Voyage dans la blogosphère littéraire PolitiqueDans une "blogosphère" en pleine éclosion, la littérature ne pouvait rester étrangère à la Toile: sur le chantier touffu des blogs littéraires se retrouvent une poignée de "pros" et des milliers d'"amateurs" qui peuvent ainsi être lus sans être publiés.
A mi-chemin entre le site statique "traditionnel" et le forum de discussion, un blog est un site interactif, facile à administrer, organisé sous la forme d'un journal et permettant la publication et le partage d'idées. C'est en quelque sorte le prolongement intime du site personnel servant principalement à diffuser de l'information.
Il paraît, à lire le Journal Officiel, qu'"on ne doit plus dire +blog+ mais +bloc-notes+, même si on ne voit pas ce qui, dans ce mot, évoque la qualité +en ligne+ du carnet", écrit Pierre Assouline, un des rares auteurs chevronnés à tenir un "blog" (la-république-des-livres). Alors que le nombre de blogs ne cesse de grandir, les écrivains reconnus sont encore rares. On peut toutefois citer Virginie Despentes (iloveyouso) ou François Bon (tierslivre.net). Mais c'est l'occasion de découvrir des anonymes, à l'instar de Christian Cottet-Emard (le-blog-litteraire) ou de Jean-Jacques Nuel (nuel.hautetfort.com). Sur son blog les-mots-grands-ouverts, Teri Alves note que "les blogs ne sont plus seulement le moyen de s'offrir une +existence+ sur internet mais un véritable moyen de communication à grande échelle pour qui veut partager bien plus que ses bribes de vie. L'écriture s'est emparée des facilités qu'offre ce média pour mieux se rendre visible". Christian Cottet-Emard, auteur d'un livre sur Jean Tardieu et qui raconte sur le web ses déboires pour promouvoir cet essai, assure que "par le blog, on peut maintenir une sorte de concertation, un réseau d?amitié aussi. On est là à écrire nos petites histoires, on se soutient les uns les autres aussi. Mais le sujet est toujours le même: l?écriture". Pour tenter de s'y retrouver, un-blog-par-jour fait office d'annuaire: il cite, entre autres, laMuselivre ("contre l'onanisme germanopratin"), biblioblog, blog-noir, une-promenade-parfaite, autres-espaces, do-not-fold, univers-littéraire, terres-de-femmes, cor-ne-edito, "CEMaPI" (analyse socio-linguistique de l'oeuvre de Mazarine Pingeot!) etc. La qualité est inégale. Parfois, le ton est virulent, très passionné. Il n'y a qu'à rendre visite à stalker, un blog destiné à "disséquer le cadavre de la littérature". Sans cesse, de nouveaux blogs naissent et meurent. Sur lafeuille, on discute beaucoup d'actualité. On parle de Google ou de la bibiothèque numérique européenne. Un des débats les plus intéressants concerne les rapports entre l'électronique et l'édition "papier". On affirme que "le blog événementiel autour de la sortie du livre va certainement se généraliser dans les années à venir. Beaucoup d'éditeurs vont inviter leurs auteurs à ouvrir leur blog, pour accompagner le +buzz+ (bouche-à-oreille), recenser les articles de presse, permettre un échange avec les lecteurs". Sur ce même blog, Chris Chesher, de l'université de Sydney, assure que "loin de dissoudre la profession d'auteur, les blogs la perpétuent, coexistent avec et la transforment". Un autre internaute pense qu'"internet permet de donner vie au +fond+ que connaissent bien les libraires, aux livres qui ne font pas l'actualité, aux perles rares. Mais il est d'abord une caisse de résonance accrue pour les livres qui se vendent le plus, pour parler de ceux dont on parle le plus". |
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