Entreposés après avoir été fondus dans du verre, les déchets hautement radioactifs issus du cœur des centrales nucléaires ne représentent que 0,2% du volume total mais dégagent près de 92% de la radioactivité.
Aujourd'hui détenus par Electricité de France, Areva ou le Commissariat à l'énergie atomique, ils doivent être stockés à plusieurs centaines de mètres sous terre par l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).
Actuellement, l'Andra dispose de deux centres de stockage pour les déchets de faible activité à "vie courte" (dont la radioactivité est divisée par 2 en moins de 30 ans) et d'un autre pour les déchets à très faible activité.
Le plus vieux, situé à La Hague, est plein depuis le début des années 1990 tandis que les deux autres, en cours de remplissage, se trouvent dans l'Aube.
Les trois sites de stockage existants et deux à venir (pour les déchets à très longue durée de vie actuellement entreposés) "ont été prévus pour traiter tous les déchets du parc actuel de centrales nucléaires, jusqu'à la fin de leur existence", selon Bruno Cahen, directeur sûreté qualité environnement de l'Andra.
Une grande quantité de déchets restent actuellement entreposés près des centrales nucléaires, des centres de recherche ou de l'armée, ou sont regroupés en surface en attendant leur stockage définitif.
Par ailleurs, la France compte 200 anciennes mines d'uranium. La dernière a fermé en 2001. 19 d'entre elles qui comportent des résidus sont surveillées.
Mais lors de l'extraction de l'uranium, des pierres dites "stériles" ont aussi été remontées à la surface à côté du "yellow cake", le minerai à enrichir.
Une partie de ces caillasses a été utilisée pour construire des remblais (comme pour les routes ou les parkings) dont la radioactivité, faible, reste par endroits jusqu'à plusieurs centaines de fois supérieurs à celle du granit, selon la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).
"Il nous semble tout à fait légitime de demander l'enlèvement de ces remblais qui vont être radioactifs pendant des milliards d'années", a déclaré Bruno Chareyron, de la Criirad.
Il ajoute que pour Areva, "le coût serait dérisoire, alors que les coûts de gestion sur des millions d'années pour la société seront autrement plus élevés".
A Saint-Priest-la-Prugne, dans le massif du Forez (Loire), six sites ont été décontaminés par Areva et deux autres doivent encore l'être, sur environ 80 où des "stériles" ont été utilisés.
Insuffisant, selon la Criirad, qui demande à l'exploitant nucléaire, "d'assumer ses responsabilités jusqu'au bout".
Areva, qui emploie 100 personnes et dépense 40 millions d'euros par an pour la surveillance des anciennes mines, estime que la radioactivité près des anciennes mines est proche des valeurs naturelles.
Le groupe reproche à la Criirad "d'utiliser les mesures sur le thème de la peur", selon Yves Dufour, son porte-parole sur les activités minières.
L'augmentation de la radioactivité dans les anciennes régions minières est de l'ordre du millisievert par an, une quantité inférieure à la radioactivité naturelle moyenne, souligne M. Dufour.