteurs: Vers 1560, alors qu'ils nomadisaient dans le Haouz de Marrakech et dans la plaine des Doukkala, ils se révoltèrent, à l'instar de leurs voisins les Oulad-bou-S'baâ, contre les Saâdiens qui les soupçonnaient de soutenir la dynastie des Mérinides en déclin. Poursuivis par l'armée du sultan El-Ghalib, ils furent vaincus et déposèrent les armes en un lieu au Sahara appelé 'R'guibiyène', au sud de Mahbess, (trois promontoires mitoyens qui permettent aux guetteurs de voir au loin: er-gueb, observatoire). Ce lieu servait de relais aux caravanes; d'où pourrait dériver le nom de R'guibat. Le sultan nomma à leur tête le Cheikh Sidi Ahmed el Jazouli, de la Zaouya de Moulay Abdesslam ben M'chich, dans le Nord du Maroc. Sidi Ahmed el Jazouli s'était fait accompagner par ses partisans chorfas auxquels il confia l'encadrement de la tribu. Ils laissèrent leurs noms aux différentes fractions qui composent aujourd'hui le clan R'guibat. Ce n'est que bien après sa mort qu'on lui aurait donné le nom de Sidi Ahmed R'guibi, dont la Khaloua (lieu d'ascèse) se trouve à 50 km au Sud de Tan-Tan. Il unifia les R'guibat et essaya de les discipliner. Un autre saint r'guibi, Sidi Mimoun, est visité chaque année à Inezgane, dans la Wilaya d'Agadir, où se trouve son mausolée depuis plus de 200 ans. Les R'guibat y viennent régulièrement en pèlerinage de tous les coins du Sahara: Zak, Tindouf Saguya el Hamra, Mauritanie et du Nord du royaume. D'autres écrits donnent d'autres versions quant à la racine du nom R'guibat (regba: cou; R'gayba: lieu situé au sud de Tagante en Mauritanie). Pour avoir eu un chérif comme caïd, Sidi Ahmed el Jazouli (R'guibi), tout le groupe se considère aujourd'hui de la descendance de Moulay Abdesslam ben M'chich. Avec le temps, d'autres généalogies, berbères et arabes, étaient venues se greffer sur les R'guibat (d'kheila) et adoptèrent le même nom. Chaque groupe nouveau apportait avec lui la force de son nombre et l'étendue de son territoire au point qu'ils étaient devenus l'une des tribus les plus puissantes et les plus craintes de la contrée. Leurs terres de parcours étaient parmi les plus vastes et les plus incertaines à cause de l'insécurité qu'ils y faisaient régner. Les R'guibat circulaient entre Zak, Tindouf le Nord du Mali et de la Mauritanie. Guerriers intraitables, leurs armes étaient leurs seuls biens. Les biens des autres étaient leurs seules et uniques ressources. Ils se battaient pour dominer et pour le butin qui leur assurait leur richesse. Ils étaient parmi les plus riches en bétail et en armes et possédaient de grands espaces après les annexions qu'ils opéraient en absorbant d'autres groupes. Leurs terres étant étendues sur plusieurs pays, le Maroc, l'Algérie, Mauritanie, Mali. Les Oulad D'leïm: Ils sont des Hassans d'origines hilaliennes. Hassan, chef des tribus arabes qui portent son nom, avait, parmi ses épouses, une qui était de petite taille et que ses rivales surnommaient D'leima (petit insecte). L'un de ses fils, Oudei, hérita de sa mère le sobriquet de D'leim. Lettré, courageux et grand guerrier, il était jalousé par ses frères parce qu'il était le préféré de Hassan pour l'avoir vaillamment défendu lors d'une bataille. A la mort du père, D'leim dut quitter le creuset familial et s'installa à Oued Dahab, avec les siens et ses compagnons. Il donna alors naissance au groupement des Oulad D'leim. Cette tribu est constituée aussi bien de la descendance agnate de D'leïm que des enfants de ses cousins et ses disciples qui l'ont suivi dans son exode. Les Oulad D'leim sont de nobles guerriers, connus pour leur courage, leur fierté et leur sens de l'hospitalité. Ils nomadisaient à travers leurs terrains de parcours entre Oued Dahab et le Tirès. -Une fraction importante vit aujourd'hui en Mauritanie; il n'est pas rare que dans la même famille certains membres soient marocains et d'autres mauritaniens. Quelques-uns possèdent les deux passeports. La fraction Tagueddi vit à Tan Tan depuis l'arrivée des Espagnols. -On trouve aussi les Oulad D'leim dans la région de Sidi Kassem, au Nord du Maroc et dans la région de Marrakech. Une fraction, Ladghagh, vit dans la région de Tinbouktou qu'elle protégeait. Une autre, les Oulad Chebel, vit dans les oasis du Touat. En tant que Beïdane ils touchaient une dîme annuelle auprès des tribus et des villes qu'ils défendaient. Le respect et la crainte dont ils étaient entourés n'avaient rien à envier à leur passé glorieux. Devant toute tentative d'hégémonie étrangère, ils faisaient groupe ensemble avec leurs voisins du Nord, les Tekna, et ceux du Sud, Oulad el Lob, pour chasser l'intrus. Les sultans du Maroc recrutaient leurs troupes et leurs capitaines en leur sein. Les Français en Mauritanie et les Espagnols à Oued Dahab, ont essayé d'en enrôler dans leurs unités sahariennes; peu de volontaires se présentaient. Ils ne s'étaient soumis à l'occupant, français ou espagnol, qu'en 1937, mais restèrent hostiles à la présence étrangère. Ils étaient assez nombreux dans l'Armée de Libération du Sud. Ils n'ont jamais failli à leur esprit patriotique et au sens de l'honneur qu'ils cultivent au plus haut point. Grands nomades, leur vie économique était peu active. Ils ne pratiquaient ni agriculture, ni commerce, ni artisanat. Ils tiraient leurs ressources des dîmes et coutumes, que leur payaient leurs protégés, et de leurs richesses pastorales. Leur cheptel était si abondant qu'ils abreuvaient leurs chevaux de lait de chamelles. Il n'y a que peu d'années que les générations actuelles ont commencé à s'intéresser aux activités lucratives telles la pêche, le commerce, l'administration et l'armée. Les Oulad Tidrarine: Ils sont venus de l'Arabie pour vivre initialement dans toutes les régions du Maroc. Le gros de la tribu s'installa à Adrar en Mauritanie. Une partie vit à Oued Dahab. Les interprétations historiques sont diverses. La version la plus réelle est celle qui les fait descendants des compagnons du prophète, El Ançar (de Khazrej). Le docteur Hamdati Chabihounna Ma El Aïnine date leur arrivée au Sahara dès le début du règne des Saâdiens. -Ahmed Lamine Chenguitti, 1911 الوسيط في ترجمة أدباء شنقيط Il précise que les Oulad Tidrarine descendent des Ançar, mais n'a pu donner une date à leur venue au Sahara. Il est difficile de donner des datations exactes. Notre culture était souvent orale et l'écrit convaincant et sûr était rare. - Thomassy, dans son livre Le Maroc et ses caravanes de 1845, raconte «avoir été reçu par une tribu chorfa, les Tidrarine, que tout le monde honore pour leur religiosité et leur descendance respectable». Odette de Puigaudeau a vécu plus de 40 ans en Mauritanie comme enseignante. Les classe dans la catégorie des nobles Ançar. Le capitaine français Bonafos «Une tribu marocaine en Mauritanie, les Oulad Bou S'Bâa» 1929. Dans deux passages de son livre, il parle des liens qui unissent entre elles les tribus chorfas et cite parmi elles les Oulad Tidrarine. Le docteur libanais Ali Chami, historien du monde arabe, confirme leurs origines Ançar, dans son livre: Le Sahara occidental, noeud de discorde au Maghreb arabe. Pacifistes de nature, ils ne portent les armes que pour chasser ou se défendre. Ils ne sont pas querelleux, mais leur attitude pacifiste ne les empêche pas de prendre les armes devant le danger, qu'il vienne de l'intérieur ou de l'extérieur. Aux côtés des autres tribus, ils ont vaillamment participé aux combats contre la pénétration franco espagnole dès 1860. Ils ont vécu longtemps aux voisinages des Oulad D'leim. Les deux tribus ont fini par avoir les mêmes réactions et le même comportement devant le danger et leurs relations ont toujours été excellentes en dehors de quelques soubresauts de l'histoire. Ils ont gardé de bonnes relatons avec leurs voisins, les Tekna au Nord, et les Oulad Llob au Sud. Les Espagnols y ont difficilement recruté quelques commis pour leur administration au Sahara. Leurs caïds ont toujours été nommés par dahirs sultaniens. Ils se composent de 12 fractions: Oulad Ali, Oulad S'liman, Oulad Moussa, Oulad El Ghazi, Oulad Yassine, Lamnabha, Lafâriss, Lâboubate, Hal Haj, Hal Taleb Ali, Idadssa, Lahceinat. Certains groupes de familles qui se sont greffées sur les Oulad Tidrarine étaient d'origines divers et d'autres étaient des Berbères venus du Souss. Les Aït Baâmrane: Originaires de la région d'Ifni, ils forment un ensemble de familles installées dans l'ensemble du Sahara. Elles monopolisent toutes les activités commerciales de la région et même en Mauritanie, depuis plusieurs générations. Ils ont toujours joué un grand rôle dans la vie politique et économique du Sahara et ont de tout temps gardé leur neutralité dans les conflits entre tribus. Aux côtés des Tekna, ils n'ont jamais hésité à prendre les armes contre les étrangers qui menaçaient les côtes d'Oued Noun. Depuis 1934, date à laquelle les Espagnols occupèrent Sidi Ifni, conformément au traité de Tétuan de 1860, les Aït Baâmrane n'ont jamais cessé de manifester, surtout par les armes, leur hostilité à l'occupant. Nombreux dans l'Armée de Libération du Sud, ils ont réduit l'enclave espagnole de Sidi Ifni, après avoir reconquis toute la montagne, obligeant le colonisateur à se cantonner dans la ville. Bien que commerçants, ils ont démontré, à maintes reprises, leur courage et leurs prédispositions au combat armé. Les Israélites: L'histoire nous a fourni bien des preuves de l'existence dans toutes les régions du Maroc d'une population juive très importante, très active et très ancienne. Sa présence date de bien avant l'islamisation et l'arabisation du Maroc. Les israélites ont participé à la vie sociale, politique et économique du Royaume. L'amalgame de leurs cultures, judéo berbère et judéo arabe, facilité par une coexistence et une cohabitation de tous les jours avec leurs concitoyens musulmans, constitue une donnée non négligeable de la civilisation marocaine. La participation des juifs marocains a contribué à la richesse du patrimoine national dans tous les secteurs, spirituel, culturel, social, politique et économique. Ceux qui avaient été islamisés ont apporté avec eux bien des mours et des traditions qui gardent encore leurs traces dans le mode de vie et pratiques quotidiennes du Marocain, Juif ou Musulman. Le tissu relationnel des deux communautés, juive et musulmane, est resté sans rupture majeure, durant des siècles, en dehors de quelques déchirures vite cicatrisées par le temps et par le partage d'une même histoire et d'un destin commun. L'enracinement des Israélites est tellement ancien dans le pays qu'ils ont fini par mettre en évidence et adopter un judaïsme marocain spécifique. Ce judaïsme est resté fidèle à lui-même et très attaché à sa singularité et à son identité marocaines, malgré les flottements et les oscillations sociopolitiques et en dépit des événements qui ont marqué l'histoire du Maroc et celle du Moyen Orient. Avant l'islamisation des Touareg, existait en leur sein toute une communauté israélite qui vivait de commerce à travers une grande partie des pays ghanéens. Des documents parlent de Méghorachim, terme qui veut dire expulsé, en hébreu. S'agit-il des juifs expulsés d'Egypte par les Pharaons? Une tribu touarègue porte le nom de Imaghrachen (dérivé de Méghorachim) Les Touareg lui donnent le sens d'Errant. Jusqu'à la fin des années soixante dix, vivait à Goulimine et dans la vallée de l'Ouad Dra, une importante communauté de Juifs. Leur présence dans la région remonte, selon les documents qu'ils possèdent, à l'époque de Salomon. Au début de l'occupation romaine de l'Afrique du Nord, d'autres juifs ont fui, comme les Zénètes et comme les Sanhaja, les exactions de l'envahisseur romain pour se réfugier au Sahara. Plusieurs siècles après, ils avaient été rejoints par d'autres israélites chassés d'Espagne. Avec le temps, ils ont pris contact avec leurs coreligionnaires qui vivaient, bien avant eux, dans les régions soudanaises. Ces communautés juives installées sur les deux rives du Sahara entretenaient des échanges commerciaux et culturels entre elles. Les Juifs d'Oued Noun se subdivisaient en deux fractions: Les Aït Youssouf avaient leur centre d'intérêt et leurs entrepôts à Goulimine. Leur saint est à Ifrane de Beïdane Atlas, à l'Est de Sénégal Ils occupaient la basse vallée du Dra, entre son embouchure et Akka. Ils sont arabisés et parlent aussi bien le berbère que le Hassani. Les Aït Mordokhay habitaient la moyenne vallée entre Akka et Foum Z'guid, le long du J'bel Bani. Leurs entrepôts et leur attache religieuse sont à Taroudant. Ces deux fractions se partageaient le monopole du commerce dans le Dra. Leurs caravanes sillonnaient le Haha, le Souss et Oued Noun, entre kharijites, sous fractions et Taroudant. Ils commerçaient aussi avec le Sahara, mais par caravanes interposées. Quand la sécurité le permettait, ils faisaient le voyage eux-mêmes afin de contacter leurs clients et leurs fournisseurs à Oued Dahab, à Tindifis, à Atar et à Chenguit. Propriétaires terriens dans le Dra, ils pratiquaient aussi l'agriculture et l'élevage. Ils vivaient en parfaite entente avec les Tekna et avec les Aït Baâmrane, tout en participant à la vie politique de la région. Pour défendre leurs biens contre les incursions des R'guibat, ils n'hésitaient pas à prendre les armes aux côtés des Tekna. Chacune de ces deux tribus était représentée auprès du makhzen et au sein des 'Aït-er-Rbâine' par un 'Cheikh el Yahoud' (cheikh des Juifs) ou Nakib (doyen). Naissance d'une tribu. Le tribalisme au Sahara n'a aucune dissemblance avec celui du Nord du pays, pour ce qui est de la naissance et de la formation d'une tribu. La règle classique de la genèse d'une tribu est la descendance du même père (l'agnation). Or ce principe d'agnation n'est pas toujours vrai. Il ne peut être appliqué qu'aux groupes restés longtemps hostiles à tout nouvel apport humain venant de l'extérieur de la tribu. Il a été constaté que d'autres raisons et d'autres motifs peuvent être à l'origine de la naissance d'une tribu: -Un individu ou une famille vient se greffer sur une tribu, essaime et, à la longue, adopte le nom de la tribu d'accueil. Son nom d'origine restera à la fraction qu'il aura créée; c'est le cas de la fraction des Aït-Ouchen dans le cadre de la tribu des Moussa-Ou-Ali à Goulimine. -Des familles n'ayant pas la même souche, mais vivant longtemps ensemble, finissent par se multiplier et s'intégrer les unes aux autres. Elles auront formé alors une tribu qui portera le nom du chef le plus influent. C'est le cas des Yzerguyenne à Tan Tan. -La méhalla, envoyée en mission pour calmer ou protéger une région, finit par s'y fixer, procréer et former une tribu qui portera le nom du chef de ladite formation militaire. C'est le cas des Oulad Ommanni et Oulad Ghailan en Mauritanie. -Si une tribu parvient à vaincre sa rivale, elle s'en fait obéir, la domine et finit par l'absorber en son sein, ajoutant ainsi une autre force à la sienne et une autre fraction. -Des familles d'origines disparates cherchent la tutelle d'un chef religieux ou d'une Zaouya. A force de vivre ensemble, le groupe qu'elles auront constitué portera le nom du cheikh ou de la Zaouya. C'est le cas de quelques fractions au sein de Lâroussyenne et des Ida-Ou-Ali. -Les Filala de Chenguit étaient, à l'origine, de jeunes t'lamides, issus de diverses tribus mauritaniennes, partis au Tafilalet pour parachever leurs études. Là, ils se sont mariés et ont constitué des familles qui vivaient ensemble. A leur retour au pays, après des années d'absence, on leur donna le nom de Filala que porte aujourd'hui la tribu qu'ils ont formée. De vrais filalis les ont rejoints par la suite pour agrandir la tribu. Quel que soit le motif qui est à l'origine de la constitution d'une tribu, celle-ci admet, depuis l'époque saâdienne, des apports humains nouveaux venant d'autres groupes. Toutefois, et dans des cas très rares avant cette dynastie, on voit telle fraction se répandre dans un groupe et épouser sa politique et sa âçabia. Les études anthropologiques ont démontré que ce phénomène est courant dans toutes les tribus du Maroc, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal. Une tribu accepte de recevoir sous sa férule des essaims étrangers, venant d'autres lignées, qui finissent par s'y intégrer au bout de quelques générations et se considérer membres à part entière de la tribu d'accueil. On peut penser, que dans la plupart des cas, l'arbre généalogique d'une tribu reste, dans ce cas, idéologique. Compte tenu du sens donné à la notion de l'agnation, ces «pénétrés» n'appartiennent pas au même arbre armorial de la tribu qui les a reçus. Ibnou Khaldoun a confirmé que si la généalogie n'est pas agnate, c'est-à-dire du même père, elle n'est soutenue par la tribu que pour assurer l'unité du groupe considéré. Dans tous les cas, ces tribus ont fini par former des groupes statuaires, qui, chacun protège son ordre, sa classe sociale et ses terres pastorales. Caractéristiques de la tribu Si la tribu présente une certaine homogénéité sur le plan politique, socialement elle se subdivise, s'émiette en fractions, sous fractions et branches. On trouve alors la pyramide suivante: la tribu mère (Kapila), la fraction ou branche (Fakhd), la sous fraction (ferg), le rameau (Arch) la famille (khaïma). La khaïma est composée d'un ou de plusieurs kanouns (foyers). Les fractions ou sous fractions peuvent se disperser pendant plusieurs années et se regrouper de nouveau sous la même bannière de la tribu mère. La tribu reste cependant une volonté d'union dont la âçabia est transmise de génération en génération. Malgré la diversité de leurs origines, de leurs rangs et au-delà des malentendus et des conflits, les tribus possèdent en commun de nombreux traits et caractères: la même histoire et le même mode de vie, les mêmes activités et les mêmes coutumes, les mêmes mours et la même culture, la même manière de s'habiller et le même habitat, le même parler et la même pensée. Les valeurs sociales, qui diffèrent peu d'une tribu à l'autre, ne dépendent pas uniquement du poids des armes ou de la puissance matérielle du groupe, mais sont basées sur la généalogie et le prestige du groupe (Beïdane, Z'naga, Zouaya, Harratine, Noirs). Les tribus peuvent pactiser entre elles ou se guerroyer, se réconcilier, se séparer ou se confédérer. Un simple incident, s'il n'est pas réglé aussitôt, peut dégénérer en conflit entre deux tribus voisines. Cette animosité peut durer un temps très court, comme elle peut s'étendre sur plusieurs générations, avec des moments d'accalmie et des périodes d'affrontements. Là le makhzen, les zaouyas ou une autre tribu s'interpose pour ramener la paix. Le génie de la discorde, même endormi, peut se réveiller soudain pour un oui ou pour un non et les batailles rangées sont reprises de nouveau entre les tribus voisines. Déclarer la guerre à une tribu ou pactiser avec elle, quitter une confédération ou s'y incorporer, relèvent de la décision des 'Aït-er-Rbâine' (le conseil des quarante). Cette organisation chez les bédouins n'a que peu de similitudes avec celle des villes. Dans les villes cette assemblée gère les affaires sociales et commerciales et légifère les lois urbaines. Dans le groupe nomade elle réunit les sages et les vétérans de l'assemblée communale, sous l'autorité du caïd, dans des cas spécifiques: déclarer la guerre à une tribu ou pactiser avec elle, faire face à une calamité (épidémie, sécheresse prolongée, invasion d'acridiens, etc...). La âçabia dans la tribu Quelles que soient ses origines et son rang, la tribu reste toujours régie par le principe de la âçabia (esprit de corps, esprit de clan, solidarité tribale, ardeur tribale. On peut lui attribuer bien des interprétations en langue française). La âçabia engendre la capacité d'autodéfense et le pouvoir absolu du chef. Une âçabia forte constitue la cohésion de la tribu, la rend puissante, respectée ou crainte. Cette solidarité, cultivée et entretenue par le caïd et la J'maâ, est plus prononcée et plus caractérisée chez les groupes à généalogie agnate. L'extrémisme de leur cénacle leur confère un certain ascendant et une certaine autorité sur les autres tribus. Ils les dominent toujours, les asservissent souvent et les protègent parfois moyennant le payement d'une hadya (dîme annuelle). Ils sont capables de subjuguer aussi bien les tribus voisines que celles éloignées. Les Ladghagh, fraction des Oulad D'leim, n'ont-ils pas dominé la ville de Tinbouktou et sa région, qui leur payaient une dîme annuelle, du début du XVIII ème siècle à la conquête française? Or Tinbouktou se trouve à plus de 1500 Km du Tirès et d'Oued Dahab, terroir des Oulad D'leim. Les Oulad Chebel, autre fraction du même groupement, ont été les garants et les protecteurs des oasis du Touat, du début du XVIII ème siècle à la pénétration coloniale. Si, aujourd'hui, le concept de la âçabia est en train de perdre son caractère prédominant dans le nouveau mode de vie tribal urbanisé, il n'en reste pas moins présent dans l'esprit du Sahraoui, quoique sédentarisé. Cette notion de âçabia ne les a pas empêchés de se constituer en groupes unis avec l'alliance entre plusieurs tribus, soit sous forme de confédération (les Tekna, les R'guibat), soit sous forme d'émirat (les Trarza, les Machdouf). Il a été constaté que des tribus de différentes souches (Arabes, Hassan, Hilaliens, Mâkil, Berbères, Z'naga) se sont groupées pour se fondre dans la même confédération ou dans le même émirat. La Marocanité du Sahara à travers témoignages, textes, accords internationaux et citations C'est à l'histoire qu'il faut demander des arguments sérieux. Odette de Puigaudeau. Le passé maghrébin de la Mauritanie (1962) Partout dans les différentes parties du monde, l'histoire a souvent traversé des périodes où dominent des zones d'ombre et des moments obscurs. Pendant ces instants plus ou moins longs, le fil des événements se perd soudain, cédant la place à ceux, intéressés, qui peinent à démontrer que «ce sont des périodes de décadence et d'annihilation socioculturelles des peuples». Ce sont plutôt les textes et documents écrits qui peuvent faire défaut, laissant alors libre cours aux interprétations fallacieuses et aux conjectures. Ce phénomène a été vécu par le Maroc lors de sa parenthèse coloniale où une fracture socioculturelle, voulue par l'occupant, a entraîné une certaine pénombre qui a obscurci l'espace politique du Maroc de 1882 à 1976. Les historiens au service du colonialisme ont montré un visage du grand empire du Maroc tout autre que celui qui éclaire sa réalité ethnique, historique et sociopolitique. Ils ont divisé le pays en zones administratives et politiques distinctes que se sont partagées la France et l'Espagne. Du 2ème millénaire av JC au début de l'ère chrétienne, l'Afrique du Nord a vu se déferler sur ses terres Phéniciens, Romains, Vandales. L'histoire de la contrée n'était alors connue, dans le pourtour méditerranéen, qu'à travers l'histoire de ces empires envahisseurs. Les Nord Africains devenaient de simples spectateurs de leur propre histoire où les chroniqueurs et les narrateurs leur accordaient des rôles secondaires et intermittents. Ce phénomène a prédisposé notre histoire, des siècles plus tard, à être facilement travestie par le colonialisme moderne des siècles derniers. L'histoire du Maroc, comme celle du Maghreb, a été dénaturée et un grand vide s'est substitué à la réalité des faits et événements. Cet espace temps a été relégué au second plan au point que le Français Emile Félix Gautier disait, dans son livre: Le passé de l'Afrique du Nord, les siècles obscurs, «que l'histoire du Maghreb est vide, d'une aridité inexprimable, un Sahara d'histoire. L'attention ne peut s'y accrocher à rien et refuse le service. Pour nous, occidentaux, c'est l'évolution qui fait l'histoire et le Maghreb n'évolue jamais». C'est de cette façon que les Européens de l'époque coloniale nous jugeaient. Le colonialisme devait donner un visage sombre des peuples colonisés et dénaturer leur histoire. L'élite nationale, sous le protectorat, accordait plus d'importance à une littérature de combat de libération plutôt qu'à l'histoire; question de priorité. Or, à l'instar de la nature, l'histoire a horreur du vide. De jeunes historiens, nationaux et étrangers, tentent aujourd'hui de le remplir. Ils tentent de lever le voile qui a longtemps occulté cette période, négligée sous l'occupant. Cette élite, nouvelle et zélée, a réussi, par son travail méthodique et profond, à découvrir des textes et des écrits de cette période qu'on croyait obscure. Ces documents sont aujourd'hui dépoussiérés et exploités pour révéler à tous la réalité et l'évidence de la marocanité du Sahara. Depuis longtemps, le monde arabo musulman a suscité la curiosité et l'intérêt des Européens. Cet attrait s'est traduit par des investigations et des recherches qui ont produit de nombreux écris, des plus sérieux et des plus probes aux plus extravagants et déraisonnables. De 1610 à 1715, plus de 200 contributions ont été fournies en langue française. Voltaire conseillait 'qu'il faut lire avec un esprit de doute toutes les relations qui nous viennent de ces pays éloignés'. Dans son livre: Description et histoire du Maroc (1860), l'historien français Léon Godard a déploré que «l'histoire du Maroc ne soit retracée que par des plumes inhabiles de voyageurs et d'écrivains étrangers et par des récits obscurs et en lambeaux, laissant dans l'ombre les anciennes divisions par tribus et par familles. Espérons qu'un jour la civilisation arrachera aux ténèbres des précisions historiques, propres à jeter de la clarté sur les révolutions intérieures du Maroc». L'historien français Octave Houdas, orientaliste et arabisant, rejoint la thèse de Godard quand il dit en 1882 dans son livre: Traité du droit musulman «Les appréciations qui accompagnent le souhait de M. Godard sont de tous points exactes. Dès qu'il s'agit de peuples musulmans, l'autorité des historiens européens perd singulièrement de sa force si elle n'est pas appuyée par les témoignages concordants des écrivains indigènes». Peut-on être plus explicite que Voltaire, Houdas et Godard, quant à la légèreté avec laquelle nombre d'étrangers ont traité notre histoire? En effet, que d'écrits erronés et que de mauvaises idées fournies étaient largement propagés sans sources tangibles et sans références exactes. Ces différentes contributions ont faussé l'image de la région et dérouté ceux qui ont voulu se pencher sur l'histoire maroco saharienne. Certains écrivains excentriques exploitèrent le goût du public pour cette littérature nouvelle et se permirent des libertés à traiter toutes sortes de sujets. Cette littérature prolifique soulevait des réflexions aussi vives que variées et même opposées. Les écrits qui montraient l'Islam sous son visage humain et conviviale ont provoqué des réactions antonymes de l'Eglise. Celle-ci s'est toujours efforcée de camoufler les origines moyen-orientales de la civilisation euro chrétienne et euro méditerranéenne. Dans la France de Louis XIV, sous l'épiscopat de l'absolutiste cardinal Fleury, tout écrit qui pouvait modifier l'idée européenne sur l'Islam était interdit et ne circulait que secrètement dans certains milieux de progressistes et de libres penseurs. Plusieurs marchands marseillais, pisans, génois, vénitiens ont été excommuniés par l'Eglise pour avoir commercé avec des Musulmans. Cependant, dès le début du XVII ème siècle un effort d'érudition changea l'éclairage sous lequel les Européens jugeaient le monde musulman. Le chercheur curieux et opiniâtre pouvait trouver des sources honnêtes, des écrits sans parti pris et sans propension ni subjectivité. Dans le secret de tout être humain existe ce rapport complexe qu'il maintient avec le passé, combattant l'ouvre du temps qui peut le plonger dans l'oubli. L'homme crée un mythe et un rituel à travers lesquels il procède à l'entretien de la mémoire. La démarche ci-dessous nous permet de survoler l'histoire maroco saharienne à travers des textes et des documents qui nous rassurent et nous apaisent, comme ils peuvent aussi convaincre l'autre, de l'authenticité de nos requêtes. Nous saurons alors comment saisir la véracité de ces démonstrations et ce qu'elles ont à nous dire. Sont répertoriés ici écrits, témoignages et citations qui confirment la marocanité du Sahara, détruisant ainsi les thèses anti marocaines. Ils émanent de sources diverses, d'auteurs de nationalités et de disciplines diverses, d'époques et d'ordres divers, de colloques et tables rondes, d'historiens, de diplomates, de politologues, de