Le cannabidiol représente une molécule du cannabis avec des potentiels thérapeutiques indéniables. Il stimule le fonctionnement du cerveau par le biais de l’anandamide. Sa consommation favorise la relaxation et le sommeil. Le CBD procure un véritable sentiment de bien-être et se révèle sans effet psychoactif. Il contribue à une meilleure prise en charge de nombreuses pathologies. Conscients des vertus du CBD, certains pays ont légalisé sa détention et son absorption. Quant au Maroc, il continue d’interdire toute exploitation du cannabis et de ses dérivés. Mais certains acteurs du monde politique et de la société civile militent pour que le gouvernement autorise officiellement la consommation du CBD.

Le CBD au Maroc, une loi pénale de façade

La législation marocaine interdit formellement la production, l’absorption et la commercialisation du cannabis. Les cultivateurs du haschich et les fumeurs de joints encourent une peine d’emprisonnement de 2 mois à 1 an. Par contre, les textes restent assez muets sur l’utilisation des dérivés de cette substance à des fins médicales.

Une répression à double vitesse

Dans la pratique, le gouvernement marocain tolère le délit de consommation de stupéfiants. Les autorités ne punissent quasiment plus l’absorption du cannabis. Les citoyens peuvent s’en procurer presque à tous les coins des rues sans risque de se faire arrêter. Par contre, la loi semble s’appliquer strictement en ce qui concerne les dérivés de cette substance. Ainsi, les vapeshops et les plateformes spécialisées du Maroc ne proposent pas d’e-liquide CBD. Or, ils importent la plupart de ces articles de pays européens avec une législation flexible sur le cannabidiol. Par exemple, vous pouvez vous procurer en toute légalité le CBD en France. Mais, sa consommation reste bien encadrée par la loi. De nombreux sites commercialisent de multiples produits qui intègrent ce dérivé du cannabis.

Officiellement, les autorités mènent une véritable chasse aux sorcières aux cultivateurs, aux contrebandiers et aux revendeurs du hashish.  Mais, un système de pots-de-vin bien élaboré existe selon quelques indiscrétions. Ainsi, les peuples des montagnes du Rif continuent d’opérer en toute tranquillité. Néanmoins, ils prennent soin de dissimuler leurs champs pour sauver les apparences. Cette relative tolérance s’explique notamment par le statut du Maroc. Ce pays demeure à ce jour plus grand producteur de hashish au monde. Cela représente une importante source de devises étrangères. Les autorités appliquent donc officieusement des règles spéciales pour éviter de mettre en péril un business juteux pour les caisses de l’État.

Le CBD au Maroc, un débat politique et social engagé

La constitution marocaine de 2011 a officiellement reconnu les droits et les libertés individuelles dans son préambule. La société civile, les militants des droits de l’homme et les universitaires en ont profité pour évoquer publiquement la question de la légalisation du cannabis dans le cadre d’un usage thérapeutique et industriel. Fort heureusement, quelques partis politiques ont également pris conscience des enjeux. Cela a suscité un véritable débat national.

Une implication des scientifiques et des activistes

Des professionnels avertis ont profité de la liberté d’expression offerte par la nouvelle constitution marocaine pour dénoncer publiquement le cercle vicieux sur le cannabis. Ils évoquent une farce qui maintient les producteurs sous le joug des mafieux. En effet, l’interdiction de l’État favorise le développement de circuits clandestins et d’importants manques à gagner pour les caisses publiques. Dans ce cadre, l’activiste Chakib El Khayari a officiellement défendu la législation. Ce natif des montagnes du Rif avait lancé l’initiative Freedom now. Cela a consacré la naissance d’un véritable lobby en faveur de la dépénalisation du cannabis. Son combat lui a valu la prison en 2009. Il milite encore aujourd’hui pour l’adoption d’une réglementation plus favorable sur ce stupéfiant.

Par ailleurs, le professeur de pharmacologie Mohamed Ben Amar a officiellement invité le gouvernement marocain à lever l’interdiction relative à production, la commercialisation et la consommation du cannabis et de ses dérivés. Il a mis en avant les impacts évidents d’une telle mesure au plan social et économique. Il n’a pas hésité à comparer la situation du Maroc avec celle du Canada. La légalisation de cette substance permettrait de contrôler la vente et d’empêcher que les mineurs y accèdent. L’État pourra également surveiller la qualité du cannabis produit. Il veillera à une standardisation de la concentration en tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD). Cela aidera les autorités publiques à éliminer facilement les mauvais haschichs des circuits de distribution. La dépénalisation de ce stupéfiant contribuera à affaiblir le marché noir et à limiter l’envolée des prix. Cela déstabilisera considérablement les mafieux et le crime organisé. Bien évidemment, l’État encaissera plus de recettes. Les responsables sanitaires pourront investir davantage dans les programmes d’information et de sensibilisation.