militaires, de géographes, de sociologues, d'explorateurs, de professeurs de faculté, de journalistes, d'observateurs, quelques-uns des plus renommés et d'autres moins connus. Certes que le lecteur sera surpris de ne trouver dans ces pages que peu de citations d'organisations et d'auteurs marocains. La plupart des textes choisis émanent de sources étrangères. Cette mesure que j'ai prise m'évitera de donner à ce texte une teinte d'affection ou de tendance partiale. La forteresse espagnole, Santa Cruz de Mar Pequenia, construite face aux Canaries par les Espagnols sur les côtes sahariennes en 1476, fut détruite en 1627 par les troupes du sultan du Maroc, Ahmed el Arj (1520-1543). Elle fut si détruite qu'il est actuellement très difficile d'en repérer les vestiges malgré la prise de photos aériennes. Le Portugal, occupant quelques ports marocains sur l'Atlantique, voyait d'un mauvais oil cet intéressement de Madrid pour le Sahara marocain. Trois accords entre les deux pays ibériques, du 4 septembre 1479, du 7 juin 1494 et du 15 septembre 1609 menèrent l'Espagne à ne plus convoiter le Sahara marocain. Plus d'une fois Madrid a demandé au Maroc de lui concéder une région au Sahara pour reconstruire un fort. Les sultans refusèrent. Après la défaite marocaine face aux Espagnols en 1860, lors de la guerre de Tétuan, un accord léonin exigeait du Maroc l'octroi à l'Espagne d'une zone sur la côte saharienne en remplacement de Santa Cruz de Mar Pequenia, détruite 257 ans plus tôt. Plusieurs pourparlers maroco espagnols ont eu lieu pendant lesquels Madrid reconnaissait le pouvoir marocain sur cette partie du Sahara. Il a fallu attendre l'année 1934 pour que l'Espagne choisisse le site de Sidi Ifni pour y installer sa garnison (qu'elle a quittée le 30 juin 1969). Roland Fréjus. En 1666, Louis XIV chargea Roland Fréjus d'une mission d'exploration sur les côtes marocaines, entre Tanger et le Sénégal. Dans son rapport «Les relations de voyage en Mauritanie», M. Fréjus décrit 'les qualités excellentes des relations que j'ai eues avec les caïds du sultan et avec les chefs des tribus maures au Sahara qui payent la zakat au sultan du Maroc'. Germain Mouette. Prisonnier français capturé par les corsaires de Salé le 16 octobre 1670. Bien qu'affranchi, il vécut 11 ans au Maroc. Il a parcouru le pays et a beaucoup fréquenté le palais royal. Il reconnaît, dans son livre: Les conquêtes de Moulay Rachid et de Moulay Ismaïl, que 'Les provinces qui dépendent de ce royaume sont celle du Touat qui se trouve du côté du Levant, celle du Dra et des déserts du Sahara qui se trouvent au Midy'. Jean Baptiste Estelle, consul de France à Salé, écrit en 1698 à son ministre, Mgr Jean Frédéric de Maurepas 'que la vaste étendue du royaume chérifien est d'un seul tenant, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal. Y vivent, du Nord au Sud, les mêmes populations maures qui payent la gharama au sultan'. (Archives SHAT, château de Vincennes. Paris. Cité par Pierre de Cenival en 1798 dans ses Sources inédites de l'histoire du Maroc au livre IV, 2ème série). Estelle se déplaçait souvent au Sahara pour rendre visite aux marchands marseillais qui y étaient installés, en famille, depuis le début du 13ème siècle. Il connaît donc la situation politique de la région et les liens qu'elle entretient avec le sultan. Dans une autre lettre, datée du 9 septembre 1692, il signalait «que le bateau français, Le Brillant, sur lequel se sont embarqués des négociants français avec leurs marchandises à destination des côtes marocaines du Cap Blanc, est parti de Tanger avec une escorte de protection constituée de soldats marocains». Le 18 avril 1694, il écrit à son ministère lui signalant «une affaire louche entre un commerçant français du Cap Blanc, M. Girauld, et un commerçant juif d'Essaouira, originaire du Sahara. Les deux hommes étaient arrêtés sur les côtes sahariennes pour trafic illicite et remis au pacha d'Essaouira» (du Patrimoine Culturel de Marseille). Sir Thomas Pellow, captif anglais en 1716, ayant vécu 23 ans au Maroc, dont 18 années comme gradé de l'armée marocaine, connaît bien le pays pour l'avoir tant parcouru. Il a écrit un livre: The history of the long captivity and adventures of Thomas Pellow in south Barbary, Edt. R.Goadby, Bookfeller (Londres 1745, traduit par Magali Morcy sous le titre: Une lecture du Maroc au 18ème siècle, Edt. Recherche sur les civilisations, Paris 1983). Il donne de riches précisions sur les relations commerciales, religieuses et politiques entre le Nord et le Sahara: «Les Marocains et les Maures appartiennent au même peuple, nés des mêmes ethnies». En 1727, il était envoyé en mission auprès du gouverneur de Chenguitti nommé par le sultan dans cette ville de Mauritanie. Il raconte son deuxième voyage Chenguit quand il escorta, en 1730, le fils du sultan Moulay Ismaïl. Là, il a été le témoin de la Bayâ qu'a présentée le puissant émir des Trarza, Ali Chandora, au prince. «Le sultan lui expédia une méhalla forte de 5.000 hommes que le prince lui laissa sur place, après notre séjour de trois mois, pour faire face aux Anglais et aux Hollandais qui le menaçaient'. Il ajoute que «les transactions commerciales se font dans les mêmes conditions et avec la même monnaie qu'au Nord du pays». Il ajoute «qu'à Meknès, le quartier Erriad, une aile du palais royal de Moulay Ismaïl, était réservé aux missions et délégations sahraouies». Le français Gasset confirme cette information dans son livre: Mission au Sénégal, édité en 1913. L'espagnol Jorge De Henin, a vécu à Marrakech de 1604 à 1612. Parlant plusieurs langues dont l'arabe, il fut recruté par le sultan Moulay Zidane comme secrétaire dans son cabinet. Il assistait à toutes les réceptions données en l'honneur des ambassadeurs accrédités au Maroc et participait à tous les débats. A son retour en Espagne, il écrit ses mémoires, où il décrit l'Etat marocain, ses recettes, son commerce où le Sahara joue un rôle prépondérant, son industrie, sa politique, sa diplomatie, ses armées et les liens qui l'unissent aux pays de l'Afrique occidentale. Il a présenté son écrit au roi Philipe III d'Espagne, l'encourageant «à conquérir le Maroc et son Sahara, suite à son affaiblissement militaire après 10 années de guerre fratricide». Il a mis l'accent sur les rapports du Maroc avec les pays du Soudan à travers son Sahara. «Il en tire la poudre d'or, la gomme arabique, l'ivoire et d'autres matières qui sont nécessaires pour l'Europe». Dominic Badia, agent espagnol déguisé en musulman (1767-1818). Connu sous le nom de Ali Bei El Abbassi, connaissait bien l'Afrique du Nord pour y avoir vécu plusieurs années. Il a décrit l'empire du Maroc «allant jusqu'aux pays des Noirs d'où il tire toute sa richesse en poudre d'or et en produits sahariens. Le musée ethnologique de Barcelone lui consacra, en 1997, une exposition: «Ali Bei, un pelegri català per terres de l'Islam». Le diplomate portugais, Manuel Robero da Silva, (1767-1849), professeur d'arabe à la faculté de Lisbonne. Il a été envoyé par deux fois en mission au Maroc (1810 et 1812) pour négocier l'achat par le Portugal de matières premières, de bovins, de gomme arabique et de céréales marocains. Il insistait «sur les produits qui venaient du Sahara tel la poudre d'or, la gomme arabique, l'ivoire, les plumes d'autruche et les peaux d'animaux exotiques». Ses travaux sur l'empire du Maroc ne dissocient aucunement le Maroc de son Sahara et sont actuellement dans la bibliothèque de l'Académie des Sciences à Lisbonne. J. Matra, consul anglais au Maroc, de 1786 à 1806, assure que «la prière dans toutes les mosquées de Tinbouktou est dite au nom du sultan du Maroc», dans sa lettre du 28-3-1789, adressée au Lord Sydney. «La prière dans les mosquées dite au nom du monarque est un acte d'allégeance, notifié au nom du sultan de Fès, du Tafilalet, du Gharb, de Marrakech, du Touat, de Tinbouktou, d'Arawan», selon le BN. Paris, Fonds arabes. Ms. 5259-74 v° et 78 v°. Abbé Raynal. Ses «Notes sur l'Atlas et le Sahara» de 1790 confirment que «les liens entre le Maroc et le Sahara sont des liens de souveraineté sur un territoire très large, embrassant l'espace compris entre la Méditerranée et le fleuve du Sénégal». Il y évoque aussi des souvenirs sur les caravanes transsahariennes du sultan Mohamed III. (Bibliothèque Nationale de Paris). D'autres notes de l'abbé Raynal sur le Sahara sont conservées aux archives nationales à Paris (Ms. F 80/ 1586). On en trouve certaines dans le Bulletin Royal de Géographie d'Egypte (XIII. 1925). Don José Escazena. Artiste et dessinateur espagnol, il a vécu à Tanger durant la première moitié du XIX ème siècle. Il a laissé des croquis d'un intérêt particulier dans son livre: La vie des Hommes Bleus dans les provinces marocaines du Souss et du Sahara au Sud d'Oued Dra, édité en 1837. Ce livre est donné en référence par l'anglais Sir J. Drumand Hay, fils du consul anglais à Tanger, dans son livre: Le Maroc et ses tribus nomades, édition Wanlen et Cie. 1844. Les deux hommes s'étaient beaucoup connus à Tanger et avaient souvent voyagé ensemble à travers le pays. Il décrit les tribus sahariennes «comme population maure ayant les mêmes filiations que celle du Nord du Maroc, du Nord au Sud». Il a raconté qu'il a une fois accompagné «les percepteurs d'impôts au nom du sultan, à travers toutes les provinces sahariennes jusqu'au Sénégal». L'accord maroco espagnol du 1er mars 1799. Madrid «reconnaissait le pouvoir et la souveraineté du sultan du Maroc sur le Rio de Oro et la Saguya el Hamra et sur leurs côtes atlantiques». Il précise que «les navires de commerce espagnols, navigant sur ce littoral, pouvaient bénéficier de l'aide marocaine en ce qui concerne les secours en mer, le ravitaillement en eau et en denrées alimentaires». On y lit, d'autre part «que les sujets de Sa Majesté catholique du royaume d'Espagne bénéficieront de la protection des autorités marocaines en cas de captivité ou de perdition». En effet, les navires espagnols qui ont chaviré ou se sont ensablés sur ces côtes ont été secourus par les tribus sahraouies. Les Espagnols secourus sont remis aux autorités marocaines qui les confiaient à leur consulat à Essaouira. Accord maroco USA de 1786 assurait sécurité et aide aux navires et marins américains sur les côtes sahariennes marocaines de l'Atlantique», accord renouvelé en septembre 1836. Accord maroco anglais de 1801. Les deux rois, Moulay S'limane et Georges III, conclurent la paix et l'entente entre eux. Par l'article 33 dudit accord, le Maroc doit assurer les besoins des bateaux anglais en eau, en denrées alimentaires et garantir leur sauvetage en cas de difficultés sur ses côtes sahariennes, au Sud du Cap Blanc (Nouadibou). Les hommes sauvés par les autorités sultaniennes devaient être remis à leur consul à Essaouira. Le même accord fut reconduit en 1824 entre le roi Georges IV et le sultan Moulay Abderrahman. Accord maroco espagnol du 26 août 1869 signé à Tétuan par lequel le sultan Mohamed IV s'engage à assurer la sécurité de la flotte commerciale espagnole sur les côtes marocaines entre Ouad Noun et le Sénégal. Les bateaux espagnols et français étaient souvent attaqués par les pirates sur le littoral marocain. Ce pacte renouvelle le contenu du précédent de1799. Les deux textes reconnaissent la souveraineté marocaine sur cette région. Après ces accords conclus entre le Maroc et les puissances occidentales pour l'aide et le secours à assurer à ceux qui en auraient besoin, plusieurs étrangers qui se trouvaient en difficulté ont été pris en main par les autorités sultaniennes au Sahara, soignés, entretenus et remis à leurs consulats respectifs à Essaouira ou à Salé: -L'allemand Oskar Lenz, travaillant pour la Société Africaine d'Allemagne, entreprit, en 1880, un voyage de Tanger à Tinbouktou. Il ne supporta pas le voyage sous des canicules auxquelles il n'était pas habitué et était souvent malade. Arrivé à Tinbouktou, il était à bout de forces. Il fut soigné pendant plus d'un mois. Ses accompagnateurs l'amenèrent à St. Louis du Sénégal d'où il embarqua sur un navire partant pour Essaouira. Là son consulat le prit en charge. -Le diplomate français, Charles Cochelet, qui naviguait, en 1819, sur la frégate Sophie pour se rendre au Brésil. Celle-ci chavira sur les côtes de Nouadibou. Cochelet et ses compagnons furent pris en charge par les Oulad D'leim qui les menèrent au pacha d'Essaouira qui les remit au consulat français. Ballotté à dos de dromadaire, dont il n'avait pas la maîtrise, ou marchant sous une canicule qu'un Français de Charleville (dans les froides Ardennes) ne pouvait endurer, Cochelet était très malade est fut soigné le long de tout son trajet côtier qui le mena à Essaouira. De retour à Paris, il donna plusieurs conférences, mettant en relief «les richesses du Maroc et la facilité de sa pénétration, surtout par son littoral saharien peu surveillé, à partir du Cap Blanc». S'il conseillait son gouvernement de coloniser le Maroc, aujourd'hui il nous rend service en ayant reconnu que le littoral saharien de Nouadibou est marocain. -Le matelot américain Robert Adams, de Hudson. Son Bateau, Le Charles, parti de New York en juin 1810 en direction du Cap Vert, fit naufrage le 11 octobre de la même année sur le littoral saharien aux environs de Nouadibou. Adams aurait été le seul survivant. Une tribu des Imraguen se chargea de le soigner et le remit, deux mois après, aux Oulad D'leim qui l'envoyèrent à Essaouira pour être confié au vice-consul anglais. James Rilley, Américain, capitaine de navire naufragé (1817). Alexander Scott, matelot anglais naufragé (1810) et de tant d'autres qu'on ne peut tous citer ici. Le général français Léon César Faidherbe, gouverneur du Sénégal, donna ses ordres en 1850 à tous ses subordonnés civils et militaires «Prenez bien en main les tribus du Sud saharien et dictez nos volontés aux Maures. Il faut les empêcher de continuer à maintenir leurs liens d'allégeance au sultan du Maroc. Il faut les convaincre, soit par la diplomatie en leur montrant notre magnificence, soit par la force en leur démontrant notre puissance». (Archives SHAT. Paris). Le chirurgien français, Pipy, de la marine française de Dakar, note dans la Revue Coloniale d'octobre 1851, que «les Maures du Sud mauritanien et leurs voisins, les Woloffs du Nord du Sénégal vivent les mêmes traditions et se soignent de la même manière avec des médecines qui leur arrivent par les caravanes qui viennent des villes marocaines. Un grand nombre de médecins qui y exercent sont souvent des Marocains, musulmans et juifs, du Nord du Pays». Le général français Gallieni. Commandant les troupes françaises au Sénégal. En 1879, il recense les Africains non sénégalais vivant au Sénégal. Les Marocains furent classés par leurs régions d'origines. C'est ainsi que les Trarza, les Chnagta, les Ida Ou Ali, les S'macide, les Hal Akchar (tribus mauritaniennes), les R'guibat, les Oulad D'leim et les Tekna (Sahara Occidental) étaient classés comme marocains, au même titre que les gens de Fès, de Marrakech et de Taroudant. Gallieni conseillait, plus tard, 'que dans l'intérêt de la France, les provinces de Chenguit devaient évoluer au sein de leur entité marocaine'. Il écrit en 1937, dans la Revue des Etudes Islamiques 'Les sultans marocains pratiquèrent une politique saharienne active. Leurs méhalla sillonnaient le désert, apportant, par leur seul passage, une aide appréciable aux Maures que le makhzen a toujours employés et, en retour, protégés. Les interventions du Makhzen se succédaient. Citons celles de 1665 à Aratan, à Tichit et à Waddan, de 1678 à Adrar, de 1680 Tagante, de 1730 à méditerranéens et jusqu'au Sénégal'. Bonelli, commerçant espagnol, s'installa à Dakhla, le 26 décembre 1884. L'Espagne annonça aux puissances européennes son occupation d'un espace au Sahara, sans en faire part au Maroc. Le sultan envoya ses troupes sur place. Bonelli et ses hommes furent chassés le 9 mars 1885. Le 29 du même mois, Madrid protesta auprès du sultan lui reprochant «d'avoir expédié ses soldats pour porter atteinte aux citoyens de S.M. catholique, le roi d'Espagne». Le sultan Moulay Hassan 1er répondit «qu'il avait déjà averti ses voisins du Nord qu'il n'admettrait pas que ses terres soient occupées par des étrangers». Le 8 juin 1985, Madrid utilisa, pour la première fois, la force au Sahara pour réoccuper Dakhla qu'elle ne quitta qu'en 1976. Le capitaine français, Jules Erckmann. En 1885, il était nommé chef de la mission militaire française au Maroc. Dans son livre: Le Maroc Moderne, édité la même année, il donnait «la Saguya el Hamra comme région marocaine ayant des liens d'allégeance avec les sultans du Maroc. Il avait aussi reconnu la marocanité du comptoir anglais de Tarfaya en déclarant que 'c'est une véritable prise de possession par la force d'un territoire qui appartient nominativement au sultan.' L'écossais, Donald Mc Kenzee, directeur du comptoir anglais de Tarfaya, affirmait, à deux reprises, en 1880 et 1882, 'que tout ce vaste territoire, jusqu'à la frontière avec les Noirs, appartient au sultan'. Il n'a fait que réitérer ce qu'il avait déjà écrit dans son livre «The flooding of the Sahara» Edt. Sompson Low. Marston. London. 1877. Octave Houdas, historien français connaissant bien le Maghreb: «Chenguitti est la principale ville de l'Adrar, contrée du Sud du Maroc» a-t-il écrit, en 1889, dans les notes qu'il a jointes à sa traduction de Tarikh Es Soudan (l'histoire du Soudan de l'historien tinbouktien Es Saâdi). La ville de Chenguitti dont parle Houdas se trouve au sud de l'actuelle Mauritanie. M. Xavier Antoine Coppolani, premier commissaire du gouvernement français en Mauritanie. Orientaliste et arabophone, il connaissait parfaitement l'histoire de l'Afrique du Nord. Il est l'auteur d'ouvrages sur la région et sur l'Islam. Il écrit à son ministre des colonies (1901): «J'espère que vous n'avez pas oublié que la Mauritanie est le prolongement naturel et politique du Maroc». Il préconisait un protectorat français sur l'ensemble du Maroc, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal, sans partage avec l'Espagne. Il voulait revenir à l'ancienne appellation de la zone connue sous le nom de Mauretanea depuis l'époque des rois berbères. «Pour assurer la sécurité en Mauritanie et dans le Sud algérien, il faut que la France accélère son occupation de la Saguya el Hamra et d'Ouad Dahab où l'Espagne ne tient que quelques points sur la côte avec des effectifs très réduits. C'est une région clémente où les points d'eau ne sont pas rares. Sur les plans économique, stratégique, commercial et politique, nous avons intérêt à étendre notre influence sur l'ensemble du Sahara. Les tribus, actuellement dispersées entre zones françaises et espagnoles, nous causent beaucoup d'ennuis. Les unifier sous le même drapeau les ferait s'assagir et les rendrait moins belliqueuses, sans oublier celles d'Ouad Noun. Elles sont toutes des mêmes lignées» a-t-il ajouté dans un autre écrit (Archives d'Outre-mer. Aix en Provence. Les traces de ses rapports sont aussi archivées au SHAT). Ici, Coppolani n'a fait que réitérer ce qu'il avait déjà mentionné dans son «Rapport de mission au Soudan français» de 1899. (Edt. F. Levé. Paris). Le bulletin du comité de l'Afrique française de 1932 rejoint la thèse de Coppolani «les tribus sont mal réparties sur les territoires partagés entre la France, la zone d'Ouad Noun et l'Espagne. Leurs terrains de pâturages se trouvant partagés entre différentes frontières mal définies, elles en profitent pour faire passer les armes entre elles. Le mieux serait d'éliminer ces frontières en occupant le Sahara espagnol. L'Espagne paraît se désintéresser de cette région qu'elle n'occupe que partiellement et malgré l'opposition du sultan». L'historien mauritanien Tadili a dit dans son livre: Attacharrouf fi Rijali attassaouf, que «le chef almohade, Abou Bakr ben Amr est mort et enterré à Azgui, au Sud du Maroc, non loin d'Atar» (ville mauritanienne).Cet historien est connu pour ses précisions historiques et géographiques. Tous les historiens mauritaniens se réfèrent à lui. Molero Clemente, officier et historien espagnol, a dit dans son livre: Histoire et ethnographie sahariennes, que «le royaume des Idrissides a unifié le Maroc et son Sahara sous la bannière de l'Islam dès le VIII ème siècle. Les routes et les caravanes reliaient les ports marocains du Nord à Sijilmassa et à tout le Sahara, jusqu'aux pays des Noirs. Le commerce caravanier entre le royaume et l'Afrique s'est intensifié avec le temps et a développé par la même occasion la culture arabo musulmane dans cette région. Des hommes du savoir et de religion, venus des différentes contrées du Nord, se sont installés à Tinbouktou, à Walata, à Gao, à Tawdenni pour répandre la civilisation arabo berbère et l'autorité du sultan de Fès. De ce fait s'est réalisé un amalgame ethnique et culturel qui se développe encore de nos jours. Les Touareg du Hoggar n'ont pas échappé à cette règle». Jean Frédéric de la Chapelle, historien français, se référant à l'historien mauritanien Ahmed Lamine Chenguitti, a dit «On comprend qu'à divers époques, les sultans du Maroc ont toujours considéré que le pays maure comme faisant partie de leur empire. Après plusieurs consultations et document, Ahmed Lamine Chenguitti ait de même rattaché ces régions au Maroc et non au Soudan. L'investiture es des chefs de Mauritanie est donnée à Fès ou à Meknès, capitales du royaume» (Esquisse d'une histoire du Sahara occidental. Hespéris, XI, 1930). Le khalifa du sultan à Tétuan est en même tant son khalifa au Sahara et à Ifni. Au traité du protectorat franco espagnol de 1912, l'Espagne occupa le Rif au Nord et le Sahara au Sud. Le 14 mai 1913, le prince Moulay El Mahdi Ben Ismaïl fut nommé khalifa du sultan au Rif et au Sahara. Le 22 décembre 1917, ledit prince désigna, avec l'accord de Madrid, le caïd Essalek Ben Abdellah comme son représentant au Sahara occidental. En 1934, la ville de Sidi Ifni fut occupée par l'Espagne et placée sous l'autorité du khalifa du sultan à Tétuan, au même titre que pour le Sahara. Ce fut le chérif Mohamed Laghdef Al Galgami (enterré à Tan Tan) qui fut nommé représentant du khalifa Moulay El Mahdi au Sahara et à Ifni. Le 15 juillet 1934, un décret espagnol d'El Cortes mit les troupes espagnoles du Sahara et de Sidi Ifni sous le commandement de l'Etat Major espagnol de Tétuan. Le gouverneur espagnol dans cette ville devint en même temps gouverneur général du Sahara et de Sidi Ifni. N'est-ce pas là une reconnaissance de la marocanité du Sahara et de Sidi Ifni par l'Espagne puisque c'était un khalifa alaouite, de la famille royale, qui y représentait le sultan? Par ce décret, Madrid reconnaissait alors que le Sahara n'était pas une terre sans maître (terra nullius) et que cette région n'était pas une colonisation, mais un protectorat espagnol au même titre que le Nord du Maroc. Ce n'est qu'en avril 1947, suite au discours du sultan Mohamed V à Tanger que Madrid créa l'Afrique Occidentale Espagnole (AOE) à l'image de l'Afrique Occidentale Française (AOF). Le Sahara fut alors séparé de Tétuan et rattaché à l'AOE en 1950, sous la pression des franquistes. Les protestations du sultan, sous double protectorat, furent vaines. Cela n'a pas empêché les mouvements nationalistes de passer à la résistance. Le Français Paul Dubier, relate dans son étude: La vie matérielle des Maures (1954 Edt. Mémoire de l'IFAN), «que la pratique traditionnelle des Maures dans l'ensemble des tribus sahraouies, où domine la générosité et le bon gré de recevoir, ne diffère en rien des mêmes pratiques courantes chez leurs compatriotes du Nord du pays». Dr. Paul Reuter, professeur à l'université de droit, d'économie et de sciences sociales de Paris, a précisé que «les règles générales du droit international, telles qu'elles ont été formulées depuis un certain temps déjà, et celles qui constituent ce que l'on a appelé droit de décolonisation pour prouver que, tant sur le plan des premières que sur celui des secondes, les revendications marocaines étaient justifiées. La double démonstration est en l'occurrence licite et indispensable. La parenthèse coloniale n'a été ouverte ici que récemment et superficiellement, c'est tout le processus d'humanisation de ces terres désertiques qu'il faut reconstituer pour montrer les liens qui étaient les seuls par lesquels ces territoires étaient en union avec un monde qui leur apportait la culture islamique et les éléments d'une vie politique». C'est par ces termes que le Dr. Paul Reuter concluait sa préface de l'ouvrage du Dr. Rachid Lazrak: Le contentieux territorial entre le Maroc et l'Espagne, (Edt. Dar El Kitab. Casablanca 1974. Le Dr. libanais Ali Chami, historien du monde arabe, confirme, dans son livre: Le Sahara Occidental, paru à Beyrouth en 1980, «que le Sahara occidental est marocain bien avant l'empire almoravide (1055-1147), marocanité qui s'est confortée sous les Almohades (1130-1269) et les Saâdiens (1517-1669). Cette unité apparaît à chaque fois que le pays est en danger, surtout lors des hégémonies européennes». Rapport du consul anglais à Essaouira du 7 septembre 1875. «Le pouvoir du caïd Abdellah Salem Ould Beirouk, nommé par dahir sultanien le 2 février 1844, s'étend sur tout le territoire saharien situé entre Oued Noun au Nord et le Cap Blanc au Sud d'Oued Dahab. Je suis sûr que les habitants de cette région, sous le commandement du caïd Ould Beirouk, combattront la pénétration européenne aux côtés du cheikh Ma el Aïnine». (Archives de Londres). Attilio Gaudio, historien italien, spécialiste du Maghreb et directeur du Centre International de Recherches Sahariennes et Sahéliennes, dit que «les doctes marocains qui portèrent la civilisation arabo musulmane aux régions subsahariennes furent aussitôt suivis par les artisans et les artistes qui imprégnèrent à la contrée un cachet marocain sur les plans de l'architecture, de l'habillement, de l'art culinaire, de la médecine, de l'art de vivre, du traitement et de l'emploi des métaux» dans son livre, Le Sahara des Africains, Edt. Julliard, 1960. Le Maréchal Lyautey, 1er résident général de la France au Maroc, de 1912 à 1925. En 1902, quand la France négociait secrètement le partage du Maroc avec l'Espagne, il écrivit à son gouvernement: 'les tractations avec l'Espagne ne seraient que sources d'ennuis avec le sultan et avec ses sujets sahraouis'. Il prônait un protectorat français sur tout le Maroc, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal, sans partage avec l'Espagne. En 1911, il a dit que 'l'histoire des dynasties marocaines suffit à démontrer que, de tout temps, les sultans exerçaient sur cette partie de l'Afrique une action spirituelle et effective incontestée'. En 1920, quand Paris rattacha la Mauritanie à L'AOF, Lyautey protesta auprès du président du Conseil, M. Georges Leygues contre cette mesure 'Le sultan est l'imam couronné, souverain politique, mais aussi et avant tout chef religieux de tous les musulmans du Maghreb et même au-delà, jusqu'à Tinbouktou, comme j'en ai eu la preuve moi-même pendant la guerre. Les musulmans le regardent comme le seul vicaire de l'Islam dans la région, alors que les khédivs d'Algérie et de Tunisie n'étaient que des fonctionnaires turcs». La thèse de Lyautey s'est avérée, en 1953, par le refus du cadi de Tinbouktou de dire la prière au nom de Ben Arafa, sultan illégitime, intronisé par la France, après l'exil du monarque Mohamed V. Il fut condamné par les autorités françaises et éloigné à Taoudenni. Le colonel français, Jean Charbonneau, ayant longtemps servi dans l'Armée d'Afrique, écrit dans son livre «Sur les traces du Pacha de Tinbouktou», (édit. Lavauzelles & et Cie.1936), que les populations nomadisant entre Tindouf et Tinbouktou sont marocaines, «dont les caïds et gouverneurs sont nommés par dahirs chérifiens. Les sultans chérifiens ont toujours dominé ces régions, étendant leur pouvoir jusqu'à la limite avec le Sénégal». Il avait. Le Capitaine français Ressot, parlant de Tindouf: «Historiquement et politiquement, cet immense territoire, où l'on constate pourtant une extrême diversité de races, se rattache au Maroc dont les tribus conservent des liens puissants avec le Maroc. Tindouf ne doit pas être occupée par l'Algérie, trop lointaine, mais doit être rattachée au coud du Dra et dépendre par conséquent du Maroc» (La zone dissidente du Sahara occidental. Rens. Col. N° 17, suppl. Fr. pages 323 à 332, Juillet 1926). Lt. colonel français De Castries. Dans son article: Le Sahara marocain, paru dans la revue Hespérides du 4ème trimestre 1923, il écrit 'Le Maroc est le seul Etat constitué du Maghreb.. Son influence et ses liens culturels, ethniques, politiques et commerciaux sur le Sahara sont réels grâce à la Bayâ aux sultans». Jean Célérier, géographe français, professeur à l'Institut des Hautes Etudes Marocaines à Rabat. En 1924, il conclut son étude sur le Maroc par ces termes édifiants 'Il n'est pas permis d'étudier le Maroc, aux points de vue géographique, ethnique et historique, sans rencontrer à chaque instant la trame de ses relations sahariennes et transsahariennes. La fonction propre, l'originalité de ce pays, c'est d'être, à tous égards, le lien et le lieu de passage incontournables entre l'Europe méditerranéenne et l'Afrique tropicale. Ignorer ce qui lui est venu du Sahara ou méconnaître son rayonnement sur l'Afrique via son Sahara c'est le mutiler et se condamner à ne pas le comprendre' (17 ème congrès de l'Institut des Hautes Etude Marocaines, Hesperis XI). Le Général Noguès, résident de France au Maroc. Il a dit du prince Moulay Hassan, en 1942 'Le prince Hassan ira loin avec le Maroc. Saharien de par ses origines, il ne serait pas étonnant qu'il veuille un jour reconstituer l'ancien empire de ses aïeux, allant jusqu'au Sénégal'. Gerhard Rohlfs, politicien allemand, était «contre le partage du grand Maroc entre la France et l'Espagne, de la Méditerranée au Sénégal» écrit-il en 1902 à son gouvernement, juste après l'accord secret conclu entre Madrid et Paris au sujet de ce partage (archives Berlin). Emile Félix Gautier, géographe français, entreprit en 1902 un voyage du Touat à Tinbouktou en explorant en même temps le Sahara central. En 1911, il sortit un livre: Le Sahara, où il considère que 'L'extrême Sahara occidental, à l'Ouest du Niger, est un immense pays. Une partie considérable de la côte est domaine espagnol encore inexploré. L'intérieur est domaine marocain et non algérien'. Dans son autre livre: La conquête du Sahara marocain, il reconnaît «que le Touat, le Gourara et Aïn Salah ont toujours été sous la souveraineté de l'empire chérifien». Aymeric Chauprade, professeur de géographie à l'université de Paris Sorbonne, vice-président de l'Académie Internationale de Géopolitique et directeur de la Revue Française de Géopolitique, a dit, le 7 octobre 2005 devant la 4ème commission de l'ONU, que «Le Maroc est un pont entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne. Il l'a toujours été et le couper de son Sud, c'est le couper d'une partie de son identité africaine. Sa revendication sur son Sahara n'est pas seulement stratégique, elle tient du domaine de l'être et de l'essence comme l'était l'Alsace-Lorraine pour la France en d'autres temps, alors que pour l'Algérie, disposer d'un petit Etat faible pour déboucher sur l'Atlantique, c'est seulement du domaine de l'enjeu stratégique et économique». Etaient présents à cette 4ème commission plusieurs anciens cadres polisariens qui ont rejoint le Maroc et qui ont soutenu, pendant toutes les séances, la position marocaine. Les représentants d'autres nations ont fait de même, dont le Sénégal, le Burkina Faso, la Guinée, le Gabon. M. Chauprade ajoute, le 18 mai 2006 lors d'une conférence à Rabat, que «le conflit saharien n'est que le prolongement du processus de décolonisation du Maroc qui ouvre à parachever son indépendance et à sauvegarder son intégrité territoriale». Zone de protectorat espagnol dans le Nord (le Rif) prévue par l'accord secret franco espagnol du 11 novembre 1902. (accord non respecté par la France en 1912) Elle s'étend de la ville de Méhdia, sur l'Atlantique, à Nador sur la Méditerranée, englobant les plaines de Fès, de Meknès, la trouée d Taza et la vallée de la Moulouya. Mohamed Fall Ould Omeir, émir des Trarza, du Sud mauritanien, ayant rallié le Maroc en 1957 pour renouveler son allégeance au roi Mohamed V. Il était accompagné d'autres responsables mauritaniens (Mohamed el Mokhtar Ould Bah, ministre de l'éducation, Dey Ould Sidi Baba, ministre du commerce, de l'industrie et des mines, Horma Ould Babana, influent homme politique, Cheikh H'Maddou, président de la jeunesse mauritanienne et d'autres notables non moins importants). Il défendait la marocanité de la Mauritanie et du Sahara occidental et était contre l'existence d'une entité mauritanienne indépendante. «Le Maroc, sous son ancien nom, Mauretanea, a toujours occupé cet espace, de la Méditerranée au fleuve Sénégal. Nous appartenons aux mêmes lignées et aux mêmes origines. Nous nous sommes toujours sentis marocains. Seule la fracture coloniale a provoqué cette séparation, après l'émiettement du pays par la France et l'Espagne». Jaques Benoist Mechin, historien français. Dans son livre : L'histoire des Alaouites. 1994. Ed. Perrin. Il rejoint la thèse de Célerier quand il dit que 'Le Maroc n'est compréhensible qu'à condition de l'embrasser dans son intégralité, en prenant en compte les grandes articulations de son passé et le dépècement progressif dont il avait été victime au cours des 150 dernières années, notamment au niveau de ses marches sahariennes, allant jusqu'au Sénégal'. Diego de Torres, Historien español. 'Le grand Souss s'étend bien au-delà d'Oued Noun, allant jusqu'au Sénégal'. Dans certains écrits anciens on désignait le Sahara par le «Souss profond». Il ajoute 'que les sultans ont toujours maintenu leur souveraineté sur les oasis du Touat et ceux de la Saoura' (régions actuellement annexées par l'Algérie depuis 1962). one Sud (le Sahara occidental) que devait occuper l'Espagne Selon l'accord secret franco espagnol du 11 novembre 1902. Elle va d'Agadir, avec toute la plaine du Souss, Taroudant, Tindouf, une partie de la Saoura et le Sahara occidental. Elle ne correspond pas à la zone cédée à l'Espagne par l'accord de 1912. La convention secrète franco britannique du 5 août 1890 reconnaît «la marocanité de Saguya el Hamra et de Rio de Oro». Pour les signataires de ladite convention, «la frontière marocaine s'étendait de Figuig au Cap Blanc (Nouadibou, en Mauritanie actuelle)». Ce qui traduit que le Sahara occidental, se situant au Nord de Nouadibou, était bel et bien marocain. La Grande Bretagne mettait en avant, dans cette convention, l'argument de la marocanité de ces régions. Le président du Conseil espagnol déclara, en 1891, à l'ambassadeur de France à Madrid «qu'il a toujours été reconnu que la souveraineté territoriale du sultan du Maroc, sur les plans religieux et politique, est réelle dans ces régions sahariennes comme il est hors de doute que les populations de Cabo Juby, de Rio de Oro et de Saguya el Hamra sont marocaines. (Revue Athéna. 1er semestre 1998. Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. Paris). L'arrangement anglo marocain du 13 mars 1895 stipule dans son article 1er que «toute la région comprise entre Oued Dra et la frontière avec le Sénégal était marocaine et que la Grande Bretagne reconnaît ce fait établi» (Archives anglaises et marocaines). Cette reconnaissance a été confirmée par la suite dans une lettre adressée le 15 novembre 1911 par le ministre français des affaires étrangères qu'il a adressée à son chargé d'affaires à Madrid. Toutefois, ce courrier limitait la frontière sud du Maroc à Nouadibou, la France ayant, à cette époque, des velléités coloniales dans la région. Il l'informe de l'accord franco allemand du 9 novembre 1911 par lequel «certaines dispositions confidentielles ont été prises concernant notamment l'étendue des territoires marocains au Sahara à céder à l'Espagne» et précise que «le Maroc comprend toute la partie de l'Afrique du Nord s'étendant entre l'Algérie et l'Afrique Occidentale Française. Il est alors clair, pour la diplomatie française de cette époque, que le Maroc s'étendait jusqu'à l'AOF, la Mauritanie n'ayant été rattachée à cette colonie française qu'en 1920 (voir, plus haut, la protestation de Lyautey). Henry Soleillet, explorateur français, était chargé, en 1874, par le général Chanzy, gouverneur de l'Algérie, d'installer des comptoirs commerciaux français à Aïn Salah et au Touat. Après son échec, il mentionna dans son rapport «que les notables de cette contrée affirment leur loyauté au sultan du Maroc et qu'ils ne peuvent entamer des négociations avec nous sans l'aval de leur suzerain, le sultan de Fès» (archives d'Aix en Provence). Le gouverneur Général de France en AOF écrit à son ministre des colonies, le 30 mai 1913, «on peut dire qu'au double point de vue politique et religieux, l'Adrar mauritanien est une sorte de dépendance du Sud marocain. Depuis notre arrivée dans cette région, nous n'y avons rencontré que des résistances d'origines marocaines, directes ou indirectes». Sidi Ahmed Lamine Chenguitti, mauritanien et savant illustre, cadi à l'université d'Al Azhar au Caire: 'Les liens de la Bayâ ont toujours uni le Sahara au pouvoir du Maroc'. Il a cité toutes les tribus sahariennes originaires du nord du pays et celle du Nord originaires du Sud, dans son livre: Kitab el Wassit édité au Caire en 1911(Zénètes, Sanhaja, G'zoula, Lamtouna, Lamta, Berghouata, Messoufa, Hilaliens, Souleim, Oulad D'leim, Tekna, Oulad Bou S'Bâ, Tazeroualt, Laâroussiène, Filala, Mâkil, Taoubbalt, R'guibat, Oulad Jerrar, Chtouka, Israélites, Andalous). Il rapporte un incident qui eut lieu à la Macke au sujet d'un Wakf réservé aux marocains et refusé aux pèlerins mauritaniens. Ces derniers protestèrent et eurent gain de cause suite à l'arbitrage d'un autre cadi saoudien, Ibnou Sawda. Cet incident est aussi répété par Sidi Larbi ben Hsaïn dans son livre: Kitab el Boughiat (Le livre de l'espoir) où il précise: «Les Chenguitis et les Marocains ont les mêmes origines et ont toujours fait partie du Maghreb au contraire de ceux qui croient que Chenguit est soudanais. Le Soudan c'est le Sud du fleuve Sénégal». Cheikh Mohamed Lamine Ould Cheikh Ma el Aïnine, petit-fils de Cheikh Ma el Aïnine, a donné de multiples preuves ethniques, historiques et politiques qui authentifient la marocanité du Sahara occidental et de la Mauritanie, dans son livre: El Ja-ech er rabit fi en-nidali ân maghribiati Chenguit (La détermination dans la défense de la marocanité de Chenguit). C'est un livre bien documenté dont l'auteur n'a rien à envier aux grands connaisseurs du Sahara. Boutros el Boustani, écrivain libanais. Dans son livre: Kamouss el Mohit, «Les provinces de Chenguit sont marocaines. Les liens ethniques et politiques entre les populations marocaines confirment l'appartenance des unes aux autres, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal, sous le parasol du sultan de l'empire chérifien. ». Le capitaine français Vincent Bonafos. Ayant longtemps servi en Afrique du Nord, il a établi dans son livre: Taoudenni, hier et aujourd'hui (Presse de l'Etat Major, Dakar. 1934) «que les sultans saâdiens ont bouleversé le vieil édifice social de l'Afrique entre l'Océan Atlantique et la grande voie Moulouya, Touat, Gao. Ils ont traversé le Sahara et se sont fait ouvrir les portes de Tinbouktou et de Gao. Ils ont reçu l'hommage de Taghazza et de D'jéné. Maîtres des deux rives du désert, les monarques marocains contrôlaient tout le trafic saharien jusqu'au Soudan, héritage que leurs successeurs ont préservé'. Le Lieutenant français de La Barrière. Il entra à Tindouf, avec sa troupe, en 1925. Il l'a décrite dans son rapport «comme ville marocaine en miniature, gouvernées par le Makhzen du sultan du Maroc». Elle est restée marocaine jusqu'en 1947 et fut rattachée par les Français au département de l'Oranais en Algérie française (détails au chapitre XII). Le capitaine français Rousseau, de l'Armée d'Afrique. Son article, La zone dissidente du Sahara occidental, «Revue de l'Afrique Française» (juillet 1926) il confirme 'qu'historiquement et politiquement, cet immense territoire, où l'on constate pourtant une extrême diversité de races, se rattache au Maroc. Les groupements nomades qui s'étendent d'Oued Noun à la Mauritanie conservent des liens ethniques et politiques puissants avec le Maroc'. A.G. Martin, colonel français de l'armée d'Afrique, auteur de plusieurs ouvrages sur le Sahara et lauréat de la Société de Géographie de Paris. Il décrit dans ses livres «la réalité ethnique et historique marocaine qui apparaît au grand jour dans toute cette région saharienne, allant jusqu'au Sénégal» (voir détails au chapitre XII.). Odette de Puigaudeau, journaliste et écrivain française, ayant vécu plus de 50 ans en Mauritanie depuis 1919. Ses articles et ses livres ne laissent plus de doute quant à la marocanité du «Grand Sahara» comme elle l'appelle. Elle écrit dans son livre: La piste Maroc Sénégal, 'pendant mon séjour à Tindouf en 1949-51, le général Miquel, commandant la région d'Agadir, cherchait, à travers d'âpres discussions avec les autorités françaises d'Algérie et de l'AOF, à étendre son commandement sur jusqu'à Fort Trinquet, Idjil et la MIFIRMA. Ils exhibaient les preuves et les conventions antérieures qui reconnaissent les droits d'administration et de souveraineté marocaines sur cette région'. Dans son livre: Le passé maghrébin de la Mauritanie, elle note que 'le nom de Mauritanie est donné aux provinces marocaines de Chenguit par Xavier Coppolani en 1904, dans l'intention de la garder rattachée à ce qui fut jadis la Mauretanea des rois berbères et de placer ainsi tout l'empire chérifien dans ses justes frontières, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal'. Pierre Amilhat, officier français de l'Armée d'Afrique, écrit 'Les sultans marocains pratiquèrent une politique saharienne active. Leurs méhallas sillonnaient le désert, apportant, par leur seul passage, une aide appréciable aux Maures que le makhzen a toujours employés et, en retour, protégés. Les interventions du Makhzen se succédaient. Citons celles de 1665 à Aratan, à Tichit et à Waddan, de 1678 à Adrar, de 1680 Tagante, de 1730 à Chenguitti et jusqu'au Sénégal'. (Petite chronique des Ida ou Aïch. Revue des Etudes Islamique. Page 63, cahier I- 1937). Alain Decaux, de l'Académie française 'L'histoire du Maroc a surgi du désert. Sur les six dynasties principales qui ont dominé au Maroc, quatre sont d'origines sahariennes. Elles ont entraîné avec elles autant les déplacements de populations que des courants culturels nouveaux, participant ainsi à la fusion des ethnies et de la civilisation maroco saharienne». M. Erique Labonne, résident général de la France au Maroc, proposa au roi Mohamed V, en 1956, de procéder à un échange: la France restituera au Maroc sa province de Tindouf et de la Saoura, et le Maroc cessera toute aide aux combattants algériens. Le roi Mohamed V, quoique nouvellement réinstallé sur le trône et le Maroc fraîchement indépendant, refusa catégoriquement l'offre «Tindouf est marocaine et les Algériens le savent. J'ai confiance en eux. C'est un problème qui sera réglé entre nous une fois l'Algérie indépendante». (Cette réponse figure dans le document que M. Eric Labonne, devenu ambassadeur de France à Rabat, a adressé à son ministère des colonies et qu'on trouve au SHAT. Documents «Mauritanie», MH. Carton 16). Le Français H. Martin décrit, dans son livre «Les tribus du Sahel et du Rio de Oro», les groupes tribaux du Sahara comme «marocaines d'origines, installés ici depuis des temps immémoriaux et gardant des contacts constants avec leurs tribus mères du Nord». Le géographe français, Peyronnet a écrit, dans le Bulletin de Géographie d'Alger, en 1928, «Le Sud ouest marocain, le Rio de Oro et le Sahara, a toujours été gouverné par les souverains du Maroc depuis plusieurs siècles et même avant l'Islamisation de cette région». Le répertoire alphabétique des tribus marocaines de 1936, édité à Paris sous l'égide du ministère français des colonies, donne comme références «les origines marocaines de toutes les populations de la Mauritanie et du Sahara occupé par les Espagnols, nonobstant les négro africains venus du Sud». L'Institut des Etudes Africaines à Madrid renferme une multitude de documents, d'époques diverses, qui traitent du problème ethnique et des origines des sahraouis. Tous ces textes convergent vers la marocanité de ces tribus, en particulier les écrits et contributions d'Angela Hermandoz Moreno, Angel Flores Morales (1946), Diaz Bullon Galo (1945), R. Pellissier (1964), Villasenor Charco Ramos (1935) et tant d'autres écrivains espagnols et étrangers. Jacques Berque, connaisseur du Sahara. Il donna au Maroc 'trois dimensions: ses deux ouvertures sur l'Atlantique et sur la Méditerranée, et son espace saharien qui l'ouvre à l'Afrique'. Michel Abitbol, historien et homme de lettres nord africain, écrit dans son livre: Tombouktou et les Arma (Maisonneuve. 1979. Paris), «Dans son Sud, le Maroc s'ouvre largement sur le Sahara et sur Ifriqiya auxquels son histoire le lie étroitement. Aucune région du Maroc, de son extrême Nord au Sahara profond, ne vit isolée des autres contrées auxquelles elle se sent liée par le sang et par l'histoire. Les derniers plis de l'Atlas marocain ne forment pas une limite assez nette avec le Sahara. Ce qui explique que le Sud marocain a, de tout temps, été plus peuplé que le Sahara du Sud algérien aux mêmes latitudes. Ce qui explique aussi que le Maroc a vu si souvent son histoire liée à celle du Sahara et au Soudan». Il ajoute, plus loin «Avant la conquête française, les douanes marocaines étaient postées au Touat (Timmi et Timentit) comme à Taghazza, à Tinbouktou et à Tjenné). Le Parti Communiste Espagnol. Lors de son congrès extraordinaire du 20 février 1962, il a reconnu la marocanité de Ceuta, de Mélilia, de Sidi Ifni et du Sahara occidental 'ces régions sont marocaines géographiquement et historiquement'. Le général espagnol Enrique Lister donne, le 17 décembre 1962, une conférence à Madrid. Il conseillait au gouvernement de son pays 'qu'il est de bon aloi que l'Espagne et le Maroc soient liés par une saine coopération et une sage amitié. L'Espagne est tenue de mettre fin à son occupation des territoires marocains. Je parle de Ceuta, de Mélilia, des Pennons, d'Ifni et du Sahara qui appartiennent au Maroc et qui doivent lui être restitués dans les plus brefs délais. Cette occupation, qui n'a plus raison d'être aujourd'hui, entache nos relations avec ce pays'. Léopard Sédar Sengor, de l'Académie française et de l'Académie du Maroc, ancien président du Sénégal. 'Ce n'est pas un hasard si, à la frontière nord du Sénégal, les Berbères marocains étaient appelés Z'naga, d'où le nom de Sénégal. J'ajouterais aussi que le commerce dans toute cette zone saharienne était pratiqué suivant les règles marocaine et avec la monnaie marocaine '. Après la marche verte, il déclara 'qu'au Sahara, le Maroc a pour lui l'histoire, le Droit et la volonté de la population'. La revue anglaise Edimbourg-Revue, d'août 1809, a fait paraître le récit de Sir Jackson, l'explorateur anglais, qui a vécu 16 ans au Maroc (1751-1767). Le Maroc est décrit comme suit 'De Tanger à Tinbouktou et au fleuve du Sénégal, le sultan nomme ses caïds et ses gouverneurs. L'auguste parasol des Chérifs jette son ombre sur le plus illustre des monarques, sultan du Rif, de Souss, de Filala, du Touat, du Dra et des provinces du Soudan'. La revue anglaise Gentlemen's Magazine, reproduit textuellement, dans son N° 26 de mars 1810, à la page 219, le compte rendu d'une ambassade anglaise chargée par la reine du Elisabeth 1ère, d'une mission auprès du sultan Moulay Abdelmalek, en 1577. Ledit rapport décrivait le poids des échanges commerciaux entre les deux pays 'L'Angleterre trouve au Maroc un excellent débouché pour les produits de ses manufactures. Elle en tire, en contre partie, de l'huile d'olive, des cuirs souples et beaux, de la poudre d'or et de la gomme arabique que le royaume du Maroc apporte de ses provinces du Soudan'. En 1585, le comte de Leicester, maître des l'artillerie sous le règne de Marie Tudor, et l'un des conseillers de la reine Elisabeth 1ère, intéressé par les produits sahariens, créa la Barbary Company avec une filiale à Essaouira pour l'échange des marchandises entre les deux pays. Quelques membres de ladite agence se déplaçaient jusqu'au Sahara pour prendre contact avec leurs clients et leurs fournisseurs. De cette date, le commerce entre le Maroc et l'Angleterre n'a jamais cessé. Les deux royaumes avaient des ennemis communs, l'Espagne et le Portugal. C'était juste après la bataille des trois rois où périt le roi portugais, Dom Sébastien, face aux troupes marocaines. «La défaite de l'armada portugaise était fêtée à Marrakech comme une victoire marocaine» selon le comte Henry de Castries dans son ouvrage: Les sources inédites de l'histoire du Maroc (1ère série, Angleterre, Edt. Leroux. Paris 1918). Le 2ème Bureau de l'Etat Major français à Alger signalait, dans sa note secrète N° 5241/34, du 8 février 1956, 'que les nationalistes marocains ambitionnent de reconstituer l'ancien empire chérifien dont les limites s'étendaient jusqu'au Sénégal. Cette hypothèse rappelle d'ailleurs un article du journal El-Alam du Parti de l'Istiqlal, paru en 1953, et revendiquant les mêmes territoires englobant le Sahara espagnol et la Mauritanie'. M. André Lewin, ancien ambassadeur de France en Guinée, devenu diplomate onusien. En 1975, il fut chargé par le S.G. de l'ONU de mener une enquête sur la situation au Sahara. Après plus de deux mois d'investigations, il fournit un rapport à l'ONU dans lequel il conclut 'L'histoire, la religion, le droit, le fait ethnique, les conditions sociales, économiques et culturelles rendent normales les revendications de restitution au Maroc de cette portion de son territoire. Les chances d'une solution juste et judicieuse avaient été compromises par la politique espagnole et les ambitions de ceux qui veulent créer de toutes pièces un nouvel Etat ouvert sur l'Atlantique qui isolerait le Maroc et l'amputerait de sa partie méridionale'. M. Mokhtar Ould Daddah, ancien président mauritanien, a dit en 1975 'La position de la Mauritanie est totalement compatible avec les principes de l'ONU. Il faudrait reconnaître l'identité fondamentale des populations du Nord et du Sud qui ne forment qu'un seul peuple. Je soutiens, d'un autre côté, les revendications du Maroc sur les zones qui avaient avec ce pays des liens ethniques et historiques. Un référendum d'autodétermination ne me paraît peut être pas indispensable, compte tenu de l'état d'esprit de la population bédouine'. Bernard Lugan. Docteur en histoire et docteur ès lettres, il enseigne l'histoire de l'Afrique à l'université de Lyon III et connaît bien le Maroc. Dans son livre: L'histoire du Maroc des origines à nos jours, (Edt. Perrin. 2001), il décrit l'empire chérifien «s'étendant du fleuve du Sénégal à la Méditerranée. Avant les partages coloniaux, tout le Sahara occidental était marocain. Le Gourara, le Touat, tout le bassin de la Saoura et Tindouf lui furent arrachés par la France pour être rattachés à l'Algérie française et annexés par Alger dès 1962. Le Sahara occidental et ses profondeurs sahéliens formaient l'arrière pays du Maroc. La dynastie Saâdienne, saharienne d'origines, a conforté la souveraineté du Maroc sur tous ces espaces qui ont toujours été associés à la vie politique, culturelle et sociale du royaume. L'ensemble formait un seul et unique Etat, de la Méditerranée au fleuve du Sénégal». Sur les races du colonel français Alfred Martin, auteur de l'ouvrage «Quatre siècles d'histoire marocaine» (1923), le Pr. Lugan ajoute que «la monnaie, le système des poids et mesures étaient uniques du Nord du pays aux fonds du Sahara. La levée des impôts était établie de la même façon au Sahara comme dans les régions du Nord. Les caïd et cadis étaient nommés par dahirs sultaniens partout de la même manière. Jusqu'à la distribution des eaux d'irrigation était pratiquée conformément aux traditions et lois marocaines». Au colloque sur le Sahara, tenu à l'ONU sous l'égide du Concil on Foreign Relations, le 4 mai 2004, M. Lugan persiste et signe en défendant la cause du Maroc. Il plaide en étalant des arguments tant historiques que diplomatiques et juridiques. D'autres intervenants de diverses nationalités, dont certains responsables de l'ONU, des diplomates accrédités auprès de cet organisme et d'éminents professeurs universitaires, ont confirmé, lors de ces débats, la légitimité des revendications marocaines sur son Sahara. Le Comité de jumelage des villes Saintes Tinbouktou de septembre 1986, réuni à Tinbouktou. Il était tenu sous la coprésidence des maires des deux cités, M. Michel Baron, pour Saintes, et M. Abbas Kader ben Barka, pour Tinbouktou. Il est à rappeler que M. Abbas Kader ben Barka est originaires de la tribu Moussa-Ou-Ali au sud d'Agadir. Il a fait ses études à Rabat et Casablanca. Ses aïeux tenaient des fonctions sultaniennes à Tinbouktou, jusqu'à la prise de la ville par les Français. Pendant cette réunion ont été passées en revue toutes les données qui touchaient à la vie socioéconomique de la ville de Tinbouktou. Lors de l'étude de la partie historique, l'ancienne marocanité de la cité a été mise en évidence. Antonio Segura, historien español, professeur de l'université à Madrid. Il a effectué son service militaire au Sahara espagnol. Il est l'auteur de plusieurs contributions sur le Sahara, dont: «Economie et société du Sahara occidental» (1988) où il justifie que «le POLISARIO ne pourra pas être un représentant légitime des Sahraouis qui n'ont jamais constitué un peuple. Le Sahara a toujours évolué dans l'enceinte du Maroc. C'est un mythe que de vouloir ériger le Sahara en entité étatique souveraine. Il n'existe aucune étude historique ou sociale qui débouche sur une telle conclusion. Le Maroc précolonial a été un pays où la figure du roi symbolisait toujours l'unité du territoire qui s'étendait du fleuve du Sénégal à la Méditerranée». Il a affirmé, dans un autre texte, que «Madrid a échoué dans sa politique coloniale au Sahara». M. Abdellah Sayed, journaliste mauritanien, directeur du bimensuel mauritanien Al Majaliss, a déclaré, en novembre 2000, que «l'indépendance du Sahara est un mirage. Le problème du Sahara est artificiel, créé par des politiciens en quête de gloire personnelle au détriment de vérités historiques et géographiques. La population du Sahara est une population ayant avec le Maroc des liens sanguins, de devenir, d'allégeance et d'appartenance». A la suite de cet article, M. Abdellah Sayed a reçu des menaces du POLISARIO. Thomas Riley, ambassadeur US à Rabat, a dit publiquement que «le litige entre Rabat et Alger n'est pas une question coloniale. Le Maroc a récupéré ce qui lui a été arraché. Laisser pourrir cette affaire c'est offrir un avenir radieux à l'extrémisme qui prolifère dans la région» (ch 19). Ahmed Baba Miské, ancien délégué mauritanien à l'ONU et l'un des fondateurs du POLISARIO. Ne s'étant pas entendu avec Alger, il s'installa en France comme réfugié politique tout en lançant des matraquages anti polisariens pendant la décennie 1980. Lors d'une déclaration à Radio France Internationale, qui lui demandait pourquoi il le POLISARIO alors qu'il était l'un de ses leaders, il a répondu «que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis». Aujourd'hui, il est chef de parti en Mauritanie. C'est une preuve que le POLISARIO n'est pas constitué des seuls habitant de l'ancien Sahara espagnol. Bien d'autres pères du POLISARIO, à l'instar de Miské, ont quitté Tindouf pour d'autres destinations, mais la plupart ont rejoint le Maroc. Madame Anna Maria Cervone, présidente de l'International des Femmes de la Démocratie Chrétienne et présidente de la Commission des Droits de l'Homme, a soutenu, le 7 octobre 2005, devant la 4ème commission de l'ONU, que «le Maroc n'a dérogé à aucune règle en récupérant une partie de son territoire, en l'occurrence le Sahara dit occidental, dont la population n'a jamais failli de renouveler son acte d'allégeance aux rois du pays comme le souligne le verdict de la CIJ en 1975. Cette affaire, en principe, ne doit plus être posée devant la 4ème commission, car elle n'est pas un problème de décolonisation, mais d'intégrité territoriale. Il est temps de se rendre à l'évidence. Les responsables algériens ne peuvent se dérober à leur responsabilité morale, politique et matérielle dans cette affaire. Sans l'Algérie, ce problème n'aurait jamais existé et la destinée des peuples du Maghreb aurait sûrement un meilleur sort. Il n'est pas trop tard pour bien faire. Le problème ne peut être résolu que par l'ouverture d'un dialogue direct entre les véritables protagonistes, le Maroc et l'Algérie». Mouammar El Kaddafi, Président Libyen qui, pas plus tard qu'en 1976, finançait le POLISARIO, déclare aujourd'hui, que «le Maroc est dans ses droits quant à l'intégrité de son territoire englobant le Sahara occidental», dans un message qu'il adressa au roi Mohammed VI à l'occasion de l'anniversaire de la Marche Verte, le 6 novembre 2004. Déjà en 1984, il encourageait les éléments du POLISARIO à s'enrôler dans l'armée marocaine. Le Centre Européen de Recherches et de Conseils aux Affaires Stratégiques reconnaît les liens ethniques et politiques des tribus sahraouies avec le Maroc. Il met l'accent sur les liens d'allégeance que ces tribus ont toujours maintenus avec les sultans, selon les études du Centre sur la situation au Sahara: Le POLISARIO, de mouvement de libération à l'organisation terroriste. (Editions Dar Bouregreg. Février 2006). M. Hassan el Hajjab, professeur de droit international à la faculté de Londres, spécialiste des problèmes juridiques de frontières, «la marocanité du Sahara de par les liens ethniques, historiques, politiques et juridiques qui rattachent ses populations aux sultans du Maroc par le principe de la Bayâ, principe reconnu dans les pays musulmans. Le problème algéro marocain a des aspects et des causes qui sont beaucoup plus liés aux intérêts économiques qu'à autre chose». M. Mohamed Boudiaf, ancien président de l'Algérie. Dès sa prise de pouvoir en 1992, il a manifesté son opposition «à tout ce qui porte atteinte à l'unité maghrébine. Il faut mettre fin à cette mascarade. Ce conflit n'a aucune raison d'exister». Il a aussi averti les polisariens que «leur mouvement anti maghrébin ne doit plus compter sur l'aide et l'appui algériens». Il aurait interrompu cette «mascarade» s'il n'avait pas été assassiné le 29 juin 1992. Ce crime n'a pas été élucidé. M. Ahmed Ben Bella, 1er président algérien, a dit, le 26-10-2004 «je reste toujours contre la position d'Alger quant à ce conflit. Nous devons être reconnaissants au Maroc pour toute l'aide dont il nous a nantis pendant les huit années de combat pour notre indépendance. Est-ce de cette manière que nous lui disons merci?» Il ajoute, le 2 mai 2006, lors de sa rencontre avec la presse à Marrakech «que la solution politique au problème du Sahara est la plus souhaitée au sein de la souveraineté marocaine. Toute partition, comme le voulait Alger, est anormale». Cheikh Abbassi Madani, opposant algérien, chef du Front Islamique du Salut (FIS), a déclaré à la TV El Jazira, en octobre 2004, «que le Sahara est marocain». Il a aussi rappelé le rôle que le Maroc a joué dans le combat de libération algérienne «les deux peuples, algérien et marocain, avaient unifié leur lutte anticolonialiste jusqu'à l'obtention de leur indépendance. Les Algériens étaient solidaires avec les Marocains quand la famille royale a été exilée. Je ne conçois pas que le Maroc puisse céder la moindre parcelle de son territoire, et c'est normal». M. Anouar Haddam, ancien dirigeant du parti algérien, le Front Islamique du Salut (FIS), a déclaré, fin décembre 2006, au journal algérien «Al Khabar» que «les Sahraouis ne pourront être satisfaits par un autre statut que celui de rester rattachés au Maroc». Khalid Nezar, Le général algérien retraité, ancien chef de l'Etat Major de l'armée, a dit dans son livre: Bouteflika, l'homme et son bilan, «que le plan Baker est dépassé et que la solution du conflit sera trouvée dans une autonomie interne au sein de l'unité marocaine. Cette solution mettra fin au conflit algéro marocain et ouvrira la voix à la mise sur pieds de l'UMA». Il ajoute dans une déclaration «Le problème du Sahara n'est pas seulement la création d'un mini Etat entre le Maroc et l'Algérie, c'est une question politique qui remonte à l'époque de la guerre froide et qui est la conséquence de deux idéologies diamétralement opposées. Jamais il n'y aurait un quelconque Etat entre nos deux pays». Le parti RCD algérien (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) discrédite, par la bouche même de son Secrétaire Général, M. Saïd Saâdi, ancien ministre, la conduite des gouvernants d'Alger à l'égard du Maroc «La question du Sahara n'est qu'un moyen pour le gouvernement algérien d'occulter ses difficultés aussi économiques que sociales. Presque la totalité du peuple algérien n'est point intéressée par cette question». Le Parti des Travailleurs Algériens, a précisé, à travers sa secrétaire générale et députée à l'Assemblé Populaire Nationale, Madame Louisa Hanoune «qu'il n'a jamais soutenu ni le POLISARIO ni encore moins les différents plans de règlement du problème saharien dont celui de James Baker. Le Sahara est marocain et la solution sera trouvée au sein d'un Maroc uni et dans le cadre d'un Maghreb uni». Elle a averti, lors du congrès du parti, début avril 2006, que «la partition du Sahara marocain peut entraîner, dans une seconde phase, les problèmes de sécession au Sahara algérien alors que le P.T.A est contre tout émiettement des pays maghrébins». Akram Ou Ali, journaliste algérien, a écrit dans son livre: Un regard calme sur l'Algérie, où il reconnaît la marocanité du Sahara, «Alger pèse de tout son poids sur l'affaire du Sahara marocain. La solution la plus juste est l'autonomie interne dans le cadre de la souveraineté marocaine. Le peuple algérien ne se sent nullement impliqué dans ce conflit qui empoisonne les relations entre les deux pays. L'affaire du Sahara est pour nous lointaine». Le Dr. Algérien Sami Naïr. Les 28 et 29 septembre 2005, il a présidé à Montpellier une conférence dans le cadre des échanges Sud Sud. Lors des débats, il a rappelé que «les échanges réussis sont ceux qui se font d'abord dans les ensembles régionaux, tel le Maghreb Arabe. Celui-ci doit se réaliser en réglant le conflit saharien. Le Maroc a une vision juste de son Sahara. On ne peut se permettre la création de petits Etats dans la région à l'époque des rassemblements politiques et économiques. Le Maroc et l'Algérie ont besoins l'un de l'autre pour leur développement». M. Sami est docteur en philosophie politique (Sorbonne), docteur d'Etat es lettres et sciences humaines et professeur à l'université de Paris VIII. Abdelhaq Boukelkoul, écrivain algérien, a publiquement critiqué les gouvernants d'Alger pour leur immixtion dans les affaires intérieures de leurs voisins, particulièrement le Maroc en ce qui concerne le Sahara. «Cette questions n'était pas un problème en soi, mais seulement un des aspects de la mésentente injustifiée algéro marocaine. Elle n'aurait pas fait l'objet de tant de polémiques durant 30 ans s'il n'était pas situé dans une région marquée par une rivalité agressive et têtue. Un Etat nouveau au Maghreb n'est pas approprié». M. Abdelhamid Ibrahimi, ancien premier ministre algérien, a reconnu, le 3 novembre 2006, à la télévision «Al Hiwar» qui émet de Londres, que «la meilleure solution du conflit saharien est l'autonomie interne dans le respect de l'intégrité territoriale marocaine». Il avait déjà déclaré au journal «Essabah» que «le problème du Sahara a été créé artificiellement par les généraux algériens hostiles à toute union maghrébine. Aucun Algérien n'ignore l'important rôle qu'a joué et joue encore la Sécurité militaire algérienne dans ce dossier». Deux anciens présidents du GPRA Ferhat Abbass et Youssef Ben Khedda, ainsi que deux autres leaders algériens, Houssein Lahouel et Caïd Ahmed, ont lancé, dans leur manifeste du mois de mars 1976, un appel au peuple algérien l'exhortant à se soulever contre tout hégémonisme qu'affiche leur gouvernement contre le Maroc. Les déclarations de leaders algériens écartent définitivement toute voie qui mènerait à l'indépendance du Sahara. Ils jugent que le Maghreb ne peut être basé sur l'émiettement de ses composantes. Ces anciens dirigeants ont déclaré haut ce que plusieurs responsables algériens disent bas. Quant au peuple algérien, il a plus d'une fois manifesté sa réprobation à ce propos et n'est nullement intéressé par un quelconque «peuple sahraoui» auquel il ne croit guère. Il est préoccupé par son quotidien et par son lendemain. Au cours d'une manifestation à Alger en 1988, le bureau du POLISARIO a été saccagé et brûlé par les manifestants algérois. Cet acte s'est reproduit à Colomb Bechar, lors de manifestations de la population pendant la deuxième semaine du mois de juillet 2005. Le Bureau du POLISARIO était incendié par les protestataires qui n'ont pas manqué de déclarer qu'ils «sont Marocains depuis des générations». Le représentant du POLISARIO sur les lieux a été malmené et amené d'urgence à l'hôpital. Chose rarissime, ces faits ont été reportés textuellement par toute la presse algérienne et les commentaires allaient bon train à travers toute l'Algérie. Au même moment, des manifestations eurent lieu à Tindouf où les séquestrés sahraouis ont créé un «Comité pour le Changement et la Réforme» réclamant la levée du blocus, la liberté de mouvement et de retour au Maroc pour ceux qui le désirent. La répression algérienne ne s'était pas fait attendre et les arrestations étaient nombreuses, tant dans les camps de Tindouf que dans la ville de Colomb Bechar. En moins d'une semaine, les tribunaux algériens avaient déjà prononcé des condamnations. La nouvelle génération d'intellectuels et jeunes responsables algériens, libérée du carcan d'un passé révolu, raisonne avec un esprit maghrébin clair et aux horizons lointains. Cette génération a une autre conception des liens intermaghrébins. Elle choisit le compromis à la place de la compromission, la réflexion au lieu du réflexe. Elle relègue le souci sécuritaire loin derrière la conception du développement et de l'unité maghrébine. Elle est assez lucide pour constater que de tout le monde arabo islamique, seule Alger soutient et alimente le mythe polisarien. Elle est à même de comprendre que le temps est aux grands ensembles régionaux. La dispersion n'assure aucun avenir dans le cadre d'une mondialisation qui n'admet pas les calculs malveillants et vipérins. D'un autre côté, on relève aisément que même au sein de la classe politique algérienne, l'unité au sujet du Sahara marocain n'a jamais été de mise le long de toute cette période (1976-2006). Force est d'enregistrer que les multiples gouvernements algériens, du début de la crise à nos jours, n'ont jamais obtenu un consensus en leur sein à propos de ce problème. Des voix algériennes se sont toujours élevées contre cette mascarade. Aujourd'hui, ces voix se font entendre sans détour. Les temps ont beaucoup changé ainsi que les mentalités et les vues sociopolitiques et économiques. En Droit comme en politique, les actes et les jugements sont appréciés selon la qualité et la pertinence de leurs auteurs/précurseurs. Ce vent de vérité a soulevé une tempête au sein du gouvernement d'Alger qui se trouve confronté à son peuple. La vérité ne saurait rester longtemps tue. Je limite, ici, la liste des témoignages et citations probes que j'ai pu relever dans les livres, les documents et les centres d'archives tant au Maroc qu'à l'étranger. La plate forme de leurs auteurs est assez constitutive pour convaincre Je me permets toutefois d'ajouter deux citations, celle du leader marocain, feu Allal el Fassi, qui a dit que «le Sahara est aussi marocain que l'air que nous respirons» et celle du Cheikh Mohamed Laghdef Al Galgami, éminence sahraouie, 'Le Maroc est au Sahara ce que les paupières sont aux yeux'. Ne pas tenir compte de la profondeur de ces deux locutions serait effacer bien des siècles d'influence qu'a eue la civilisation arabo-imazighen sur l'ensemble du Sahara. Ignorer cette portée marocaine, c'est se condamner à ignorer la réalité maroco saharienne. Il existe plus de 350 dahirs sultaniens de nomination de caïds et de cadis au Sahara marocain, sous la dynastie alaouite. Sous les Saâdiens (1517-1669), sont répertoriés 243 dahirs de nomination d'autorités au Sahara. Il faut y ajouter les innombrables échanges de correspondances entre les tribus sahraouies et les sultans. Quelques uns de ces documents sont reproduits ici. Texte de la bayâ du président du parlement sahraoui, L'haj Saïd Ould Joummani, devant le roi Hassan II, en date du 27 novembre 1975 S.M. Hassan II recevant la bayâ du président du parlement sahraoui. Instructions données par le Khalifa du sultan du Maroc à Tétuan, le 1er décembre 1937, aux autorités d'Ifni, du Sahara et d'Ouad Dahab, pour le respect des décisions du résident général espagnol à Tétuan datées du 30 novembre 1937. Exemple de dahirs du khalifa du sultan à Tétuan désignant les responsables marocains aux provinces sahariennes (et sa traduction en français). Lettre de S.M. Sidi Mohamed ben Abdellah, du 30 mai 1767, signifiant au roi Carlos III d'Espagne de ne pouvoir donner satisfaction à sa requête de lui céder une portion de la côte marocaine saharienne pour l'installation d'une pêcherie espagnole. Ce sont là quelques correspondances et dahirs sultaniens de nominations d'autorités et de responsables à la tête des tribus de Sakia el Hamra et à Ouad Dahab. Solution unilatérale. L'autonomie interne et le Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes (CORCAS) « Partant de l'expérience du conseil, dans sa première configuration, nous avons décidé d'imprimer la dynamique nécessaire à votre assemblée, dans sa nouvelle composition. Par les compétences que nous lui avons confiées et la place privilégiée que nous lui avons réservée, il pourra contribuer, aux côtés des pouvoirs publics et des instances élues, à défendre la marocanité du Sahara et se faire l'écho des aspirations légitimes de nos chers citoyens. » Extrait du discours de SM Mohamed VI adressé aux membres du CORCAS. L'autonomie, annoncée par S.M. le roi le 25 mars 2006, n'est ni une utopie ni un acte pris à la légère. Elle n'est pas inspirée par un coup de hasard ou une obstination à miser le tout pour le tout. Elle est décidée après maintes réflexions, à la suite d'une patente étude tant en aval qu'en amont. Elle doit être comprise comme la mise en oeuvre de moyens adéquats pour sa réalisation, avec l'application de mesures précises et méthodiques qui en assureront la réussite et l'avenir. Ces mesures sont à prendre sur le terrain même et à l'étranger. L'opinion nationale et internationale doit être convaincue de la justesse de cette solution prise en charge par le peuple marocain lui-même. Celui-ci s'exprime dans un large consensus sur la marocanité du Sahara en même temps qu'il est convaincu de la dimension stabilisatrice de la monarchie au Maroc. Il est las d'attendre la solution miracle qui ne n'apparaît pas. Il est difficile de faire la paix quand la volonté et la bonne foi ne sont affichées que d'un seul côté. Les gens d'Alger et ceux du POLISARIO ont peur de cette paix, ont peur de perdre les avantages qu'ils ont accumulés depuis les trente années de ce conflit. En 1988, S.M. Hassan II annonçait le projet de régionalisation au Maroc. C'était un message au POLISARIO, l'apprêtant à penser à une autonomie interne. C'était juste après que l'armée algérienne eût intervenu pour mater une révolte dans les rangs du POLISARIO et dans les camps des séquestrés. C'est alors que Mohamed Abdelaziz, encouragé par quelques amis restés au Maroc, tentait de contacter le Palais. Le projet fut avorté par Alger qui en eut vent et par quelques responsables marocains. C'est la participation de toutes les bonnes volontés, à l'intérieur du pays et à l'extérieur, comme au sein du POLISARIO, que réclame le roi Mohamed VI pour la réalisation, aujourd'hui, de cet objectif. Ainsi les séquestrés retourneront à la maison, les polisariens reviendront à la raison, les frontières ne seront plus que symboliques et les peuples maghrébins retrouveront l'unité et la stabilité souhaitées en 1958. La conjoncture mondiale de 1973, qui a vu la naissance du POLISARIO, n'est plus celle du début du 3ème millénaire qui appelle à la réflexion et à la clairvoyance. Les relations internationales se développent sur des bases nouvelles. Les mentalités ont partout évolué. L'économie mondiale a pris un tournant cardinal. Les peuples aspirent désormais à la paix et à la démocratie. Les chefs africains ne sont plus les mêmes. La situation au Maroc et en Algérie est modifiée. La jeunesse des deux pays conçoit son avenir autrement et elle est prête à prendre la relève. Les Maghrébins attendent désespérément la naissance de UMA. Ils ont saisi l'importance que revêt la construction d'ensembles régionaux, dont l'exemple nous vient de l'Europe toute proche, alors que l'UMA a dépassé sa période de gestation. Les derniers événements qu'a vécus le Maghreb peuvent nous orienter sur ce qui est jugé être une solution appropriée qui apaisera la tempête et mettra fin aux suspicions. C'est la seule solution que Rabat propose. La RASD n'a plus que deux choix: le retour au pays avec une autonomie interne, ou la vie languissante dans les camps de Tindouf où les Sahraouis n'ont pas d'avenir. L'autonomie dans le cadre marocain est une réalité. L'indépendance dont rêve Alger est un leurre. L'ONU a opté pour une solution politique négociée et, auparavant, M. Kofi Annan avait cautionnait la vision d'une autonomie interne. La main reste tendue à M. Bouteflika pour peu qu'il s'inspire des leçons passées et qu'il s'adapte à la réalité d'une une perspective d'avenir. Cette voie lui offre une sortie honorable, sans vainqueur ni vaincu. Rabat a repris l'initiative de régler définitivement le problème par l'application d'une autonomie. Les visites que les rois effectuaient au Sahara depuis 1976, notamment celle de mars 2006, démontrent à chaque fois l'attachement des populations à leur marocanité. Devenu du ressort du seul peuple marocain, ce problème sera résolu par les Marocains, ceux du Nord comme ceux du Sud, qui défendent l'intégrité territoriale. L'autonomie est un concept structurel des temps modernes. Il figure dans la constitution nationale aux articles 100, 101 et 102. C'est dans la douleur que le Maroc a toujours réalisé ses plus grands espoirs. L'accumulation des chocs a le mérite, au sein du peuple marocain, de susciter les réveils de sa conscience collective. Il aime les défis et celui-ci en est un, et de taille, c'est à dire choisir lui-même la solution qui lui convient. L'histoire abonde d'exemples qui attestent que les Marocains ne sont pas fatalistes. S'ils acceptent le compromis, ils refusent la compromission. Ils sont sortis victorieux de situations plus atterrantes. Ils avaient bravé bien des contingences: c'étaient les Romains, les Vandales, la menace Ottomane, la bataille des trois rois, la double colonisation franco espagnole, l'émiettement du territoire, l'exil du roi, la Marche verte, l'ambition d'Alger, l'essor du Sahara malgré un conflit permanent et la mise sous tension par un état de ni guerre ni paix. L'autonomie proche de la réalité historique et politique, tenant compte de la spécificité maroco saharienne et conforme à la légitimité internationale. Aussi faut-il savoir comment susciter les intérêts des uns et des autres pour engager la négociation avec l'élément le plus concerné. L'Algérie? Le POLISARIO? Les deux à la fois? Le problème traîne devant l'ONU depuis 1956, le Roi n'a cessé de réclamer le retour du Sahara et de Sidi Ifni à la mère patrie, soit par dialogue direct avec Madrid, soit par l'intervention de l'ONU. Le 16 avril 1958, le Maroc récupéra la province saharienne de Tarfaya, située au Nord du Sahara, suite à l'accord maroco espagnol du 1er avril 1958 signé à Cintra. En 1964 l'Espagne préparait le Sahara pour y appliquer l'administration et la législation espagnoles. Rabat présenta une motion demandant à l'ONU d'agir auprès de Madrid pour une solution au Sahara. L'ONU a prié l'Espagne «de négocier et apurer ce problème de colonisation en permettant au Maroc de parachever son indépendance». Le général Franco ne répondit pas. En janvier 1969 le Maroc reprit l'enclave espagnole d'Ifni. En 1976, suite à la marche verte et à l'accord de Madrid avec l'aval de l'ONU, le Maroc finit par recouvrer son Sahara occidental. L'OUA et l'ONU prirent l'affaire en main dès 1976. L'OUA se retira, laissant la besogne à l'ONU. Malgré bien des démarches, celle-ci n'est pas parvenue à trouver d'issue. Les quatre solutions proposées ont été avortées par Alger. Des cadres onusiens et autres tiers certifient que les Algériens sont les plus indociles des parties en conflit. Les S.G. de l'ONU et des responsables de la MINURSO ont publiquement reconnu l'implication directe de l'Algérie dans ces échecs. L'ultime tentative a été celle soutenue par M. Erik Jensen, ancien représentant du S.G. de l'ONU au Sahara. Il a réuni, à Madrid, les 3 et 4 juin 2005, toute une pléiade d'anciens hauts cadres de l'ONU et d'anciens de la MINURSO, dont M. Dunbar, pour trouver la solution appropriée. Etaient présents M. Barnabé Lopez, coordinateur des Etudes Méditerranéennes, M. Mario Giro, chargé des relations internationales de la communauté de St. Egidio, M. Miguel Angel Aguilar, président de l'association des journalistes européens, M. Abdellah Sâaf, professeur à l'université Mohamed V à Rabat et ancien ministre, M. Ben Omar, président du Collectif Sahara Maghreb, M. Haizam Fernandez, chercheur à l'Institut Royal Elcano de Madrid. Après une appréhension de la situation et après l'actualisation des diagnostiques du conflit, au regard des évolutions dans le monde et dans la région, toute l'assistance était d'accord pour une d'autonomie dans le cadre de l'intégrité territoriale du Maroc. Afin que cette offre trouve une oreille attentive chez les uns et les autres, les participants ont convenu de constituer un groupe international de travail pour convaincre la partie récalcitrante. Cette cellule, soutenue par les grandes puissances, doit promouvoir le dialogue entre les parties prenantes. M. Erik Jensen a ajouté que «le Maroc a fait des avancées démocratiques appréciables et entame sa politique de régionalisation et de développement socio-économique qui encouragent le choix de l'autonomie sous la souveraineté marocaine». Si le Maroc et d'autres pays, en particulier l'Angleterre, l'Espagne, les USA et la France, ont approuvé cette initiative, Alger est restée indifférente et, attitude étrange, n'a fait aucun commentaire. En janvier 2006, huit mois après cette réunion, Alger installa son POLISARIO à Tifariti, zone marocaine laissée comme «no mans land» lors de l'accord du cessez le feu du 6 septembre 1991. C'est une zone démilitarisée dépendant de la province marocaine de Smara, située entre trois frontières, algérienne, mauritanienne et marocaine. N'est-ce pas enfoncer l'écoinçon dans une zone à l'intérieur du Sahara marocain? Comble de l'indécence, Alger y organisa le congrès annuel du POLISARIO. Qu'attend l'Algérie de cette double provocation? En octobre 2005, les émigrés clandestins qui venaient du Sud algérien et qui passaient au Maroc, ont déclaré que beaucoup parmi eux ont travaillé à Tifariti pendant des mois pour le creusement de tranchées et le nivellement du terrain. C'est donc une opération préparée d'avance par Alger et non une décision de dernière heure. Rabat a vivement protesté auprès de l'ONU. M. Kofi Annan a demandé au POLISARIO de revenir à la situation ante bellum sur le terrain. Comme d'habitude, Alger et sa progéniture ne répondent pas. Cet état de fait vise à mettre le Maroc devant le fait accompli, faisant de cette région un prétendu espace libéré par le POLISARIO pour y transférer son staff. C'est une dangereuse agression et une violation des accords de cessez le feu conclus entre les deux parties sous l'égide de l'ONU. Ceci inquiète les Marocains et les pousse à ne plus attendre et prendre l'initiative pour la solution qu'ils jugent nécessaire. A cet impair, insolent et insolite, s'oppose un événement récent. Le mois de janvier 2006 a vu la naissance d'un mouvement de cadres polisariens dissidents, opposé à la politique du pouvoir éternel de Abdelaziz (27 ans). Ayant constaté l'absence de solution et le manque de sérieux de leurs dirigeants, ils préconisent, par la bouche de leur porte parole, M. Essalek El Mahjoub, des contactes directs avec Rabat en vue de l'autonomie. Ils ont attendu pendant trente ans une solution impossible. C'est un coup dur pour le POLISARIO et un nouveau choc qui traduit les divergences en son sein, brouilles qui ne cessent de prendre une ampleur qui atteindra, dans un proche avenir, le point de non retour. Les instances internationales et les Etats volontiers qui intercèdent pour une solution juste doivent aussitôt saisir la balle au bond et appuyer l'initiative de ces polisariens unionistes, issue que tout le monde encense, que le Maroc propose et que seule Alger refuse. La réalisation de l'UMA ne peut rester victime de la politique d'Alger alors qu'il y a des hommes de bonne volonté même au sein du POLISARIO et en Algérie. Ce fait nouveau, ajouté à d'autres, dévoile que les gens d'Abdelaziz ne sont pas les seuls à arguer un pouvoir de décision sur l'avenir du Sahara. Leur position minoritaire ne leur permet pas de parler au nom de tous les Sahraouis. Ils représentent moins de 105% de la population sahraouie unioniste vivant à travers les régions du pays. Les Sahraouis, qui vivent leur marocanité en toute quiétude et participation, sont de loin plus nombreux que les polisariens et sont plus concernés et plus actifs sur le terrain. Ils sont plus versés dans l'histoire maroco saharienne et plus conscients de leur marocanité. Ils ont leur mot à dire. Ceux qui insistent à imposer un référendum d'autodétermination pour un soit disant peuple sahraoui, évitent d'évoquer les lois internationales qui fixent des règles aux différents modes de scrutin, à commencer par l'autodéfinition. Celle-ci doit répondre aux exigences anthropologiques, historiques, juridiques et politiques des Sahraouis. Qui sont ces populations, d'où viennent-elles, quelles sont leurs agnations et leurs lignées, forment-elles une identité ethnique et sociale à part, isolée de celles de l'ensemble marocain, ont-elles des corrélations généalogiques avec le Nord du Maroc? Le chapitre IV répond à ces questions. L'auto détermination, selon le droit international, est légitime pour une communauté aux origines définies comme minorité. Or, les Sahraouis ne forment pas une minorité. Il faut considérer d'autres légitimités tel l'intégrité territoriale, l'anthropologie et la sociologie, l'histoire et sa mémoire, l'unité de civilisation et de culture, les liens ethniques et les traditions politiques. Pour le Sahara, la bayâ met un terme à toutes ces considérations. L'intégrité territoriale et les lois internationales qui la protègent et que réclame le Maroc sont des principes fondamentaux de l'ordre mondial. La guerre froide est terminée depuis longtemps et le communisme a battu en retraite, mais les Algéro polisariens restent crispés à des chimères marxistes léninistes et gardent les mêmes structures. Le Maroc ne peut, dans ce cas, compter sur un changement de politique d'Alger. Le POLISARIO n'a pas la capacité de réflexion, comme l'IRA qui a déposé les armes et négocié son statut de mouvement politique avec Londres, ni comme l'ETA qui a trouvé avec Madrid un terrain d'entente sur le plan politique. A l'instar de ces deux groupes le POLISARIO doit savoir que dans le cadre de l'autonomie, il réalisera son aspiration de s'autogérer dans un ensemble étatique, le Maroc, cohérant et rassurant. Les déclarations déplacées des chefs algériens sont déroutantes et versatiles. Le Maroc, l'ONU et les corps de bonne volonté qui intercèdent entre les deux parties pour trouver une solution, ne savent plus quelle attitude prendre face à ces retournements de la posture algérienne. Qu'Alger persiste dans ses tromperies, c'est son choix. Cependant, le statu quo ne peut s'éterniser. La solution tarde à paraître et la situation peut empirer car les lendemains ne sont pas rassurants. Le nouveau représentant de l'ONU au Sahara, M. Walsum, a reconnu que «trente années n'ont pas permis de trouver une solution. Ce n'est donc pas l'année 2006 qui en verra le bout». Les Marocains ne peuvent attendre que M. Bouteflika daigne se réveiller et voir un monde en mutation perpétuelle, un monde qui ne laisse plus de place aux errements, aux indécisions et encore moins aux mensonges et à la surenchère. Trente ans après avoir retrouvé son Sahara et l'avoir développé au point de créer des jalousies chez nos voisins, les Marocains ne peuvent accepter une solution autre que celle de garder et de protéger les terres de leurs Aïeux. Ils jugent qu'ils ne reste plus que la voie unilatérale qui s'impose d'elle-même: «Nous y sommes à jamais et personne ne peut nous obliger à plier l'échine». Cette voie a réussi dans bien des cas similaires quand elle est montée sur des bases solides. Or ces atouts ne manquent pas au Maroc. Etudions quelques données sur les plans juridique, historique et sociopolitique: -Le 16 octobre 1975 la Cour de La Haye a reconnu que le Sahara n'était pas une terre sans maître et qu'il avait des liens d'allégeance avec le Maroc. C'est un arrêt qui fait force de loi à l'échelle internationale. Des négociations à engager ou des décisions à prendre ne peuvent être recevables sans qu'elles n'aient des assises juridiques solides. Le Maroc a le droit de son côté. -Lors de la présence française au Maghreb, des régions entières de l'Est marocain ont été arrachées au Maroc par le colonialisme Français d'Algérie pour les rattacher à celle-ci. Alger les a unilatéralement annexées. A-t-elle organisé un référendum demandant l'avis des populations de ces contrées, marocaines depuis des siècles? Pourtant le Maroc est en droit de les réclamer. Pour ne pas envenimer la situation et gêner une Algérie au lendemain de sa frêle indépendance, Rabat a jugé qu'il était sage, dans le cadre de l'UMA, que les problèmes de frontières soient passés au second plan. Les soulever à cette époque nuirait à la construction du Maghreb. -Le plébiscite peut être réalisé sous deux formes, selon le droit international: Référendum au suffrage universel où la population s'exprime directement par les urnes, ou référendum par la voie du parlement qui représente la population. Les cadres fondateurs du POLISARIO ayant regagné le Maroc Mohamed Ali El Admi (alias Omar El hadrami) Ma el Aïnine M'rabbih Rabbou Nor Eddine Bilali Bachir D'Khil Brahim Hakim Boh El Barazani Bolahi Khalifa Gajmoula Bent Abbey Kalthoum el Khayat Sidati el Ghallaoui Errabbani Abdelkader Eddahi el Gay Lâbadila Semalali Bayda L'houcine Mohamed Ahmed Ould M'birek Daïfallah Yahdih. Yzerguyenne Mahjoub Ould Mohamed Salem Ould Rahha Sidi Brahim Ould Brahim Ould Mohamed Mohamed Cheikh Ould Mohamed Lamine Boussallah Mohamed Ahmed Ben Omar Ould M'Birek Ceux-ci ont compris qu'ils n'étaient que des acteurs que dirige, de main de maître, le réalisateur et metteur en scène algérien dont le seul but de réussir sa pièce théâtrale. Le POLISARIO saura-t-il qu'il ne peut plus convaincre et encore moins leurrer qui que ce soit? Il doit secouer sa léthargie et constater que le monde a changé, que le monde n'est plus pour, mais contre tout émiettement de territoire et contre tout Etat lilliputien. Il remarquera que le temps où prévalaient certaines doctrines de plagiat est révolu. Il saura alors que sa place est au milieu des siens, sur la terre de ses ancêtres, le Maroc. Il saura que son pays est clément et que le Marocain a toujours pardonné à ses enfants égarés. Il saura qu'il vivra dans un Etat de droit où la démocratie hisse le pays au niveau des nations émancipées. Il saura que c'est dans cette ambiance qu'il aura à s'épanouir et à participer au développement de la région et du pays. Le Maroc défie Alger d'abattre les barrières et d'enlever le blocus qui empêchent les séquestrés de Tindouf de se déplacer librement. Elle constatera qu'aucun Sahraoui ne restera dans les camps et que tous rejoindront leurs foyers au Maroc. Car les échanges de visites de familles des deux côtés de la frontière, dont s'était chargé le HCR, ont permis aux uns et aux autres de constater comment vivotent les séquestrés de Tindouf et comment s'épanouissent leurs cousins au Sahara marocain. Ces derniers jouissent de leur pleine liberté dans un Sahara qui a atteint des progrès qu'on n'imaginait guère en 1976. Ceux qui ont visité les camps de Tindouf sont revenus écoeurés par la situation qu'ils ont découverte et assurent «qu'il n'y a aucune comparaison entre la vie paisible que nous menons ici et les souffrances qu'endurent ceux des camps de Tindouf». Ces échanges de visites sont une initiative intelligente qui permet aux uns et aux autres d'apprécier les deux manières de vivre d'un côté et de l'autre. Les Marocains et les Algériens connaissent le proverbe maghrébin qui dit que «personne ne fuit la fête». Les séquestrés de Tindouf sont-ils en fête? Si Alger est sûre de ce qu'elle avance, qu'elle accepte cette gageure et le monde jugera.? Même «France Liberté» de Mme Mitterrand, qui était leurrée et qui croyait défendre la cause polisarienne, a compris la tromperie, s'est retirée de la partie et reconnaît son erreur. Ces cloîtrés dans les camps à la Hamada ne sont pas des réfugiés comme le veut Alger, mais des Marocains qui ont été enlevés par le POLISARIO et transportés par véhicules militaires algériens, entre 1974 et 1976. Alger s'en sert comme paravent de ce qu'elle appelle «peuple sahraoui». Le 5 octobre 2005, le HCR a fourni à l'ONU un rapport sur ce qu'il a appelé «les séquestrés de Tindouf». Il reconnaît ici que ce sont des cloîtrés et non des réfugiés. Le texte mentionne le nombre de fois que le HCR a demandé à Alger de l'autoriser à recenser les habitants de ces camps et qu'Alger n'a jamais répondu aux requêtes, se contentant de lui fournir un chiffre, qui n'est jamais le même selon les périodes, variant de plus de 50% entre deux dates très proches. D'autres organismes, internationaux ou régionaux ainsi que des ONG, n'ont jamais été autorisés à connaître le nombre exact desdits cloîtrés. Ce dernier rapport du HCR dément, d'une manière catégorique, les allégations d'Alger et la met aux pieds du mur, elle qui, plus d'une fois, a répondu que le HCR détient le chiffre exact. L'histoire et le juridique, le culturel et l'élément ethnique, les témoignages, les attestations diplomatiques et les actes internationaux confèrent le droit au Maroc d'être chez lui au Sahara. Il n'a fait qu'unifier ses terres. L'épisode colonial n'a pu entamer l'esprit de la bayâ que les Sahraouis présentaient aux sultans, toute dynastie confondue. Plus ce conflit traîne, plus Alger durcit sa position et refuse la logique de la paix et de la construction du Maghreb. Le masque des présidents algériens est tombé et le Maroc ne doit pas attendre beaucoup de Bouteflika. Alger n'a pas su, ou n'a pas voulu, saisir toutes les opportunités qui se sont présentées pour régler définitivement ce litige. Le Marocain élaborera lui-même sa solution, à la marocaine, en lançant des signaux forts pour qu'elle soit crédible et appuyée par tous. La tâche est importante, lourde et demande de la persévérance et du patriotisme. Les chantiers qu'elle implique sont divers et imminents et certaines visibilités doivent être renforcées. Dans son rapport du 24 avril 2001, le S.G. de l'ONU s'est dit convaincu «que l'on est maintenant mieux à même de déterminer si le gouvernement marocain est disposé à offrir à tous les habitants et anciens habitants du territoire ou à appuyer un transfert de responsabilités dans certains domaines, qui soit authentique, important et conforme aux normes internationales». Le Conseil Royal Consultatif pour les Affaires du Sahara vient à point nommé pour planifier le problème et le résoudre. Le Maroc exerce, en toute légalité internationale et dans le respect du droit, l'autorité sur l'ensemble de ses territoires dont il peut disposer et organiser selon les conjonctures, à la recherche d'un mieux être pour ses populations. Le référendum est dans les oubliettes. Les discussions directes pour une solution politique sont refusées et par Alger et par la RASD et donnent déjà des signes précurseurs d'enfant mort-né. Que reste-il alors à l'ONU comme autre proposition à faire? Le S.G. de l'ONU arrivera-t-il à imposer des négociations algéro marocaines? Le Maghreb va-t-il continuer à subir cet état ambigu? Pourquoi le gouvernement espagnol a-t-il attendu 30 ans pour dévoiler une partie de la vérité quand son Ministre des affaires étrangères, M. Moratinos, a déclaré devant le Sénat espagnol, le 8 avril 2006, que «la proclamation unilatérale de la RASD, appuyée par Alger, est contre le principe de l'autodétermination, donc contre les règles du droit international». Qui mieux qu'un haut responsable espagnol peut connaître le fonds dudit problème, dominer l'histoire maroco saharienne et savoir les tenants et les aboutissants du conflit? Pourquoi la RASD, autoproclamée en 1976, exige-t-elle aujourd'hui l'application d'un référendum alors qu'il n'en a pas tenu compte il y a trente ans et n'a pas attendu l'arrêt des urnes pour s'ériger en république? A toutes ces questions, S.M. Mohamed VI a répondu clairement, le 25 mars 2006 dans son discours à Lâyoun, quand il a donné des détails sur la manière dont il avance l'autonomie interne au Sahara, dans le cadre de la politique nationale de régionalisation. Il a assuré que «le Maroc ne cédera pas un seul grain de sable de son territoire». C'est un discours qui tranche et qui interprète la pensée de tout un peuple, discours prononcé par Celui qui a la latitude d'en suivre le processus et le pouvoir d'en assurer le succès. La composition par le souverain d'un Conseil Royal Consultatif pour les Affaires du Sahara (le CORCAS) enlève toute ambiguïté et rassure le peuple. L'approche du roi a une double vocation; socioculturelle et politico-économique. Elle vise autant le règlement du conflit que le développement de la région par ses propres habitants. La mission cardinale du CORCAS est de réconcilier la réalité sur le terrain avec la légalité internationale. La présidence dudit Conseil est assurée par un Sahraoui de haut niveau, M. Khali Hanna Ould Errachid, dont la compétence a déjà fait ses preuves. C'est un universitaire doublé d'un homme d'expérience. Depuis qu'il a rejoint le Maroc, le 18 juin 1975, il a toujours travaillé pour un Sahara marocain. Sa nomination n'est pas fortuite. Il est l'un des premiers Sahraouis à avoir rejoint le Maroc en 1975 pour défendre la thèse marocaine. Pragmatisme, il a aiguisé ses fers sur les pierres d'achoppement des problèmes sahariens depuis son jeune âge. Il a l'oreille de la plupart des Sahraouis comme il a toujours été à leur écoute. Il pourra être entendu par un grand nombre de polisariens. Il a la faculté morale et les arguments historiques pour les convaincre, les rassurer et les ramener à la raison. Si le choix du président est une sagesse royale accomplie, la composition des membres du Conseil remplit toutes les conditions nécessaires à sa réussite. Ses 141 membres représentent toutes les strates de la pyramide sociopolitique sahraouie. Leur structure, où figurent en premier lieu les chefs de tribus, gardiens du patrimoine et des us, respecte autant les traditions du bédouin que sa culture tribale. Cette ordre coutumier se projette en même temps sur la société moderne avec ses élus locaux et politisés, dans les municipalités, les chambres régionales, le parlement, la société civile, les ONG, dont celle des Droits de l'Homme. La jeunesse y figure avec tout son poids ainsi que la femme qui a toujours rempli un rôle premier dans la société bédouine. La jeunesse et la femme sont le miroir de cette élite émergeante, pleine de verve et au regard pointé sur de larges perspectives. Elles insuffleront à la région une dynamique inédite. Ces différentes composantes feront la richesse dudit forum et la variété des facettes sous lesquelles paraîtront les sujets à débattre, permettant aux Sahraouis de mettre en valeur leurs compétences au service de la région. La formation dudit Conseil s'est faite sur des bases réalistes et légitimes, harmonieuses et équilibrées: -Le président est plusieurs fois député. Il était ministre au gouvernement marocain pendant plusieurs années. Ce n'est donc point l'expérience qui lui manquera. -Les chefs des tribus sont les traditionnels représentants de leurs lignées tribales et ont toujours parlé et agi en leur nom et dans leur intérêt. -D'aucuns membres sont des élus aux municipalités, aux communes, aux chambres régionales et aux instances parlementaires nationales. -Les séquestrés de Tindouf sont personnifiés dans ceux qui sont parvenus à fuir les camps de Tindouf pour rejoindre les leurs au Maroc. -Même les unionistes, qui commencent à se faire voir au sein du POLISARIO, sont représentés par ceux qui ont fait défection pour revenir au pays Ils sont tous déjà élus par la population sahraouie dans d'autres instances pour l'incarner, agir en son nom et dans son intérêt. Le CORCAS n'est pas un parlement régional, mais un ensemble de Conseillers de Sa Majesté, chargés d'élaborer les bases et le statut de l'autonomie. Pour une fois, le Sahraoui se sent impliqué dans ses propres affaires et concerné par la solution à adopter. Cette décision royale le responsabilisera et épongera tous les problèmes psychologiques que certaines postures de naguère avaient fait naître chez les populations, autant au Sud qu'au Nord du pays. C'est un Maroc nouveau et une situation nouvelle, avec des démarches d'ouverture sur d'heureuses perspectives qui jetteront les ponts, politiques et psychologiques, entre tous les voisins. Ce forum aura une portée factuelle sur un grand nombre de jeunes séparatistes à Tindouf ou ailleurs. C'est de cette manière que leurs cours seront gagnés et gagnés avec eux la confiance réciproque et le pari sur l'avenir. Sans confiance et sans amour, il n'y a point de réciprocité. Si le CORCAS arrive à gagner cette mise, la solution de l'autonomie sera construite sur des bases qui ne prêteront plus à confusion. Le Conseil ne peut réussir des contacts positifs avec les séparatistes que lorsque ceux-ci se seront émancipés du diktat d'Alger. Ils auront donc un support moral qui les amènera à méditer sur leur sort et à penser à leur véritable lendemain. Dans le cas contraire, le POLISARIO implosera, car les unionistes en son sein ne sont pas rares et n'hésitent plus à se manifester au grand jour. Plusieurs de ses cadres, désabusés par trente années de faux espoirs, n'attendent qu'une petite lueur pour prendre confiance en un organisme (le CORCAS) aux assises franches. C'est une institution qui vise à protéger la dignité du Sahraoui et à défendre ses droits, droits à s'autogérer, droits à choisir, à s'exprimer et à s'émanciper. Celui-ci se prendra alors lui même en charge et contribuera à faire progresser sa région. Les structures, tant matérielles sur le terrain que morales sur le plan humain, sont efficientes. Pour réussir cette performance, le Conseil doit savoir comment maintenir l'équilibre entre un passé traditionnel, auquel tient une grande partie de la population, et un présent aux options modernes auquel aspirent les jeunes qui sont formés dans les facultés et grandes écoles marocaines. Cette action réconciliera les Sahraouis avec leur marocanité en les amenant à se cristalliser autour de leur citoyenneté. Le Conseil sera chargé du suivi des événements et des réalisations au Sahara. Il est composé de cadres sérieux et connaisseurs de la région, conscients de leur mission et de leurs possibilités. Ici, la jeunesse est ambitieuse et désireuse de progresser. Ils auront pris confiance en eux et en leur pays qui leur aura accordé les moyens de réussir leur intégration. La mission du CORCAS est complétée par l'action de l'Agence de Développent des Provinces Sahariennes déjà à pied d'ouvre. Les deux pôles doivent créer une cellule de réflexion qui élaborera des études spécifiques et présenter des projets hautement réfléchis. Le CORCAS est un message multiple, lancé au POLISARIO pour fouetter sa torpeur, à Alger pour réveiller sa conscience, aux leaders maghrébins pour leur montrer notre bonne foi à vouloir sortir la région de ce guêpier et s'orienter vers des horizons prometteurs, aux organismes internationaux, dont l'ONU, pour leur dire que le peuple marocain a trop attendu et qu'on ne peut continuer à abuser de sa patience. Plusieurs types d'autonomie peuvent être étudiés. Les modèles ne manquent pas et le choix doit obéir aux institutions, à l'histoire et aux traditions propres à chaque Etat considéré. -C'est l'Espagne avec ses Iles Canaries, ses Basques, son Andalousie, ses Catalans. -C'est la France avec sa Corse et ses DOM-TOM. -C'est la Suisse et ses cantons. -C'est la Belgique avec ses Flamands et ses Wallons. -C'est l'Allemagne et ses Länder. -C'est le Nigeria, Etat fédéral, avec ses multiples institutions régionales. -C'est le Mexique avec ses 29 Etats, ses deux régions autonomes et son district fédéral. Le Maroc choisira la formule qui convient à son mode de pensée, à sa constitution, à son histoire et sa politique. Le Royaume Uni, par le biais de son ambassadeur à Rabat, M. Antony Michael Layden, approuve la 3ème voie dans le cadre de la souveraineté chérifienne. Il conseille à la «partie algérienne de saisir cette opportunité de résoudre ce problème et de laisser les réfugiés de Tindouf rentrer en paix et sécurité à leur pays. Une bonne partie de cette population préfère rentrer au Maroc. Les 1.481prisonniers de guerre marocains à Tindouf doivent aussi être immédiatement relâchés, dans le cadre d'une solution humanitaire n'ayant aucun lien avec les négociations sur le Sahara. La troisième voie est une solution à laquelle toutes les parties doivent adhérer et qui se fera dans le cadre d'une autonomie élargie sous la souveraineté marocaine. Nous travaillons avec le Maroc dans ce sens, car c'est le Maroc qui est en mesure de déterminer les moyens à mettre en place pour accorder une autonomie sur ses territoires». Pour convaincre de la justesse de cette voie choisie, le Maroc doit procéder à des mesures aussi bien sur le terrain même que sur le plan international, des mesures autant hardies et laborieuses que prophylactiques et aux perspectives lointaines. La dynamique des travaux du Conseil Royal aura atteint son but quand seront adjointes à ses ouvres et actions quelques mesures d'accompagnement qui sont énumérées et analysées ci-dessous: -Eviter erreurs et malversations du passé commises par d'anciens gouvernants locaux et même par certains de la capitale: Ils ont fait du Sahraoui un citoyen assisté, l'habituant à la vie aux dépens de l'Etat. Ils ont avantagé quelques groupes tout en lésant d'autres, avec l'usage du favoritisme. Ils ont gaspillé les deniers de l'Etat dans des dépenses futiles et improductives. Ils affichaient une suffisance arrogante vis-à-vis de leurs administrés sans être à leur écoute. Ils s'enfermaient dans leurs vastes locaux alors que le Sahraoui, hospitalier de nature, est habitué, sans décorum et sans feinte, à la tente ouverte des deux côtés. Généreux et attentif à tout sentiment, le bédouin ignore la porte à ouvrir ou à fermer. Il est avide de contacts et de savoir. Il requiert une oreille attentionnée. L'ignorer, ne pas connaître son mode de vie, sa pensée, sa manière de voir et de concevoir les choses, c'est se condamner à ne pas le comprendre. On ne peut savoir comment l'administrer et le guider à une intégration totale où règnent la confiance et la convivialité, à vivre dans un ensemble national sans clivage entre les régions. La flatterie et les discours complaisants des gouvernants ne trompent plus. En 1991, il a été relevé que 10% des fonctionnaires de ces provinces y ont été mutés par mesure disciplinaire alors que pour ces régions, quelque peu délicates, il fallait choisir des cadres compétents, patriotes, ambitieux et sensibles à la cause nationale la plus importante. Pourquoi ne pas faire appel à ces jeunes Sahraouis qui ne demandent qu'à servir? Des Sahraouis, dont certains mineurs, ont été victimes de malversations, involontaires ou préméditées, de la part de responsables locaux. On ne peut répertorier ceux parmi eux qui auraient rejoint Tindouf, guidés par la rancoeur. Les premières années après la récupération du Sahara, plus d'un responsable, à Rabat et dans les provinces du Sud, ont fait preuve d'incompétences flagrantes. Ils ne dominaient pas la question et ne connaissaient pas le tissu social de la population. Ils ont voulu jouer la carte tribale, mais ils ont échoué là où avaient échoué Français et Espagnols avant eux. Ils n'ont pas compris qu'une union du territoire n'est conséquente que lorsqu'elle est basée sur la communion des populations, paramètre essentiel qu'ils ont négligé. Il est vrai que le Sahara a connu un rapide développement en infrastructures. Toutefois ce développement n'allait pas de pair avec l'édification de la culture et la vertu de la morale. Outre les gouvernants locaux, les dirigeants à Rabat n'ont pas su comment aborder ce problème dans son contexte réel en tenant compte de toutes ses dimensions. Plusieurs parmi eux ignoraient les événements produits pendant les deux décennies d'avant 1975. C'était une période complexe et difficile à saisir par le non initié. A titre d'exemple, certains étaient incapables de situer l'opération écouvillon de 1958 et encore moins d'en connaître les causes et les conséquences. D'autres confondaient les tribus et n'avaient que des notions primaires sur le peuplement et les origines des populations sahraouies. Ils avaient de vagues connaissances géographiques de la région. Ce qui ne leur permet pas de faire une analyse méthodique et bien fondée de la situation qu'ils avaient à gérer. Ils ont sous estimé les forces en présence et n'ont pas étudié profondément le POLISARIO, ses origines, sa raison d'être, sa composition et la stratégie algérienne. Ils n'ont pas non plus pensé à la situation économique que vivra l'Algérie de l'après pétrole (chapitre XV). Bien avant 1976, des erreurs ont été commises dans la province de Tarfaya, à peine libérée du joug espagnol en 1958, et ce sont ces erreurs qui sont à l'origine du problème actuel. -En 1961, Le siège de la province de Tarfaya fut déplacé de Tarfaya à Tan Tan, 260 km plus au Nord, alors que la population espéraient avancer plus au Sud et récupérer Saguya el Hamra et Ouad Dahab où vivaient les leurs sous le carcan espagnol. Au mois de mars, n'espérant plus rien d'une ALS qui a intégré les Forces Armées Royales en 1960, cette population a profité des vacances de Pâques, pour inciter ses enfants, de jeunes collégiens et lycéens de Tarfaya, de Tan Tan, de Goulimine et de Bouyzakarn et quelques étudiants de Rabat, en accord avec d'autres à Lâyoun, à manifester, drapeau marocain à la main. Ils réclamaient le retour du Sahara au Maroc, dans la continuité du retour de Tarfaya. A Lâyoun comme à Tarfaya, à Tan Tan comme à Goulimine, ces mineurs ont été arrêtés et malmenés. Un jeune officier des FAR (l'auteur de ce livre), encore peu initié aux problèmes sociopolitiques, avait intervenu officiellement pour leur libération, auprès des autorités provinciales et à Rabat. La plupart de ces jeunes étaient les fils de ses militaires sahraouis. Ces pères, tous issus de l'ALS, ont combattu la présence franco espagnole au Sahara. Certains ont participé à la victoire de Dcheira. D'autres portent les traces de leurs blessures de guerre. Vaine démarche. Quelques jeunes ont perdu l'année scolaire 60-61. -En 1968, ces adolescents ont manifesté pour le même but. Ils ont été, comme les premiers, arrêtés et emprisonnés pendant plusieurs mois. -Le 17 juin 1970, des manifestations anti espagnoles ont eu lieu à Lâyoun. La répression coloniale a fait plusieurs victimes parmi la population. Cette sonnette d'alarme en fait, ne fut pas considérée par Rabat comme un danger qui demande réflexion et décisions. Cette indifférence n'a pas empêché ces jeunes de reprendre l'étendard anti colonial. -En 1971, ces enfants, devenus étudiants et membres de l'UNEM, donc adultes et conscients de leurs actes, ont récidivé, toujours brandissant le drapeau national et des affiches pro marocaines. Ils formulaient les mêmes slogans qu'avant. «nous sommes tous des soldats de Hassa II» disaient les banderoles. Le même sort les attendait; arrestations et mauvais traitements. Tel qu'auparavant, les partis politiques sont restés à l'écart, comme désintéressés. -En 1972, les mêmes manifestants reprirent la même initiative et les mêmes démarches pour les mêmes causes. Ils furent de nouveau incarcérés et brutalisés. En l'espace de 11 ans, cinq importantes manifestations de jeunes Sahraouis, réclamant le retour du Sahara à la mère patrie, ont été mal gérées par les autorités et nous voilà en train d'en payer le prix fort, plusieurs décennies après. Les premiers manifestants comme les derniers voulaient, en toute âme et conscience, sensibiliser nos responsables aux différents projets que préparait Madrid pour rester au Sahara. Il était question de rattacher le Sahara et Sidi Ifni à l'administration espagnole. Ensuite, en 1971, ce fut l'intention de Madrid d'octroyer une autonomie interne aux Sahraouis dans le cadre d'une union avec l'Espagne. Il est reproché à ces manifestants de bonne foi, innocents et inexpérimentés, qui clamaient pourtant leur marocanité, le «crime» d'avoir tiré la sonnette d'alarme plus d'une fois pour avertir du danger que courait le Sahara. Malmenés et désabusés, injustement emprisonnés et privés d'études, touchés dans leur dignité et se voyant incompris devant des portes scellées, ils se sont trouvés face à une Libye qui les a pris en main et une Algérie qui les a hébergés endoctrinés pour en faire les premiers cadres du POLISARIO. La justesse de leur bonne foi est réhabilitée par le retour au pays de plusieurs d'entre eux dès qu'ils ont compris le leurre. C'est la conduite irresponsable des dirigeants de l'époque qui ont ainsi participé à la naissance du POLISARIO. Ces jeunes visaient l'intégration du Sahara au Maroc. Ils sont passés par différentes étapes avant d'aboutir au POLISARIO qui, à ses débuts, se présentait comme mouvement unioniste. Ce n'est que pendant son 2ème congrès en août 1974 que ses dirigeants, ne voyant rien venir de Rabat pour appuyer leurs revendications et, manipulés par Alger et Tripoli, prirent la décision de proclamer un Etat indépendant, la RASD, qui devient inféodé à l'Algérie. En 1967, fut créé, avec l'appui de Rabat, le Front de Libération du Sahara (FLS) qui fut abandonné peu après. En 1972, ce fut le tour d'Edouard Moha R'guibi de créer le Mouvement Révolutionnaire des Hommes Bleus (MOREHOB), unioniste. En 1973, aidé par l'Espagne, Khali Henna Ould Errachid, actuel président du CORCAS, mit sur pieds le Parti de l'Union National Sahraoui (PUNS) qui se rallia au Maroc en 1975. En 1975, a vu le jour à Agadir le Front de Libération et de l'Unité (FLU) pro marocain. Sa vie a duré le temps qu'a duré la marche verte. Nos gouvernants de l'époque ne se sentent-ils pas coupables du cadeau qu'ils ont offert à Alger pour l'aider à créer son POLISARIO? Ceux parmi eux qui sont encore en vie sentent-ils le poids de ces bavures leur peser sur la conscience? Il ne faut pas occulter le cumul d'erreurs commises auparavant, marquées par le manque d'initiatives et de civisme. Les responsables à Rabat avaient, eux aussi, leur part de mauvaise gouvernance. Il faut en tirer la leçon que la question revêt une crise durable que seul le Maroc peut résoudre en maîtrisant la situation sur les plans de la politique intérieure, de diplomatie et de développement humain qui doivent aller de pair avec une démocratie libérale en tenant compte du serment de la Marche Verte que tous les Marocains avaient juré de solenniser. -Accélérer et appliquer la régionalisation au Maroc selon la constitution nationale. La régionalisation, ou la décentralisation, n'est pas un fait nouveau pour le Maroc. C'est une notion ancienne qui avait cours depuis la dynastie almoravide. Seule la colonisation l'avait interrompue. Elle a été remise sur les rails dès les années 1970. Par le passé, les sultans avaient pratiqué un genre de décentralisation dans les régions éloignées, avec une liberté d'action accordée aux chefs locaux. Ceux-ci, nommés par dahirs sultaniens, étaient, en conséquence, des commis du makhzen et agissaient en son nom. Le fait de traiter directement avec les marchands étrangers, le fait de parlementer avec les pays voisins au sujet de problèmes communs et d'administrer librement leurs fiefs n'enlevaient rien aux liens juridiques qui les liaient au palais et ne lésaient, en aucune manière, la souveraineté chérifienne sur ces territoires. Compte tenu de la distance et des difficultés des communications et allant dans l'esprit de ce que nous appelons aujourd'hui 'la Politique de Décentralisation', ils avaient la latitude de conclure avec les étrangers des accords commerciaux ou politiques qui ne portaient pas préjudice à l'intégrité du territoire ni à l'autorité centrale. Ce pouvoir limité, délégué aux chefs locaux, se pratiquait tant au Nord qu'au Sud du pays. Les textes et les documents sont dans nos archives comme dans les archives étrangères, qui témoignent de ces diverses initiatives. Ils prenaient des décisions face à l'inattendu pour résoudre les problèmes de l'heure. Les gouverneurs sur la frontière à l'Est maintenaient des contacts avec les Turcs d'Algérie. Ceux du Sud, les Trarza, les Brakna et les Oulad Ellob, négociaient et commerçaient avec les pays de l'Afrique occidentale et avec les Européens de passage. Le pacha Jeddour de Tinbouktou traitait avec les rois soudanais toute question de confins. Il décidait des lois et fixait les prix pour les tractations commerciales endogènes ou exogènes. Le caïd Beirouk à Ouad Noun avait plus d'une fois conclu des accords avec des étrangers intéressés par le commerce dans la région. C'est ainsi qu'en 1834 il traita avec l'anglais Davidson un accord de commerce de produits anglais contre des matières premières de la région de Goulimine. Le pacha d'Essaouira, port qui était l'un des principaux centres de négoce avec l'Europe, agissait et négociait avec les passagers et les commerçants étrangers. Il contrôlait la gestion du port, fixait les taxes douanières et les frais de capitainerie. Il acceptait ou refusait une marchandise comme il acceptait ou refusait l'accès d'un étranger au territoire national ou d'un navire. Ils étaient tous assistés d'un conseil régional, «Aït Errabaïne» (voir ch. 10) La politique de régionalisation est partout aujourd'hui un sujet de grands débats dans tous les ordres du jour politiques et économiques, dans les forums et les études de réformes institutionnelles. De nos jours, la régionalisation est l'avenir du pays. Elle embrasse l'économie, le social, le politique que le culturel. Elle favorise la marche d'une gouvernance locale et une démocratie de proximité. Elle rapproche l'administration des populations et incite celles-ci à participer à la gestion de leurs régions respectives. En faisant de la région un relais pour les décisions prises par le pouvoir public, on réalise le rapprochement entre le sommet et la base de la pyramide nationale, tout en écartant le soupçon qui a hanté tant de sociétés à la veille de leur choix pour le système régional, c'est-à-dire la peur du danger pour l'unité du pays. Or, la régionalisation est un cadre approprié et un choix cardinal qui complète l'édifice institutionnel du pays. Ce sera une sollicitation juridique nouvelle où les élus régionaux auront à débattre ouvertement et démocratiquement des projets et des intérêts de la région d'abord et de la nation ensuite. La région, dans ses démarches et ses choix, se préoccupe de son développement rural, problème essentiel dans la vie marocaine. Elle aura à urbaniser sa campagne pour fixer sur place la population qui, ainsi, participera largement à la croissance rurale. D'autre part, intéresser la population à rester dans ses terres c'est aussi limiter l'exode vers les villes. Pour ce faire, le système de micro crédit doit être développé, suivi et adapté aux populations selon leurs spécificités et leurs activités traditionnelles qu'il faudra moderniser, tel le cas de l'élevage des dromadaires au Sahara, la culture de l'arganier et de l'olivier, etc. Si Feu S.M. Hassan II avait préconisé, en 1988, la régionalisation du Maroc selon le système des lands allemands, c'est que l'Allemagne est le pays d'Europe le plus décentralisé et le plus développé. Sa régionalisation est soutenue par sa constitution nationale. Le bourgmestre est: -le coordinateur entre les administrations locales et l'administration centrales au niveau de la confédération allemande, notamment en matière de développement économique, d'urbanisme, d'aménagement du territoire, d'équipements sociaux, etc. -le garant des charges régionales auprès de l'Etat et assure les intérêts nationaux dans la région ainsi que le respect des lois fédérales, -placé dans l'intersection de trois exercices complémentaires: exécution des programmes nationaux, appréciation de leurs résultats et détermination des priorités selon l'urgence des besoins et les moyens de la région pour le financement, -le contrôleur des programmes régionaux après que ceux-ci aient été déterminés par l'assemblée régionale. Régionalisation ne veut pas dire isolement d'une contrée ou d'une population. Les régions autonomes, donc libérées de toute contrainte de l'organisme central, peuvent, de différentes manières, se rendre complémentaires et coopératives. Pour que cette coopération soit productive, il faut procéder à décongestionner certaines régions du Nord, trop industrialisées, au profit des provinces lointaines afin d'établir un équilibre socio économique pour l'ensemble du pays et éviter l'exode humaine d'une région à l'autre. Or, l'exode incontrôlé donne fatalement naissance aux bidonvilles, sources de difficultés que le Maroc tente d'éviter en appliquant une politique immobilière éradiquent le logement insalubre. Les zones sahariennes, surtout celles du littoral, doivent être équipées en infrastructures capables de répondre à ce besoin de transfert du surplus industriel du Nord qui se trouvent encombrés. Cet essor sectoriel se fera mieux quand il sera décentralisé et appuyé par la communauté locale. La durabilité n'en sera que plus renforcée. Pour renforcer et valoriser l'infrastructure au Sahara, il faut penser à l'exploitation d'une autre richesse hydrique non négligeable. Il s'agit des cuvettes situées au-dessous du niveau de la mer, non loin de l'Océan, entre Tarfaya et Lâyoun. Il ne serait pas inutile d'évaluer la possibilité d'alimenter ces cuvettes en eau de mer par un système de canaux, superficiels ou souterrains selon le cas. Ces futurs lacs artificiels humidifieraient l'air et adouciraient le climat. A travers les canaux peuvent être installées des turbines pour la production électrique et les usines de dessalement d'eau marine. L'Ecossais Mc Kenzee, qui tenait une Factory anglaise à Tarfaya, de 1887 à 1895, avait étudié cette possibilité. Son projet commença à intéresser les responsables à Londres quand eut lieu un changement de gouvernement. Peu de temps après, le sultan Moulay Hassan 1er récupéra la province de Tarfaya. Partirent alors les Anglais et leur projet avec eux. L'Agence de Développement des Provinces Sahariennes pourra se estimer la fiabilité de ce système et son impact sur la région. Le projet paraît faramineux, mais son exploitation sera rentable. La politique de l'équilibre des tâches entre les régions facilitera la spécialisation des contrées dans telle ou telle activité selon leurs richesses naturelles et leur infrastructure: industrie sidérurgique, métallurgie, artisanat, tourisme, production cinématographique, pêche, conserves, conserves, textiles, produits phosphatiers, construction automobile, agriculture, marbre, construction navale, électroménager, matériaux de construction. En Europe, Limoge est connue pour sa faïence, Baden Baden pour ses instruments de musique, la Côte d'Azur et la Costa del Sol pour leur tourisme, Como pour sa soie et ses textiles, Toulouse pour son industrie électronique et informatique, Anvers pour ses diamants, son industrie chimique et pétrochimique, (50% des diamants à travers le monde sont taillés à Anvers), Amsterdam pour ses éditions et ses machineries lourdes, etc. Au Maroc, quelques régions et villes commencent à se spécialiser dans différents secteurs, mais cela n'est pas suffisant. La réussite de la régionalisation requiert un cadre juridique et constitutionnel qui ne prête pas à équivoque. Il définira les pouvoirs juridictionnels et leur partage entre le centre et les régions. Le découpage administratif du pays doit être fonctionnel avec une mise à niveau rationnelle pour assurer un équilibre national, et avec des mêmes chances au départ. Il doit répondre au vou des Marocains et aux normes de toute politique régionale sans prendre comme prototype un modèle qui ne conviendra pas au pays. Le choix est déterminé par la constitution nationale, par les spécificités, les traditions, la culture et l'histoire du Maroc. Dans certains pays, le statut régional est unique pour toutes les régions. Dans d'autres, chaque région a son statut particulier tout en obéissant à la juridiction et aux lois constitutionnelles nationales. La régionalisation est atypique. Il n'y a pas de régionalisation clé en main comme il n'y a pas de démocratie du prêt-à-porter. L'ambassadeur de l'Angleterre à Rabat, M. Antony Layden, approuva la liberté pour le Maroc de choisir lui-même le type de régionalisation: «La voie de la régionalisation est une solution à laquelle toutes les parties doivent adhérer et qui se fera dans le cadre d'une autonomie régionale élargie, sous la souveraineté marocaine. C'est le Maroc, et le Maroc seul, qui est en mesure de déterminer les moyens à mettre en place pour accorder une autonomie régionale sur ses territoires selon ses principes et sa constitution». -Consolider la démocratisation du pays en la cristallisant sur le droit de la femme, la liberté d'expression, la justice et l'acquisition du savoir par tous les citoyens. Un gage socio politique dans une démocratie agissante est en lui-même un crédit est un aspect qui vont dans le sens de toute politique d'autonomie où de régionalisation. Si l'intelligence de l'homme le dote de la capacité de choisir, la réflexion le mène au bon choix. Notre intelligence collective gagnera-t-elle ce pari? Oui, quand nous saurons nous fixer des horizons lointains, jalonnés d'étapes successives, dont la première est la démocratie. Ce choix ne nous offre que deux options: évoluer dans une démocratie pour réussir, ou stagner dans notre quotidien et alors s'affaiblir. Dans sa vie, l'homme a besoin de trois valeurs essentielles, la dignité, le bien-être et la sécurité. Seule la démocratie peut les lui assurer. Il n'y a pas de sécurité sans développement comme il n'y a pas de développement sans l'éducation du peuple. Rien ne sera permis sans la démocratie et sans la culture de la citoyenneté et du civisme. Elles définissent les liens entre l'individu et la nation et doivent être entretenues d'une génération à l'autre. Les Grecs ont défini la démocratie comme «le gouvernement par tous au lieu du gouvernement par un seul». Le libéral français Henri Lacordaire (1802-1861) l'attache à la personne humaine en disant que «La liberté n'est possible que dans une société où le droit l'emporte sur les passions humaines». Une démocratie qui n'est pas accompagnée du respect du droit n'en est pas une et les Marocains refuseront une démocratie pâle ou anémiée. Chaque peuple conçoit une lecture différente de la démocratie et de la modernité. Les deux ne signifient nullement la rupture totale ou partielle avec les assises ancestrales du pays. On peut marier une forte continuité à une parfaite alliance entre le développement économique et la modernité d'une part et le respect des traditions de l'autre. Le Japon, la Chine et l'Inde en sont une image exemplaire. L'essor techno économique amène des transformations sociopolitiques fabuleuses qui réduisent les inégalités sociales et dans le quotidien du peuple et dans sa formation et son bien être, sans pour cela attenter aux valeurs originelles. De ce fait, il est sensé de mettre en avant cette équation inéluctable qui consiste à ouvrer, scrupuleusement et parallèlement, sur les paramètres économiques et politiques pour renforcer les assises de la démocratie. Celle-ci n'est pas seulement un apport heureux pour le peuple, mais aussi pour les voisins qui veulent se sentir rassurés aux côtés d'une nation démocratique. Comme a dit l'historien et analyste américain, Francis Fukuyama «Deux ensembles démocratiques trouvent toujours le moyen non violent pour régler leur contentieux et participer ensemble à asseoir une stabilité régionale à long terme». La démocratie nous aide à comprendre la société d'aujourd'hui et à en percevoir les enjeux. Elle permet à l'individu, comme au groupe, de préférer l'information vérifiée à la rumeur, la tolérance au sectarisme, la convivialité à l'isolement, le dialogue à l'isolationnisme et la sérénité à la fureur. Pour atteindre ce degré de pensée, l'homme ne sera pas, comme par magie, exempté d'un exercice de réflexion sévère sur lui-même. S'il n'est pas capable de s'autocritiquer il ne saura distinguer le bon grain de l'ivraie et restera enrobé dans sa suffisance et son individualité. Il ne saura être démocrate. Un démocrate l'est dans ses tréfonds comme dans sa vie privée, ainsi qu'il doit l'être dans ses actes et sa conduite dans la famille comme au sein de la société. Il doit se mettre lui-même en cause. Ce trait est développé par le politologue belge, Guy Haascher, président du centre de philosophie du droit à l'Université Libre de Belgique, quand il dit dans son livre: Philosophie des droits de l'homme «avant de nous en prendre aux autres et à l'Islam, balayons d'abord devant notre porte. Ce sera le commencement de la sagesse». Il exprime l'essence d'une démocratie dans le sens des relations internationales. Toutes les démocraties exigent les mêmes règles, dont la principale consiste «à soumettre la raison à la démocratie» selon Régis Debray qui n'a fait que reprendre Rabelais, fervent helléniste et éminent pédagogue: «Un homme démocrate doit être avant tout raisonnable», dans son ouvrage «Le tiers livre» (1546). La démocratie doit éviter de tomber dans le piège de certains ordres anciens, de type «chefferies» qui produisent des contre-pouvoirs, fondant leur renouveau de légitimité sur leur capacité à surpasser les critiques et les attaques dont ils étaient naguère l'objet de la part de leur peuple. Ces contre-pouvoirs recherchent une forme de légitimation dans les institutions nationales. Ils édifient, à côté du parlement ou du congrès, une chambre collégiale susceptible de leur offrir une alternative pour intégrer des sommités coutumières et des notables qui ont coutume de dominer la société civile. La méfiance est de rigueur face à ceux qui se proclament démocrates et qui étouffent subtilement l'essence de la démocratie. Ils savent comment user de manifestes spéculatifs et abstraits à la place de pratiques concrètes. Le programme marocain de démocratisation, déjà en cours de réalisation depuis quelques années, stimulera la jeunesse à s'intéresser à la chose régionale et à assumer la chose nationale. Les jeunes des zones méridionales ne sont pas du reste et savent que leur avenir est imbriqué dans celui de leurs concitoyens, de la Méditerranée au fond du Sahara. Du sommet à la base de la pyramide sociale, tous les Marocains doivent y travailler afin d réussir le changement et la réforme. Cela exige une convergence d'actions et de réflexions entre le somment et la base de la société. Attendre que la démocratie tombe du ciel est un abandon de toute ambition de préparer soi-même l'avenir. La démocratie est un gain sur le pouvoir et un levier qui soulève vers le haut le discours social que doit soutenir le message culturel. Cela exige qu'il y ait un lien de cause à effet et une cohérence entre le dire et le faire, en tirant toutes les leçons de la comparaison entre pays démocrates et ceux qui ne le sont pas. La réussite de la démocratie nécessite bien des démarches: Elle est basée, en premier lieu, sur l'indépendance entre le législatif, l'exécutif et le juridique, sans pour autant qu'il y ait un hermétisme entre ces trois pouvoirs. Elle requiert des critères que ne peuvent appliquer que les vrais démocrates, capables d'assimiler une culture du droit, d'appliquer le principe de contrôle des actions de l'Etat par le parlement et de pratiquer la transparence. Elle illustre le respect des choix politiques de chacun dans les cercles parlementaires et sauvegarde la dignité du citoyen dans la rue comme devant la justice. Le pouvoir, les partis politiques et la société civile doivent s'impliquer dans l'élimination des tares en redéfinissant le socle d'une solidarité pour une redistribution appropriée. Car l'éducation fondamentale et le bien-être du citoyen portent en eux le ferment de la paix sociale et constituent le tremplin pour l'avenir. L'éducatif et le bien-être constituent la base de la démocratie. La masse doit être stimulée pour agir dans un cadre d'une citoyenneté positive. L'élite doit favoriser l'action sur la masse pour la rendre plus consciente de ses responsabilités afin qu'elle puisse contrôler les affaires publiques et s'intéresser à la chose nationale. Mettre au même diapason toute la société, dans une ambiance de sécurité et de justice, de légalité et de droit, c'est aussi préserver la religion contre les activistes dont les actions taxent l'Islam. Introduire la démocratie et la stabiliser, c'est donner à l'Islam sa dimension réelle et sa morale universelle. L'élévation spirituelle et religieuse est une évidence pour une population qui a germé dans un culte de si longtemps endossé pour dépasser le matérialisme impitoyable et le capital dévorant, pour atteindre un équilibre réel et une pensée supérieure. La démocratie et la régionalisation, sont un test pour un Maroc capable de relever les défis tant à l'intérieur qu'en face des instances étrangères. Elles permettent la floraison de nouveaux espaces de liberté et d'initiatives auxquelles s'ajoute, par effet d'entraînement, une volonté de changement et d'application dynamiques. Un champ social démocratique est beaucoup mieux construit sur la confiance et la valorisation de l'intelligence. Les Etats euro méditerranéens auront confiance en un Maroc égalitariste et respectueux des droits et de la dignité de l'Homme. Ils n'hésiteront pas l'appuyer dans sa politique de développement et à le comprendre dans son désir d'unifier son territoire. L'interdépendance entre régionalisation, démocratie et culture est, on ne peut plus clair, le support d'un développement tous azimuts. Elle sera une démarche féconde si elle est accompagnée par une certaine flexibilité, et donnera un sens à la commodité et à l'équilibre socioculturel. La rigidité et l'à priori sont des entraves au développement humain. «C'est la flexibilité qui favorise le changement dans la continuité» selon Descartes. Cette élasticité affranchit l'homme de toute obsession scolastique et l'ouvre sur l'épanouissement. Par l'aspect dual de la pensée flexible l'homme peut cultiver différents courants de pensée pour asseoir sa légitimité. Il distinguera le moral du politique et isolera le profit mesuré du capital absolu. Aujourd'hui, la démocratie dans la régionalisation est une opportunité historique marquante. Nous n'avons pas le droit de la manquer, car le temps ne se laisse jamais rattraper. La démocratie et la régionalisation édifient un aval qui garantit bien-être et protection du citoyen à l'intérieur. A l'extérieur, elles cautionnent la crédibilité de la nation. Qui refuserait la collaboration avec une nation démocratique? Qui serait le citoyen qui hésiterait à revenir vivre dans un Etat à la démocratie laborieuse et à la régionalisation établie? Sans tout cela, la régionalisation et la démocratie ne sont que miroir d'alouettes. -Assurer au peuple marocain l'acquisition du savoir. On ne peut affermir une démocratie et négliger les méfaits de l'ignorance. La démocratie n'est pas crédible si elle n'est pas accompagnée par l'alphabétisation et la formation du peuple. Elle ne peut être cultivée dans un terrain improductif ni germer dans un milieu stérile. Le penseur et politique français, le marquis Jean Marie Antoine Nicolas de Condorcet (1743-1794) a dit, dans son ouvrage, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain: «il n'y a pas de liberté pour l'ignorant. Le processus d'émancipation de l'homme passe d'abord par l'acquisition du savoir et des connaissances. Ils sont les seuls garants à lui permettre d'accéder au degré supérieur du progrès». Il avait une haute idée du perfectionnement indéfini de l'être humain. Les résultats de la démocratie, de la modernité et du développement sont minimes s'ils ne sont pas accompagnés par la valorisation de la personne humaine. C'est le but que s'est fixé l'Institution Nationale du Développement Humain. A la valeur des moyens matériels, à la valeur de la main-d'ouvre et du capital se substitue celle de la connaissance et du savoir. L'analphabétisme et la pauvreté constituent de fortes inégalités et minent le contrat social. Une société analphabète reste otage des discours démagogiques et creux, souvent prononcés par ceux qui n'ont rien de démocrates. L'instruction des masses populaires aide à les former sur les plans civiques et politiques et les rend conscientes de leurs droits et de leurs devoirs. Elles sauront comment choisir leurs représentants dans les institutions nationales. Elles sauront alors apprécier les bienfaits des urnes. «L'homme est à la mesure de toutes chose», est principe fondamental de toute démocratie. Pour toute décision à prendre, pour toute loi à légiférer, pour tout projet à étudier et toute démarche à engager, le respect de ce concept doit être vénéré. La démocratie anticipe la femme et l'homme et libère leurs facultés humaines. Tout doit être analysé sous l'angle de l'incidence que cela pourra avoir sur le citoyen. Sinon, ce serait une démocratie de façade. Les avancées démocratiques doivent être permanentes, protégées et soutenues, même dans le cas de lutte contre ceux qui tenteraient de lui porter préjudice, les rétrogrades et les extrémistes de tous bords. Car la démocratie et la citoyenneté forment un couple cohérent. -Renforcer le rôle de la femme dans la société démocratique. Sa Majesté Mohamed V a compris que la libération de la femme marocaine mène à l'indépendance et au développement du pays. Il a vite fait de placer les princesses, ses filles, au devant de la scène. C'était le point de départ de l'émancipation de la citoyenne marocaine. La démocratie atteint son idéal lorsque la femme est considérée comme responsable, au même niveau que l'homme, capable de participer à la gestion de la nation. Le respect de sa dignité en fait une citoyenne entière, appelée à faire toujours plus et mieux. Elle est l'espoir de préserver nos valeurs. Elle est la générosité et le souci des perspectives qu'impose le processus de la démocratisation. Celles, aujourd'hui peu nombreuses, qui sont à la tête de responsabilités, ont démontré que la femme, comme la prédisposent sa nature et son innéité, est consciente de ses devoirs, familiaux et sociaux, et se sent imbue de la mission dont elle est chargée. Elle s'enhardit dès qu'elle est responsabilisée au sein de la communauté. Son état d'âme ne lui permet pas de supporter l'échec. Le temps a prouvé que rares sont celles qui ont failli. Il n'est pas admissible que dans une société musulmane, la femme soit reléguée à un rang inférieur. L'Islam l'a hissée à un niveau magistral et l'a solennellement sublimée. Il reconnaît ce qu'elle apporte à l'ouvre entreprise. Elle a déjà, par le passé, imprégné, d'une manière fondamentale, l'histoire de l'humanité. A l'aube du 21ème siècle, l'ère de la percée technologique et de la connaissance, où l'esprit de créativité est cultivé au plus haut point, négliger la femme c'est priver le peuple de 50% de ses potentialités humaines et de son pouvoir créateur. Etant le complément de l'homme, elle est en mesure de participer à une véritable renaissance nationale. Sous estimer son pouvoir est un gâchis inconséquent. La nouvelle société a besoin aujourd'hui, et plus encore demain, de toutes ses capacités humaines, femmes et hommes. Elle a besoin de toutes ses matières grises pour forger son avenir. Et la matière grise est la seule richesse que nous portons en nous. Elle ne s'achète pas et personne ne peut nous la subtiliser. C'est alors que, de la détermination à galvaniser toutes nos ressources humaines, dépendra la place que nous revendiquons dans le monde. Jean Jacques Servan Schreiber a dit que «la matière grise, inépuisable comme la lumière du soleil, est la forme de richesse qui porte en elle tout l'avenir». Le facteur humain et l'intelligence de la femme et de l'homme assurent des moissons abondantes. Le Marocain a mûri et apprécie le rôle que la femme tient dans la société Les problèmes sociaux, culturels et humains se multiplient et se compliquent beaucoup plus que d'autres. La femme, mieux disposée que l'homme, saura comment les résoudre. Dans l'intérêt de toute société qui veut avancer, l'homme doit développer sa volonté de défendre la femme avec le désir de dialoguer avec elle. Il reconnaîtra alors sa place à côté d'elle et se reconnaîtra en elle. Le manque de dialogue débouche soit sur le silence et la résignation de la femme, soit sur son cri de révolte et le conflit. Or, le conflit ne laisse que peu de place au dialogue. Ce sera deux sociétés distinctes: la société féminine et celle des machistes. Position très peu rassurante pour l'avance d'une démocratie. Ici, la difficulté qu'affronte l'homme n'est pas celle de s'adapter aux nouvelles idées, mais d'échapper à l'emprise des anciennes. La Marocaine et le Marocain ne sont ni défaitistes, ni fatalistes. Ils ont seulement été excédés et désabusés par des promesses non tenues et auxquelles ils croyaient. Toutefois, ils ne désespèrent pas. L'initiative royale de modernité et de développement humain, encourageant la promotion de la citoyenneté des Marocains, leur fait reprendre confiance. Ils sont j'tihadistes, même dans les pires situations. N'étouffons pas en eux cet espoir et ne brisons pas leurs élans. Les gouvernants doivent opter pour un consensus sur les options socio économiques de développement et de solidarité sociale. C'est le sociale qui moralise l'action égalitaire entre les citoyens et les prépare à affronter les défis d'aujourd'hui et ceux de demain. C'est encore le social qui apprête le citoyen à la démocratie. Il est la base de toute démarche et de toute entreprise. La nouvelle ère où s'est engagé le Maroc est marquée par le souci que se fait le monarque de renforcer le contrat social et le généraliser à tous les citoyens, femmes et hommes. De 1949, quand l'ECOSOC a créé au sein de l'ONU la Commission de la Condition de la Femme, à nos jours, la gent féminine a parcouru bien du chemin et a, encore aujourd'hui, quelques pas à faire pour arriver au but final: sa totale émancipation sans paternalisme. Aucun homme, quelle que soit sa culture ou son idéologie, ne peut prétendre détenir, seul, la science diffuse au détriment de sa partenaire de tous les temps. Le pays où la vie politique est afflictive donne l'impression d'une démission collective et de manque de mobilisation populaire. Se produisent alors un sentiment de flottement et d'hésitation au sein de la population et une abdication de l'élite. La classe sociale devient stérile et non convaincante. Seul les idéaux stimulateurs peuvent la guider vers des perspectives prometteuses. La médiocrité d'une classe politique et la dévalorisation de l'être ne sont plus de mise. Elles ont le caractère de briser les élans d'un peuple qui aspire à s'engager sur le chemin de la démocratie par la sentence des urnes. La démocratie responsabilise autant la femme que l'homme, revalorise la culture politique et mobilise le peuple pour le mener au militantisme patriotique. C'est ainsi qu'on cueille le fruit par une économie rationnelle, l'égalité par une politique libérale et l'épanouissement de la personnalité par une culture plurielle. C'est la seule motivation qui soit capable de soustraire le peuple à cette indifférence qui le fige aujourd'hui et à la somnolence où il s'assoupit. Les partis politiques et la société civile doivent être conscients du rôle qu'ils ont à tenir dans ce nouveau paysage. Ils doivent être les guides et les formateurs, les conseillers et les promoteurs du renouveau s'ils veulent participer à la réduction de la fracture sociale. -Combattre la criminalité financière et économique. Plusieurs activités financières et économiques sont occultées. Des gens sans scrupule travaillent dans la clandestinité. Leurs manouvres illicites restent impunies. Ils profitent d'un système établi et entré dans les mours; c'est l'interventionnisme et le clientélisme qui grèvent l'économie. Ces opérations prennent des formes diverses, fraude fiscale, falsification des factures, blanchissement d'argent sale, détournement de deniers publics, évasion fiscale, pratique d'usure, faux bilans, corruption et contrebande. Certaines activités restent cantonnées à l'intérieur du pays, d'autres sont pratiquées à l'échelle internationale. Cet état de fait est un phénomène propre aux PVD où il semble, pour certains dirigeants, qu'il est plus facile de s'expliquer sur les causes de leurs échecs que sur les raisons de succès dans d'autres pays. Dans le cas d'échec, ils ont tendance à mal s'expliquer sur l'action des forces occultes et malveillantes. Là s'effritent autant le qualitatif que le quantitatif. On ne peut alors conjuguer l'action volontariste et le pouvoir de réajustement et d'essor qui aurait tiré l'économie vers le haut. Il s'est avéré qu'il y a plusieurs secteurs de l'économie nationale qui échappent à tout contrôle. Ils ne s'acquittent pas de leurs obligations ni envers l'Etat ni envers leurs employés, alors que les recettes fiscales sont le poumon des finances d'un Etat et pourraient davantage augmenter si tous les citoyens, personnes physiques ou morales, payaient leurs impôts régulièrement. Ce-ci nécessite une législation fiscale nouvelle et stricte. La citoyenneté, le civisme et le patriotisme commencent par le devoir de payer ses impôts et d'honorer ses échéances. C'est ainsi que doit être comprise l'allégeance à l'Etat et à la nation. C'est là aussi le signe révélateur de la démocratie quand chaque citoyen est conscient de ses devoirs au même titre qu'il revendique ses droits. Dans un pays qui se veut de Droit, qui se veut démocratique, ces calamités doivent être combattues durement et l'impunité doit être traquée. Dans le Nigeria d'Obasanjo, la priorité N°1 des autorités était la lutte contre ce fléau et ont fini par améliorer la finance du pays. Il leur a fallu bien des efforts car la tâche n'était pas aisée. Ce fléau qui entache l'économie et les finances est une agression irritante dans l'essor national. Il est souvent le résultat négatif de la polémique entre les gens du pouvoir et le cercle des affaires. Il arrive plus d'une fois au monde politique et aux hommes d'affaires de se contredire, alors que leur rôle devait être complémentaire, alors que chaque secteur doit tenir compte du rôle de l'autre. Leurs débats doivent être constructifs et leurs oppositions gérées pacifiquement dans le sens de la démocratie. C'est dans les débats démocratiques que sont conjuguées les idées et les conceptions. Le Marocain, homme d'affaire ou politique, a cette qualité d'esprit d'adaptation aux différentes situations. La séparation du politique et des affaires n'est pas une tare ni un handicap. Elle ne doit pas non plus être étanche. Elle est plutôt un pas positif dans le contexte libéral pour se préparer à la mondialisation. L'entente entre les deux évite de laisser proliférer les trafiquants et les tricheurs. -Impliquer les partis politiques et la société civile dans l'affaire saharienne. Depuis le début dudit conflit les partis politiques étaient éloignés de cette question et ne se sentaient pas responsables. La marginalisation des forces politiques provient du fait que le dossier du Sahara était accaparé par le ministre de l'Intérieur, alors que toutes les couches sociales devaient se sentir interpellées. Leur intervention, surtout à l'étranger, aurait un effet de diplomatie parallèle pour compléter le rôle de nos ambassades et aurait certainement porté ses fruits. A l'intérieur, ils auront à informer le peuple de la justesse de notre cause et de le former quant à l'histoire maroco saharienne. Le peuple marocain est convaincu de cette marocanité, mais n'est ni armé ni outillé pour convaincre l'Autre, pour lui expliquer la conformité de nos revendications sur le Sahara. La mission des partis politiques est de faire sentir à l'individu comme au groupe qu'ils sont parties prenantes dans la gestion de la politique nationale. Ils doivent s'y investir en tant qu'acteur qui assume sa responsabilité entière. C'est à ce stade que les partis doivent se comporter en tant qu'écoles du nationalisme, de la citoyenneté et du civisme. -Arrêter l'atomisation de la sphère politique nationale. Le Maroc a choisi le pluralisme dans une démocratie libérale pour son système politique. Il n'y a pas de démocratie sans partis politiques comme il n'y a pas de parti politique fiable sans démocratie en leur sein, démocratie qu'ils doivent continuer à régénérer. La pléthore des partis ne répond pas au pluralisme qu'attendent les Marocains de leur démocratie naissante. Cette prolifération faire naître une compétition aux mécanismes multiples, souvent peu conformes aux règles du civisme et de l'honnêteté politique propre à la démocratie. On assiste alors à l'instrumentalisation de la démocratie pour conquérir des postes de responsabilité aux gains sulfureux au détriment de toute vertu civique ou patriotique. Le pluralisme politique doit se traduire par la variabilité des idées et programmes. Ce qui n'est pas le cas pour notre champ politique où la plupart des partis ont sensiblement les mêmes thèmes et agendas. Pour que ces groupes puissent mener à bien leur mission d'éducateurs et de formateurs, de guides et de gestionnaires des biens de l'Etat et du citoyen, ils doivent appliquer une démocratie dans leurs instances et leur organigramme, avec la libre expression et le franc débat à tous les niveaux de leur structure. Les adhérents ont le droit de traduire leurs idées et les soutenir. S'ils ont des opinions divergentes ou opposées, ce sera le signe d'enrichissement des débats. Le manque d'application de ce principe dans certains mouvements politiques décourage les élites marocaines qui se dépolitisent de plus en plus. Les jeunes d'aujourd'hui ne vivent plus cet engouement des premières années de l'indépendance. Ils restent indifférents. Les responsables des organisations politiques ne savent pas comment les motiver et les mobiliser. Ils sont, en quelque sorte, les responsables de cette dégradation de l'espace politique dans le cercle des jeunes. Le renouvellement des acteurs politiques soudera la cassure entre les générations et rapprochera l'ancienne classe politique des élites émergeantes. Ces dernières se présentent avec un corpus idéologique qui prêche le renouveau dans une logique de civisme et de patriotisme, principes qui perdent du terrain depuis déjà quelque temps. Or, la politique appartient à tous les citoyens. Il faut veiller à la réviviscence des élites dans les partis. Le sang nouveau charrie toujours des idées nouvelles et empêche la inertie. Quand la jeunesse se sent responsabilisée, elle s'investit totalement dans le champ politique où elle aura à s'impliquer dans la culture de la compétitivité. Sans compétition et sans frottement entre générations, sans confrontation entre idées nouvelles, la politique d'un pays dépérira et de deviendra improductive. Nous assistons à une floraison de partis interchangeables autant dans leurs discours et leurs programmes qu'au niveau de leurs directions et de leurs bureaux. On est ahuri devant le nombre croissant des partis lilliputiens. Dans la seule année 2002, le champ politique marocain a vu naître 11 partis. Le politologue marocain Mohamed Darif dit «qu'il ne faut pas voir cela comme une balkanisation ou un affaiblissement du champ politique. Le Maroc vit une dynamique politique qui se matérialise par une volonté de nouvelles élites à accéder au champ jusque là totalement verrouillé par les anciennes générations». Toutefois, M. Darif aurait raison si ces élites dynamiques s'étaient concertées pour unir leurs efforts et créer le groupe qu'il faut, attendu par d'autres jeunes, cohérent et fort, avec un itinéraire jalonné de repères réalistes. Ces formations auraient évité de se disperser en partis minuscules, éphémères et peu attrayants, qui atomisent leurs forces d'action et leurs pouvoirs de décision. M. Karim Douichi, journaliste au quotidien «Le Matin», a vu juste quand il a parlé de «Hizbomania», cette pathologie qui a contaminé les hommes politiques à vouloir tous créer leur parti (Hizb). Il a constaté à juste titre que ces partis poussent tel des champignons à l'approche des législatives au point qu'on répertorie plus de 35 partis pour une population de 32 millions. Leur effritement bloque tout consensus au sein des chambres parlementaires et régionales. Une tare des plus irritantes dans notre système est le nomadisme politique. Nos élus, dans les deux chambres ou dans les régions et provinces, passent d'une étiquette politique à l'autre sans remords et sans respect pour leurs électeurs. Ils ne considèrent ni l'étique de la déontologie du pouvoir législatif, ni le respect de leur propre conviction. Cela dénote leur manque de raisonnement et l'absence de compétence. Toute transhumance d'élu, parlementaire, communal ou municipal, doit se faire après la démission de l'intéressé et le retour aux votations. Cette hémorragie est le résultat de l'analphabétisme politique dont est atteinte une majorité des élus. Le clientélisme et le manque de transparence dans les élections sont une autre aberration. La corruption et le rachat des voix sont entrés dans les mours. Il en résultait qu'un pourcentage énorme de nos élus sont des illettrés, mais assez fortunés pour payer le prix. L'absentéisme, affiché sans scrupule, dans les instances politiques ne dérange plus. Nos jeunes élites n'ont plus confiance. Nos intellectuels semblent déjà désespérés et lâchent la cordée avant même d'amorcer l'escalade. Nos hommes et nos femmes, celles et ceux pourvus d'une conscience politique, ceux dont le nationalisme n'est plus à démontrer, n'ont pas le droit de démissionner et laisser le champ libre aux importunités. Les partis doivent respecter une certaine honnêteté intellectuelle et édifier une morale civile et urbaine. Seuls les membres qui sont à la hauteur de représenter le peuple doivent être proposés aux scrutins. Ce manquement est dû aux partis politiques qui ne sont pas gérés d'une manière professionnelle et démocratique. C'est toute une technique que de vouloir piloter un parti. Celui-ci est considéré comme une institution et doit être administré comme tel, contrôlé sur ses finances et son administration d'autant plus qu'il bénéficie de subventions de l'Etat, donc de l'argent du citoyen. La classe politique doit assumer ses responsabilités pour imprimer au pays un nouveau visage où on peut distinguer une majorité cohérente à côté d'une opposition positiviste et respectueuse du verdict des ures. Pour y arriver, des conditions de moralisation de la sphère politique doivent être mises en place et accompagnées de l'arrêt de son atomisation. D'un autre côté, il est nécessaire de voter une loi nouvelle et draconienne qui fixera les conditions de création d'un parti pour éviter les groupes lilliputiens. Le parlement a adopté une loi nouvelle sur les partis politiques. Cette loi, seule, ne peut apporter le renouveau souhaité. Il lui faut, parallèlement, le support de tous les partis dans le cadre d'une déontologie politique saine où préfigurent la clarté et l'honnêteté. La nouvelle réglementation doit exiger la transparence à tous les niveaux: programme, finances, démocratie interne, gestion, élections. La constitution doit s'accompagner une clause qui protège la solennité de la politique nationale contre ces manouvres politiciennes qui abaissent nos valeurs et avilissent notre dignité et nos convictions. Le niveau intellectuel et moral de nos élus doit être élevé à un rang honorable. A l'intérieur de nos frontières comme à l'extérieur, l'écho d'un tel amendement n'en sera que plus favorable pour le pays, tant dans sa politique et son économie que dans ses relations externes. -Exhorter les intellectuels et les universités à se mobiliser pour le Sahara. On est déçu de constater que nos intellectuels ne développent guère de réflexions à propos du conflit saharien. L'université et l'intellectuel, dans la vie de tous les peuples, ont un rôle important à tenir. Est-ce le cas chez nous au Maroc, tout au moins face au conflit saharien? Le décideur, l'homme politique, le parti politique, à quelque niveau où ils se situent, ne peuvent, seuls, solutionner un problème aussi lourd de conséquences que le nôtre. Son règlement requiert la participation, de près ou de loin, de tous les citoyens. A la tête des accusés, qui auront à répondre devant le tribunal de l'histoire, nous trouverons les intellectuels et les élites bien avant les responsables et les preneurs de décisions. Le POLISARIO est né en 1973. De cette date à la fin 2006, les ouvrages écrits par les Marocains sur le contentieux saharien ne dépassent guère la trentaine; c'est à dire moins d'un livre par an. Est-ce à dire que nos élites sont désintéressées ou indifférentes à cette motivation nationale? Sont-elles stériles ou ont-elles brisé leurs plumes? Nos artistes et cinéastes, eux aussi, ont manqué à leur devoir. Pendant toute cette période, pas un seul film produit par les Marocains n'a été tourné sur le Sahara, en dehors de quelques documentaires mal conçus et non convaincants. Nos troupes théâtrales et nos dramaturges ont brillé par leur absence. Pas une seule pièce de théâtre n'a eu le Sahara ou les Sahraouis pour thème. Le ministre de la culture et le Centre Cinématographique Marocain sont invisibles dans cet espace. Les chercheurs dans le domaine de la société sahraouie, de l'histoire et de l'anthologie du Sahara peuvent être comptés sur les doigts. Nos politologues sont de même. Pourtant ce ne sont pas les sujets à traiter et les thèmes à évoquer qui manquent. L'histoire maroco saharienne et la culture hassanie abondent d'anecdotes, de contes et d'événements qui méritent d'être traduits aux publics à travers des pièces théâtrales, des films cinématographiques, des éditoriaux et d'ouvrages savants. C'est la recherche et ses résultats qui libèrent les énergies des universités et facultés et qui façonnent l'esprit de l'intellectuel et de l'artiste. Le chercheur, l'intellectuel, l'université, auxquels il faut adjoindre le journaliste, sont les éclaireurs de l'administration et des décideurs, sur le plan national comme sur le plan régional. Ils partent de problèmes à étudier afin de trouver des solutions à présenter. La culture et l'art ont toujours été sublimés parce qu'ils prennent des positions franches et dénonciatrices. Sans les accabler, nos érudits, ceux qui ont la possibilité morale de produire, manquent de moyens matériels pour réaliser leurs ambitions. Les causes en sont multiples. Sont nombreux les chantiers à ouvrir et les champs à investir dans ce sens. Les sujets à évoquer et à développer sont abondants et variés dans le temps et dans l'espace: -C'est l'étude des origines des tribus sahraouies, leur nomadisme et leur système de commerce caravanier. -C'est la morphologie sociale et économique du Sahara, où domine, encore de nos jours, un tribalisme résistant. -C'est la richesse de l'histoire maroco saharienne qui doit être portée à la connaissance de tous, marocains et étrangers. -C'est le rôle de la stratégie et de l'économie qui se joue dans le conflit algéro marocain. -C'est l'échec de la construction de l'UMA devant les nouvelles visons du monde. -C'est l'histoire de Ndyömböt, reine du Waalo au Sénégal, qui a épousé un émir des Trarza au Sud de la Mauritanie. C'est une phase de l'histoire des relations maroco sénégalaises qui pourra intéresser nos écrivains et nos artistes. -C'est le débarquement sur les côtes sahariennes, au 16ème siècle, des Gouaches chassés des Canaries par les Espagnols et qui ont intégré, après quelques générations, la population maure locale. -C'est le sultan Ahmed el Mansour qui, en 1590, nomma L'Haj Jeddour, pacha à Tinbouktou. Jeddour laissa des documents d'une valeur inestimable qui n'ont jamais été exploitées par les nôtres. -C'est la forteresse espagnole de Santa Cruz de Mar Pequenia, construite dans la région de Tarfaya, face aux Canaries, qui fut complètement rasée, en 1524, par les troupes marocaines après un mois de combats acharnés. C'est un exploit historique que tout le monde doit savoir. -C'est le sultan Moulay Ismaïl qui entreprit un long voyage en 1678 qui le mena de Meknès à Chenguit et à Tinbouktou. C'est un périple qui mérite d'être conté. -C'est la victoire de D'Cheira en 1958 sur l'occupant espagnol, qui est peu connue alors que sont encore vivants ceux de l'ALS qui y avaient participé. Cet exploit se place au même titre que les batailles d'Anoual, d'El H'ri ou de Boughafer, du début du 20ème siècle, face à la pénétration franco espagnole au Maroc et à son prolongement saharien. -L'opération Ecouvillon, montée par la coalition franco espagnole de 1958 contre l'ALS, est aussi inconnue par un grand nombre de nos responsables et de nos érudits. -Sont peu nombreux les Marocains qui ont écrit sur Cheikh Ma el Aïnine el Galgami, grand résistant sahraoui et éminence intellectuelle marocaine, qui combattit la pénétration franco espagnole au Sahara pendant la 2ème moitié du 19ème siècle. Pourtant, Cheikh Mustapha Ma el Aïnine mérite d'être connu pour toutes ses particularités. Il a produit plus d'une cinquantaine d'écrits dans divers domaines, religieux, littéraires, poétiques, philosophiques, ésotériques et politiques. -C'est le grand rassemblement de Bir Bou Khchibya, du 9 juin 1958, qui a réuni, à 45 km au Sud de la ville de Tan Tan, 82 délégations de groupes tribaux sahraouis. Ils étaient plus de 4000 à avoir renouvelé leur bayâ au prince héritier Moulay Hassan qui a présidé ce forum. -C'est l'opposition des populations de la région de Tindouf, en 1962, qui ont porté les armes pour empêcher les troupes algériennes d'investir la ville. Elles ne se rendirent qu'après avoir épuisé toutes leurs munitions. -Peu de Marocains sont au courant de la découverte, en 1997, par une mission de chercheurs marocains, canariens, français et canadiens, sous la direction du professeur chercheur Mustapha Naïmi, sahraoui lui-même, d'un site très ancien, situé entre Khnifiss et Akhfennir, au Nord-Est de Tarfaya. Nos préhistoriens et nos archéologues doivent se retrousser les manches car ils auront du pain sur la planche. Le ministère de la culture est-il là? -Le Maroc a beaucoup investi dans ses provinces sahariennes, sur les plans financier et humain. Il a réalisé des exploits inestimables et poursuit au Sahara un but existentiel. Peu d'économistes marocains s'y sont intéressés pour donner leur point de vue, critiquer, conseiller. -Nos lettrés ne passent pas leurs vacances dans ces régions qui, pourtant, ne manquent ni d'attraits touristiques ni de curiosités à découvrir et à étudier sur les plans géographique, ethnique, social, tribal, artistique, alors que l'art, la poésie et le jazal hassanis méritent d'être connus et évalués. Plusieurs familles sahraouies possèdent des bibliothèques et des manuscrits rares qui pourraient intéresser plus d'un chercheur. Ce sont là, présentés en vrac, quelques thèmes et sujets qui peuvent être abordés par nos érudits et nos facultés. Ils sont de larges espaces à assainir. Une fois savamment développées, les contributions qu'auront produites nos lettrés éclaireront le non initié sur les événements qui ont constellé les différents âges du Sahara marocain. Nombreux sont les Marocains, et non des moins responsables, qui ignorent l'histoire maroco saharienne et qui ne connaissent que très peu la genèse du présent conflit. Il revient aux professeurs chercheurs et aux universités du royaume de remplir ce vide. Les journalistes marocains sont plus concernés que tous les autres. Leur noble mission leur dicte d'informer, mais aussi et surtout de former. Des politologues occidentaux, des chancelleries étrangères et plusieurs observateurs et centres d'études politiques, méconnaissant la réalité historique et la particularité du Maroc et de son étirement saharien, croyaient que le Maroc revendiquait sa liberté indépendamment de son intégrité territoriale. L'ONU elle-même pensait s'être débarrassée de «l'affaire du Maroc» quand la France et l'Espagne ont quitté une partie du pays en 1956. Cette indépendance ne fut qu'une libération partielle du territoire. Elle n'a pas satisfait le peuple qui exigeait une libération totale. L'ignorance de cette réalité par un grand nombre d'organismes qui se sont penchés sur la question nous a coûté bien des sacrifices et bien des martyrs tombés au champ d'honneur au Sahara. Un peuple ne peut décoller sans les rampes de lancement que lui auront préparées ses élites. Une nation ne peut se développer sans les lignes directrices que lui auront tracées ses intellectuels. Ceux-ci sont appelés, plus que tout autre, à s'approcher de leurs concitoyens, à connaître leurs soucis et à saisir leurs aspirations. Ils sont aussi invités à les éclairer sur leur histoire et sur les problèmes de l'heure et sur leur responsabilité et leur devoir. L'imbrication de la culture et de l'histoire mène à la compréhension des phénomènes que nous vivons, de même qu'elle nous fait découvrir notre personnalité et nous oriente vers nos intérêts individuels et nationaux. Le chercheur est, en outre, impliqué dans la mission citoyenne de faire connaître son pays à l'étranger, de l'expliquer, de vanter ses qualités et d'exposer ses problèmes. L'intellectuel, en tant qu'homme de sciences, et le journaliste, en tant qu'historien de l'immédiat, dévoilent les impostures et défendent les causes justes. Tous deux représentent un pouvoir dénonciateur et formateur, informateur et catalyseur des énergies. S'ils ont le droit de critiquer et de désavouer, ils ont aussi le devoir de créer, de former, d'orienter et d'éveiller les consciences. Ils ont pour charge d'assurer un certain équilibre entre la critique et la créativité. «Sans la critique, il n'y a point de créativité» selon Rabelais. L'époque que nous vivons et les lendemains qui nous attendent appellent les élans vifs et la dynamique créatrice. Erudits marocains trempez vos plumes dans le patrimoine que vous avez hérité de vos vaillants aïeux et faites les courir sur vos feuilles blanches. Que vos pages soient lues ou non, vous aurez accompli votre devoir de citoyens et serez encensés par l'histoire. -Impliquer les habitants du Sahara et particulièrement les jeunes. Laissés à l'écart jusqu'à présent, il faut les intéresser autant que faire se peut, aux problèmes de la région comme aux affaires nationales en leur permettant d'exprimer leur opinion. Il faut aussi les responsabiliser. On compte un grand nombre de jeunes universitaires sahraouis qui sont capables de tenir des rôles tant dans l'administration que dans les postes politiques, à l'échelle régionale comme au niveau national. On en trouve déjà certains, mais pas assez. Plus que leurs cousins du Nord, ils sont les plus touchés par la gestion de la politique saharienne et par le rôle que la Sahara a toujours joué dans l'histoire et le quotidien marocains. Le jeune sahraoui est mature avant l'âge et responsabilisé dans son milieu familial et tribal. Il est donc à la hauteur de toute mission qui lui sera confiée. Restés négligés jusqu'à présent, certains feront facilement le jeu du POLISARIO qui saura comment les manipuler et les exploiter. A tire d'exemple, nous penons celui de Ali Salem Ould Tamek. Ce Sahraoui révolté, qui se veut révolutionnaire, se cherche une identité ailleurs alors qu'il peut la trouver auprès des siens. Son père était sous officier dans les forces auxiliaires marocaines. Son oncle, Aïdda Ould Tamek, est Colonel major dans l'armée marocaine après avoir été cadre dans l'ALS. Son autre oncle est plus d'une fois député au parlement marocain. Son cousin, Mohammed Salem Ould Tamek, professeur d'université à Tanger, est ambassadeur du Maroc en Scandinavie. Ali Salem Ould Tamek est né au sein des Aït Oussa, l'une des tribus berbéro arabes des plus importantes de la confédération des Tekna et dont l'agnation vient du Nord du pays (région de Sefrou). Son père et ses aïeux étaient commis de l'Etat du Maroc pendant plusieurs générations. Il était lui-même fonctionnaire dans l'administration marocaine à la municipalité d'Assa pendant plusieurs années, avant de mal tourner quand il a été révoqué pour mauvaise gestion. N'a-t-il pas une carte nationale et un passe port marocains? Il circule aujourd'hui librement à travers le pays et défend la cause polisarienne alors qu'elle n'est nullement la sienne, sa tribu n'étant pas du Sahara occidental. Il avait déjà été jugé et condamné pour les perturbations qu'il créait sur les voix publiques et non pour ses opinions. Après quelques mois de prison, il a été amnistié à la suite d'une clémence royale. Il est né à Assa en 1973. Il a le même âge que le POLISARIO. Sa formation sommaire ne lui a pas permis de connaître l'histoire maroco saharienne et le rend ainsi vulnérable. Il a été utile à la propagande des polisariens quand il a été incarcéré. Après sa libération, il ne les intéresse plus, mais lui, continue à y croire. Sait-il que les Aït Oussa, sa tribu, ont courageusement participé à la défense du pays contre les Français et les Espagnols quand ceux-ci ont envahi le Sahara à la fin du 19ème siècle? Sait-il que plus de 25% de l'ALS étaient des siens? Dans les provinces sahariennes comme dans d'autres régions au Nord du Maroc, commencent à émerger de jeunes Sahraouis séparatistes dont beaucoup ne reconnaissent aucune représentativité au POLISARIO. Ils ont mis sur pieds le Collectif des Sahraouis Défenseurs des Droits de l'Homme (CODESA). Quelques uns ont créé l'Organisation de l'Action Démocratique et Populaire (OADP). Ces groupuscules naissent suite aux abus de responsables dans les provinces méridionales. Tous souffrent de problèmes socio économiques: déscolarisation, chômage, manque de grandes écoles et d'universités, difficultés de transports vers les facultés au Nord du pays. Voici donc des jeunes en mal d'identité qui sont restés isolés, négligés et qui ont été pris dans le tourbillon de la propagande sécessionniste. Les réactions pro polisariennes se manifestent de temps en temps, mais n'ont eu, jusqu'à présent, aucune portée sensible sur la population. Toutefois elles peuvent devenir fréquentes et agressives si les responsables ne les déjouent pas par des mesures préventives et immédiates. L'ennui, l'oisiveté et le manque de considération sont de mauvais conseillers. Il n'est donc que grand temps pour protéger nos successeurs en les prenant par la main et en leur confiant des tâches qui leur permettront de se sentir dignement responsables et garants de leur avenir. Qui, mieux qu'eux, pourra le faire avec honneur et abnégation, avec amour et sincérité? Le sahraoui est très attaché à sa terre, à sa famille, à sa tribu, à son patrimoine, à sa parole donnée. Il a toujours accompli son ouvre en tenant compte de son milieu social qui le juge sévèrement. Le verdict prononcé par la société bédouine est sans appel et le Sahraoui ne peut se permettre d'être mal estimé par les siens. Il a été élevé dans la religion, l'honneur, la dignité, l'endurance et la rusticité. Dès qu'il est responsabilisé, il ne s'appartient plus, il devient l'esclave de sa charge, de sa communauté et forme corps avec la mission dont il se sent répondant. Il faut gagner le cour et l'esprit de ces jeunes pour les convaincre. L'histoire maroco saharienne doit leur être enseignée dans les écoles, les lycées et collèges. Les ONG locales ont une grande responsabilité et doivent organiser des colloques et des rassemblements, non sous forme de harangue ou de démagogie, mais d'une manière pédagogique, scientifique et claire. Les affidés au POLISARIO reçoivent des consignes d'Alger. Ils profitent des libertés que vit le royaume pour amener les autorités à user de la répression et compromettre la marche du pays vers l'ouverture démocratique. Comment répondre à ces provocations? Quel est le seuil de la tolérance dans un Etat de droit? Les Marocains sont unanimes. Ils savent qu'entre l'intégrité territoriale et l'image qu'ils donnent de la démocratie, il n'y a aucune hésitation pour prendre la décision qu'il faut à l'encontre des fauteurs de troubles. Ceux qui présentent un danger dirigé de l'extérieur doivent être écartés selon la loi et dans le respect de leur dignité. La citoyenneté ne doit pas tolérer le sabotage ni tomber dans le piège tendu par ceux qui lui portent atteinte. Le devoir de l'Etat est d'assurer la protection du pays à partir de ses frontières et de garantir l'ordre et la sécurité à l'intérieur. Il a les moyens pour parer à tout danger, exogène ou endogène. Tout manquement aux lois et aux valeurs nationales ne peut être toléré. Ouverture et démocratie, Etat de droit et liberté de parole ne veulent pas dire désordre public et irrespect de la constitution nationale. Les jeunes, du Nord au Sud du pays, sont en mouvement à la recherche de leur devenir et d'une identité sociale. Que leur offre-t-on? Un ciel peu étoilé et une voûte peu élevée, dôme très bas qui les empêche de marcher complètement debout, et très poreux et peu protecteur qui ne peut leur assurer un abri contre les prédateurs. On leur offre très peu de chaque chose alors que leurs épaules sont encore peu solides pour porter le poids lourd des dangers que présentent des lendemains peu certains. Doivent-ils toujours se contenter de ce peu? Le Maroc dispose de potentialités énormes pour les protéger. Non, ce n'est point du pessimisme et encore moins de la neurasthénie. C'est une réalité qu'il faut reconnaître et affronter avec une ferme décision et une lucide perspicacité de changer. De nos jours, l'improvisation ne paye plus ainsi que les solutions de fortune ou les prises de positions provisoires. Ces jeunes doivent savoir que la nationalité ne se décline pas seulement en termes de droits et d'avantages, ni par la carte nationale et le passe port, mais et surtout en termes de devoirs, de servitude et d'abnégation. S'ils défendent leurs droits, ils doivent s'acquitter de leurs devoirs envers la nation. L'administration ne doit pas entretenir la confusion qui risque de s'installer entre une citoyenneté réelle et assumée et un clientélisme entré dans les mours. Pour braver les apocryphes et les manipulations dont use Alger, l'Etat doit rester ferme et résolu, s'appuyant sur une société civile vigilante, continuant la marche vers la démocratie dans le prolongement de la marche verte. L'exemple de cette fermeté nous est donné par nos voisins et nos amis. Les séparatismes catalans, canariens et basques n'ont pas freiné la marche de l'Espagne vers la démocratie et le développement. Les Corses qui réclamaient leur indépendance n'ont pas réussi à faire plier l'échine de l'Etat de droit qu'est la France, pays qui peut se venter d'être le fer de lance de la démocratie et des droits de l'homme. Au Royaume Uni, les Irlandais du Nord, malgré plusieurs années de combat, ont fini par rentrer dans les rangs. Nos sécessionnistes ne peuvent faire mieux. Car nul ne peut obtenir gain de cause contre la fermeté d'un Etat fort et contre la volonté de tout un peuple. Les jeunes sont la cible principale du POLISARIO. Sous estimer cette vérité c'est les préparer à fléchir sous l'intoxication et la propagande. Le roi Hassan II les appelait «ses lionceaux» et pensait les préparer à un avenir meilleur. Son successeur, le roi Mohamed VI, leur accorde plus d'attention. Faut-il, pour aider le monarque, nous secouer afin que cette jeunesse ne soit pas oubliée alors qu'elle a besoin d'avoir confiance en elle-même et en ses gouvernants? A cette fin la politique saharienne est totalement à revoir. L'histoire, la gouvernance et le patrimoine culturel doivent être réhabilités. L'histoire aiguise la mémoire collective et prépare l'élan pour d'autres lendemains. La bonne gouvernance rétablit la confiance et tire le développement vers le haut. La culture revivifie les populations, consolide leur entité, perpétue leur formation et les unit. C'est à cet effet qu'il est nécessaire de moraliser autant l'individu que le groupe pour les orienter vers la qualité de l'être et de la société, bonheur qui ne peut être assuré sans la rigueur et l'intelligence. -Exhorter les ONG à unir leurs efforts et prêter main forte au CORCAS pour composer dans la même direction. Elles sont nombreuses, aux orientations variées et déjà expérimentées depuis quelques années dans la défense de la marocanité du Sahara. Le caractère de leur diversité est enrichissant. Certaines sont basées à l'extérieur et, de ce fait, agissent directement auprès d'autres ONG étrangères. Quelques unes ont donné des résultats satisfaisants et sont donc à encourager. Leur seule tare est qu'elles sont dispersées, opérant chacune séparément et sans coordination avec les autres. Elles seront plus fructueuses quand elles auront synchronisé leurs programmes. Elles sont donc à prendre en considération dans tout programme du CORCAS. -Faire du Sahara un phare des projets nationaux, en particulier la régionalisation. Le développement économique des zones sahariennes est un support à l'intégration avec, comme objectif, l'harmonie entre les différentes régions tout en prenant en considération la spécificité de chacune, de sa potentialité et de sa situation géographique. L'élan sera plus senti en associant la population locale à toute promotion sociale, culturelle, économique ou industrielle sans omettre les acquis en matière d'émancipation communautaire et des mesures adéquates pour faire face à l'état d'indigence où vie une importante catégorie de la population marocaine. L'exploitation des ressources doit être accompagnée par l'investissement sur place de leur fruit pour en faire profiter les différentes couches sociales. Là, l'administration ne doit pas être l'Etat providence, système qui annihile tout esprit d'initiative et de pourvoi à l'entreprise. Ces mesures sont le fondement d'une sérénité et d'une perspective pour une vie meilleure. Il faut particulièrement se pencher sur le cas des bidonvilles qui se multiplient sans contrôle. L'exode rural, trop voyant, a pour cause les nombreuses années de sécheresse qui ont fait le cheptel, unique moyen d'existence du nomade qui vient gonfler les baraques insalubres et les rangs des chômeurs dans les villes. C'est dans ces périphéries où germent la misère, la perversité et l'ignorance. Ces plaies constituent des terrains arables où se cultive toute dérivation et tout péril qui seront, à la longue, difficiles à endiguer. De la réussite de la régionalisation au Sahara dépendra sa généralisation aux autres provinces du pays. Elle ne doit donc être partielle et encore moins ratée. -Renforcer la Défense Nationale à titre de dissuasion pour éviter toute surprise. Nos jeunes officiers, issus de nos écoles, en sortent avec un bagage intellectuel élevé en sus de leur formation militaire, connaissances qui leur permettent, parallèlement à leurs expériences sur le terrain, de parachever leur savoir. Ceux titulaires de doctorats dans divers domaines ne se comptent plus et leur nombre va crescendo. Ceux qui parlent les langues sont légion. Ils sont aujourd'hui capables de gérer une armée moderne et une technologie de pointe pour mener les Forces Armées Royales à bon port. Celles-ci sont dirigées par de jeunes généraux, riches de leurs connaissances acquises dans les grandes écoles et les instituts, tant au Maroc qu'à l'étranger, et pourvus d'expériences qu'ils ont vécues sur le terrain, expériences qui les ont aguerris et préparés depuis 1976. Le Sahara, qu'ils défendent avec acharnement, s'est avéré une grande école aussi qu'un grand rassembleur et un ferment du patriotisme et du sacrifice. La rusticité du désert façonne le combattant et le rend insensible à rudesses du climat et aux difficultés naturelles rencontrées dans les différents reliefs sahariens. L'armée marocaine, gardienne des traditions patriotiques, est formée à partir de toutes les couches sociales du pays et de toutes les régions. Elle symbolise l'union nationale autour de la monarchie et autour de notre cause nationale: la marocanité du Sahara. Elle en a fait le serment. L'esprit d'initiative et le pouvoir de décision sont les qualités maîtresses du chef imbu du sens de la responsabilité. Dès qu'ils ont mis les pieds au Sahara, les FAR ont senti le poids, combien lourd, de cette responsabilité qu'ils assument avec honneur depuis plus de trente ans. Elle n'a recouvré le Sahara qu'après l'accord tripartite de Madrid et l'aval de l'ONU. On ne peut donc traiter son action d'invasion. Elle n'est pas non plus une armée conquérante comme le prétend le président algérien dans ses lettres adressées officiellement à l'Assemblée Générale et au S.G. de l'ONU, enregistrées sous les N° A-58-873 et S-2004-651. Elle a récupéré, sans complexe aucun et avec fierté, un territoire marocain qui a été spolié par le colonisateur. Il y a invasion, suivant le droit international, quand l'armée d'un pays envahit un autre Etat souverain et internationalement reconnu. Le règlement de la Haye de 1947 et la 4ème convention de Genève du 12 août 1949 précisent «qu'une puissance occupante est l'Etat qui occupe partiellement ou totalement un autre Etat qui bénéficie des compétences qui régissent son existence en tant que pays souverain sur son territoire dont les frontières sont définies et reconnues par les instances internationales». Les FAR sont au Sahara depuis le 16 avril 1958, quand un officier des leurs a pris en charge la province de Tarfaya qui n'est que le prolongement vers le Nord du Sahara marocain actuel. Depuis la marche verte, les FAR assument la protection et la sauvegarde des lieux dans le cadre de l'intégrité du territoire, devoir cardinal qui figure a la tête des autres missions, face aux incursions du POLISARIO. Plusieurs périodes de combat les ont opposées aux séparatistes. La construction du mur de protection qu'elles ont érigé a mis fin aux raids ennemis. Le cessez le feu de 1991 a arrêté le combat, mais n'a pas mis fin aux hostilités et à la situation de ni guerre ni paix. Cette position oblige les FAR à rester vigilantes et prêtes à réagir. Malgré le cessez le feu et la présence de la MINURSO, elles veillent sur un espace qui leur est confié et qu'elles défendent depuis trente années. Le sacrifice sur le champ d'honneur de milliers de soldats de tout rang démontre leur courage et met en exergue la fidélité qu'elles cultivent à l'égard de leur devise, dieu, la patrie, le roi. Outre la défense du territoire, elles ont concouru, plus d'une fois, au développement social et économique de la région. En 1976, elles représentaient la seule institution nationale qui était capable de tout prendre en main, avant même l'arrivée des représentants des autres ministères et organismes de l'Etat. Elles ont construit des routes, creusé des puits, élevé des écoles, transporter les populations, distribué des vivres aux classes nécessiteuses, surtout après la longue période de sécheresse qui a disséminé le cheptel camelin. Pour continuer la fusion des populations entre celles du nord et celles du sud, à l'instar des générations précédentes, plusieurs membres de l'armée, hommes et femmes, ont formé des familles avec des conjoints sahraouis, participant ainsi à l'union génétique et sociale du peuple. Les sommes d'argent que les militaires engagent sur place sont d'un apport important dans l'économie locale. Etant des soldats de métier, les mariés dépensent le gros de leur salaire pour l'entretien de leurs familles vivant près d'eux, au Sahara. Les dépenses officielles de l'armée sont autant d'injections financières dans l'économie régionale et qui contribuent à l'amélioration de la vie de ces provinces. Cette circulation financière de sommes importantes a tiré vers le haut le niveau de vie des habitants et créé des postes d'emploi. De nouveaux corps de métiers, qui n'existaient pas au temps des Espagnols, abondent aujourd'hui et répondent aux besoins nouveaux de la population. Outre la protection militaire que l'armée assure avec abnégation, l'action de répondre aux besoins de la population, d'améliorer son quotidien, de lui assurer bien être et sécurité, matérialise les meilleures mesures capables de déjouer les visées des séparatistes, de briser leur élan, de détruire leurs propagandes et de dévoiler au grand jour leurs manouvres. L'armée royale remplit un rôle de premier ordre dans ces provinces qu'ils ont hissées au niveau des autres régions du Nord. -Renforcer le rôle de la presse nationale et internationale. Ces mesures proposées ci-haut sont prometteuses et portantes pour l'avenir. Elles seront toutefois difficilement comprises si elles ne sont pas appuyées par des medias nationaux qui ont un rôle capital à tenir dans tout projet de cette grandeur. Elle doit être nationaliste, réfléchie et consciente de son l'action. Un esprit de critique constructive doit dominer dans tous ses discours, ses démarches et ses analyses. Pour ce faire, elle aura à s'initier profondément à l'histoire maroco saharienne et à connaître les causes réelles, celles apparentes et celles occultées, qui sont à l'origine du conflit. Elle n'a pas droit à l'erreur et ni à l'improvisation ou au supposé. Les medias étrangers sont aussi à solliciter. Ce rôle est dévolu au ministre des affaires étrangères et à celui de l'information. Des conférences, colloques et tables rondes, auxquelles sera conviée la presse étrangère et nationale, doivent se multiplier tant au Maroc qu'à l'extérieur. Les initiateurs de ces rencontres expliqueront le Sahara à ceux qui n'en connaissent pas l'histoire et qui sont souvent manipulés par la propagande algérienne. Les médias sont devenus une force omniprésente dans la communication et un moyen incontournable pour faire porter au loin l'idée à lancer. Nos responsables doivent multiplier les liens et les contacts avec les medias de toutes étiquettes politiques ou syndicales. Aujourd'hui, la communication est devenue une science et un art qui s'apprennent. Il faut communiquer pour séduire, communiquer pour persuader ou dissuader, communiquer pour convaincre. Ce sont là les buts que les spécialistes ont fixés à la communication. Sans une communication méthodique et régulière, il est difficile de se faire connaître d'abord, de séduire ensuite et de convaincre enfin. Une vraie communication nécessite la libre circulation des informations au sein de tous organes du pays. Le savoir-faire de la transmission des informations aux tiers est assujetti à la clairvoyance et à l'initiative. Cette dernière exige des connaissances supérieures des matériaux et de l'objet à communiquer et requière un pouvoir d'ascendance irrésistible. Il est avéré que le manque de communication fait place à l'imagination qui entraîne des conséquences fâcheuses et des interprétations contradictoires. -Tenir compte des résultats obtenus après la création du CORCAS. Dès la création du CORCAS, son président et ses membres n'ont cessé de sillonner le monde pour expliquer aux gouvernements des Etats visités le but de leur organisme: ouvrer pour consolider le projet de l'autonomie dans le cadre de l'intégrité territoriale du Maroc et dans le respect des institutions internationales. Aux côtés des membres du CORCAS, d'autres émissaires de S.M. le roi ont parcouru les cinq continents pour conforter ledit projet. Le CRCAS, a donné ses fruits en moins d'un an: -Des cadres polisariens, encouragés par l'option de l'autonomie, ont rejoint le Maroc et d'autres ne manqueront pas de les suivre. -Toutes les capitales visitées par le CORCAS et par les émissaires royaux ont soutenu cette solution, l'ayant jugée plus adéquate. C'est un appui international précieux. -L'ONU, la Ligue Arabe et plusieurs pays de l'Union Africaine ont approuvé. -Trois pays ont été convaincus et ont retiré leur reconnaissance à la RASD: Le Burundi, Cambodge, le Kenya. -M. Ben Bella, premier président de la République Algérienne, et M. Ibrahimi, ancien 1er ministre algérien, ont déclaré, individuellement, que l'Autonomie au Sahara est la solution juste. Ils sont rejoints, dans leur point de vue, par plusieurs ONG algériennes et autres. -Des medias étrangers ont louangé cette voie et l'ont favorablement commentée. -Des révoltes et des échauffourées sont devenues courantes dans les camps des séquestrées et dans les rangs du POLISARIO à Tindouf. -Mme. Khadija, épouse de Mohamed Abdelaziz, a déclaré aux journalistes, en janvier 2007, que «les jeunes des camps à Tindouf manquent d'enthousiasme et ne montrent aucun intérêt pour la thèse séparatiste. Ils ne pensent qu'aux affaires sûres et lucratives». -En juillet 2006, un groupe de cadres séparatistes à Tindouf et quelques jeunes des camps ont créé un mouvement de protestation «La ligne du martyr» qui ne cache pas son vou d'opter pour la voie de l'autonomie. Le 12 avril 2006, le Maroc a soumis au S.G. de l'ONU, M. Ban Ki-Moon, le projet de l'autonomie au Sahara, cette instance ayant toujours préconisé une solution politique. C'est alors que ledit projet, s'inspirant des propositions de l'ONU et des règles internationales, fixe les aptitudes de la région autonome qui s'administrera par le biais de ses organes législatif, exécutif et judiciaire dans les limites du son territoire: administration locale, économie et développement avec la gestion de ses propres ressources, budget et fiscalité, infrastructures, social, culturel et environnement. L'Etat conservera la compétence exclusive sur -les attributs de la souveraineté nationale, le drapeau, l'hymne national, la monnaie, -les attributs liés aux compétences constitutionnelles et religieuses, -la défense nationale et la sécurité intérieures et extérieures, -les relations internationales et affaires étrangères, -l'ordre juridictionnel du royaume. La proposition marocaine n'est pas figée. Elle peut recevoir d'autres amendements lors des négociations. Toutefois, ce n'est point par excès de pessimisme qu'il faut prôner la prudence. Il faut savoir gérer les pourparlers et tracer des lignes rouges. Aussi le Maroc doit-il préciser d'avance: -ce qu'il peut concéder sans négociations, -ce qui peut être négocié, -ce qui relève de sa seule souveraineté et qui n'est point négociable ni cessible. L'autonomie sortira la région de l'impasse et l'ouvrira sur des horizons qu'attend l'UMA depuis longtemps. Elle assurera sécurité, essor et confiance dans l'ensemble maghrébin. Les instances internationales et l'Algérie doivent savoir que le Maroc est à l'extrême limite de ce qu'il peut offrir. Elles doivent saisir, au plus tôt, cette opportunité. -Tenir compte des acquis déjà réalisés et les préserver. Depuis juillet 1999, le Maroc aborde un nouvel ordre national, une nouvelle orientation socioculturelle et une nouvelle direction des affaires de l'Etat. Il souscrit à une époque plus déterminée et plus éclairée par une nouvelle conception de la citoyenneté. La politique nationale et la gestion du pays reprennent leurs lettres de noblesse pour un projet d'une société moderne. Le Maroc de demain, c'est Institution Nationale de Développement Humain, c'est la consolidation de l'existant tout en continuant la marche vers l'avant avec l'appui de la justice pour assurer la bonne gouvernance. Le rapport de «50 ans de développement humain» et ses perspectives pour 2025 constituent une base cardinale pour une véritable optique rassurante. Le Maroc bouge et étonne. Sa progression vers la démocratie avance sans soubresauts. Elle est menée par une monarchie engagée et appuyée par un peuple volontariste et conscient de sa participation à la construction et à la gestion d'un pays qui aime lancer les défis, d'un pays dont l'élite se sent responsable devant la conjoncture mondiale. Celle-ci exige la mise en ouvre d'une nouvelle conception des relations internationales et régionales. Elle a senti le souci d'assurer l'intégrité du pays et de protéger ses acquis. A travers le travail herculéen accompli en l'espace de sept ans, il a déjà franchi le seuil du club des Etats démocratiques et modernes, visant une nouvelle ère de légalité, de transparence et de liberté. Ce Maroc nouveau suscite la confiance et l'aval de ses partenaires et stimule ses populations à avoir foi en elles mêmes et en leur destin. Le pays s'est transformé en un vaste chantier nourrissant de grands espoirs qui engagent le citoyen sur la voie de l'optimisme et du Jihad, c'est à dire à la recherche du meilleur. Le Marocain est conscient de sa position comme il se sent capable de gagner les paris. Il aura fait le choix de cette ultime solution d'autonomie. Toutes les initiatives qui viennent du peuple ne peuvent être que positives et d'un grand apport pour la solution proposée. Les marocains ont compris l'importance de cette issue et sont en mesure de l'enrichir et de la pourvoir de nouvelles exhortations. Sous l'égide du roi, ils sont décidés à participer à l'élargissement et au renforcement du processus démocratique qu'accompagnera le mécanisme de régionalisation. Régionalisation et démocratie ouvriront le pays au bien être de sa population. La richesse humaine du pays et sa conscience profonde et durable lui feront sauter tous les obstacles en évitant tout débat idéologique ou controverse partisane infructueuse. Le Maroc dispose d'un potentiel de jeunes capables de braver les aléas des lendemains. Ayant la force d'ériger un Maroc nouveau dans une démocratie nouvelle, ils ont besoin qu'on leur fasse confiance et qu'on leur donne l'occasion de s'épanouir. La démocratie qui ne mobilise pas la jeunesse n'en est pas une. Le roi Mohamed VI le sait et s'y conforme. C'est cette jeunesse qui doit être à la base d'une citoyenneté positive et futuriste. Le long de tout ce processus, nous devons rester vigilants et volontaristes, sur le plan interne comme sur le plan diplomatique. Nous devons réajuster notre mode d'analyse et nos stratégies offensives. Nos repères doivent reposer sur l'action, la prénotion et l'initiative. Le Maroc n'est nullement obligé de négocier avec qui que ce soit l'option de sa politique de régionalisation et de la dimension de l'autonomie à accorder, ni encore moins son ouverture sur la démocratie et la liberté d'expression. Il est un pays majeur et constitutionnel dont la mémoire est forte de plusieurs millénaires. Vouloir lui imposer une régionalisation autrement confectionnée, c'est s'immiscer dans les affaires internes d'un Etat souverain. Le peuple marocain ne pliera pas l'échine devant une telle posture, même si elle émane d'instances internationales ou sous la pression d'une puissance. Avec S.M. Mohamed VI, parut une nouvelle société marocaine qui redéfinit l'espace politique. Le peuple est conscient qu'une bonne gouvernance qui occupe le terrain au lieu de le laisser en friche entre les mains d'e séparatistes d'un côté et d'obscurantistes de l'autre. Ils sont capables d'y semer toute idée qui risque, si on n'y prend garde, d'aboutir à une crise désastreuse. Plus d'un observateur marocain ont tiré la sonnette d'alarme. L'exode désordonné à l'étranger de jeunes Marocains, du plus ignorant à l'universitaire, au risque de leur vie, n'est-il pas un avertissement? Les discours du roi, prononcés le 18 mai 2005 et le 25 mars 2006, doivent être compris comme un sursaut. Sa Majesté est montée au créneau pour dire qu'aux grands maux, les grands remèdes. «Kifaya» (assez) auraient dit les Egyptiens. «Baraka Khlass» (ça suffit) a déjà dit Mahjoubi Aherdane dans son livre qui porte le même titre (La Porte. Rabat. 1998). La dynamique du roi, son ouvre réformatrice, sa politique d'ouverture, son projet de développent humain, ont besoin d'être accompagnées de l'action énergique d'un citoyen fort et patriotique. L'exemple nous est donné par une certaine jeunesse entreprenante, au Sahara comme partout au Maroc, une jeunesse qui s'est prise en main et qui est en train de se hisser à un niveau que doivent suivre les autres de leur âge. Cette marche vers l'initiative est initiée et encouragée par le roi lui-même qui accorde la plus haute attention à l'avenir de cette adolescence qui aura à l'accompagner le long de tout son règne, suivant une stratégie et une vision à moyen et long terme, vision qui exige ferveur et persévérance. Le roi a imprimé un rythme de travail tant aux instances nationales et au gouvernement qu'à son entourage. Il a réussi à secouer les pesanteurs et à stimuler les énergies. Il a impliqué tous les acteurs de la scène marocaine, plaçant le trône aux avant-postes de la mutation d'un pays aux larges ambitions. Sa politique est d'aller à la rencontre du peuple, d'écouter ses doléances. Il a forgé un nouveau cadre à la monarchie par la communication sans intermédiaires, par des gages concrets pour répondre aux besoins immédiats et à ceux à venir. Il s'est placé à la tête du combat social. Ses actions sont accompagnées d'une insertion sociétale mettant au devant l'emploi avec ses programmes et ses problèmes dont la réduction du seuil de la pauvreté n'est pas la moindre. Les ambitions d'un Etat ne peuvent être réalisées par les formules et les slogans. Convaincre le citoyen et trouver la parade à tous ses maux découlent d'une politique programmée qui tient compte autant des moyens disponibles que des urgences. La politique sociétale que le Maroc a choisie est guettée par des idéologies extrémistes de tous genres. Au regard de ces risques, il doit prendre des initiatives pour devancer les événements et sauvegarder ses acquis. Continuer à exister comme si le décor était normal, ce que nous avons fait depuis longtemps, devient de plus en plus aléatoire. La politique de l'autruche ne mène qu'a l'atrophie. Si nous regardons autour de nous, nous découvrirons que nous sommes au crépuscule d'une ère et à l'aurore d'une nouvelle. L'apologie humaine n'est jamais atone, même dans les espaces de transitions. L'homme, ses valeurs et ses institutions évoluent au-delà des obstacles. Ce ne sera pas la première fois que le Maroc achève une ère pour chevaucher une nouvelle. Il lui est arrivé souvent de passer de l'une à l'autre sans s'en apercevoir et sans pleurer la précédente. Le roi Mohamed VI nous offre cette perspective tant attendue. L'UMA peut nous en offrir une autre. Nous avons donc à ouvrer pour préserver notre ère des valeurs et du bien-être spirituel tout en poursuivant d'autres factures temporelles qui mènent aux progrès que nous offrent la science et la technologie. Nous vivons une époque qui s'urbanise et se modernise rapidement. Prenons le TGV pour nous situer au diapason avec l'histoire universelle, l'histoire de l'Homme. Pour y parvenir, cultivons le sens de l'efficacité et de la responsabilité dans un environnement de rationalité socio économique et face à une compétition impitoyable que prépare la mondialisation. L'intégrité du territoire a un prix. Des milliers de milliards de dirhams ont été investis pour le développement des provinces sahariennes dans tous les domaines. Des milliers de Marocains sont tombés au champ d'honneur pour que le Sahara marocain reste marocain. Des centaines de soldats marocains ont moisi dans les geôles algériennes pendant plusieurs années. D'autres milliards seront dépensés pour davantage de progrès et d'autres Marocains sont prêts à mourir pour préserver le moindre grain de sable de leur Sahara. Les gens d'Alger doivent savoir que le peuple marocain est prêt à tous les sacrifices pour parer aux lendemains incertains que leur prépare Bouteflika. Ils ne sont pas dupes. C'est à cet effet que Rabat doit refaire une nouvelle lecture de sa politique saharienne d'abord, nationale ensuite et maghrébine enfin. Depuis la dynastie almoravide, le vent du changement a toujours soufflé du Sahara. Les dynasties qui avaient hissé le pays au plus haut degré sont toutes montées du Sud. Aujourd'hui encore, c'est le Sahara qui sera le phare qui rayonnera sur le reste du Maroc. Ce vent apportera dans ses ailes non seulement la majesté du palmier et la fierté du nomade, mais aussi et surtout le renouveau, la démocratie et le développement humain qui baigneront tout le Maroc. Et l'histoire n'aura pas échappé à cette tradition saharienne de si longtemps assumée par le peuple marocain, de la Méditerranée aux tréfonds du Sahara. Nous vivons les temps de la vitesse. Toute pesanteur ou déliquescence dans les prises de décision est préjudiciable. Le rythme du changement et de l'application des mesures prises doit tenir compte de la dimension temps qui a acquis aujourd'hui une rapide vitesse de croisière, différente des lenteurs de jadis. Ce qui était âpre à atteindre hier est aujourd'hui à portée de la main. Ces recommandations pour une solution unilatérale apporteront leur fruit quand les tenants du pouvoir auront été circonspects, prévenants et quand ils auront appris que «nul ne peut résoudre un problème s'il n'en connaît pas toutes les données et nul ne peut défendre une cause tant qu'il n'en connaisse pas les tenants et les aboutissants». C'est à cette condition que le Sahara peut être expliqué à tous, aux Marocains eux-mêmes, aux instances internationales et régionales et aux étrangers. Le peuple algérien, en premier lieu, doit être informé des motifs patents qui ont poussé ses dirigeants à monter cette pièce théâtrale. Lui, dont la révolution a été prise en otage par une poignée d'hommes autrement intéressés, doit prendre l'initiative et s'engager, aux côtés du peuple marocain, dans la validation de la solution proposée par le Maros, dans l'intérêt d'une UMA qui assurera bien être et avenir à tous les maghrébins. Que Dieu nous entende Ecrire une réponse
|
||||||
|
|
||||||