Les vertus thérapeutiques du CBD suscitent de plus en plus de débats sur la légalisation du cannabis, y compris dans les pays les plus consommateurs.

Un regain d’intérêt politique autour du cannabis au Maroc

À l’instar des activistes et des intellectuels, certains acteurs politiques militent officiellement en faveur de la dépénalisation du CBD. Dans ce cadre, les élus du parti authenticité et modernité (PAM) ont effectué une mission dans le Rif pour discuter avec les producteurs. Ils ont introduit en 2015 un projet de loi en vue de la légalisation du cannabis. Le dispositif prévoit la création d’une agence étatique. Celui-ci se chargera de contrôler l’exploitation de ce stupéfiant dans le Royaume. Il supervisera sa commercialisation et son usage final. La culture du hashish interviendrait uniquement dans les zones impropres à d’autres plantes. Cette proposition de loi a reçu le soutien du parti de l’Istiqlal. Par contre, le gouvernement a dénoncé cette initiative. Les députés du parti de la justice et de développement ont même accusé l’opposition de propagande et de manœuvres électoralistes. Le projet reste au point mort. Un débat n’a jamais porté sur la question au Parlement. Ilyas El Omari, un membre influent du PAM, a commandité en 2016 une étude sur les utilisations médicales et environnementales du kif. Confié à l’université Mohammed-V, ce travail devrait permettre de disposer d’une preuve scientifique en faveur de la légalisation du cannabis au Maroc. Après la première déconvenue parlementaire, le parti authenticité et modernité n’a pas jeté les armes. Il a introduit une seconde proposition de loi. Celle-ci prévoit d’amnistier les agriculteurs détenus et ceux en fuite. Leur nombre s’élèverait à 45 000. Le PAM souhaite mettre fin à la psychose permanente des paysans rifains.

Le CBD au Maroc, une clandestinité préjudiciable à l’économie

La commission nationale de lutte contre les stupéfiants a estimé que le Maroc a cultivé l’année écoulée plus de 50 000 hectares de cannabis et a obtenu plus de 700 tonnes de haschich. Selon un rapport américain de mars 2017, cela représenterait 23 % du produit intérieur brut du pays qui s’élève en 2018 à ‎298,62 milliards $. Certes, de nombreux chercheurs évoquent une surestimation. Mais cela permet de comprendre la manne financière procurée par ce secteur d’activité. En effet, le Maroc demeure le premier producteur mondial de cette substance. Il les exporte essentiellement vers l’Europe via un réseau de trafiquants. Ce business constitue la principale source de devises pour le Maroc. L’économie du cannabis suscite désormais un véritable débat au sein de la société civile, des médias et des partis politiques. En effet, le Royaume tolère largement ce stupéfiant qui reste pourtant interdit. Les recettes générées s’élèvent à des milliards. Malheureusement, seuls les mafieux et les trafiquants en profitent réellement. Ils négocient le hashish à des prix très bas et le revendent avec des bénéfices très intéressants. Ils s’enrichissent sur le dos des familles qui s’échinent dans les champs en toute violation de la législation. Quant à l’État, il demeure le grand perdant cette interdiction. De nombreux circuits écoulent frauduleusement des tonnes de cannabis en direction de l’Europe dans des pays comme la France et l’Espagne. Le Maroc laisse ainsi filer chaque année des milliards. La manne financière du haschich aurait pu permettre aux autorités de réguler et de contrôler cette activité.

La légalisation de cannabis au Maroc, la nécessité de franchir le pas

Les habitants du Rif restent très attachés à la culture du hashish. Cela représente chez eux une activité ancestrale. De plus, ils ont la ferme conviction que leurs terres ne supporteraient pas d’autres plantes. Ils ont toujours manifesté leur détermination à produire du cannabis comme le prouvent de nombreux exemples.

  • Tous les programmes financés par l’Union européenne pour instaurer des cultures alternatives n’ont simplement pas abouti.
  • L’État a essayé de recourir à la force pour endiguer le phénomène. Sa politique a consisté entre 2003 et 2011 à limiter les surfaces cultivées afin de supprimer progressivement cette activité. Une grande campagne de répression a alors eu lieu avec de multiples saisies.
  • Le Maroc a également œuvré en faveur du décloisonnement des routes communales.Malheureusement, tous les projets de développement initiés n’ont pas convaincu les paysans qui ont continué avec leur business habituel.

Ces différentes initiatives ont eu des impacts limités. Certes, la production annuelle a diminué sur quelques années. Mais les cultivateurs n’entendent pas abandonner le hashish. Mieux, ils se lancent dans des expérimentations pour améliorer la qualité de leur cannabis. Récemment, ils livrent sur l’Europe des stupéfiants avec un taux de THC plus élevé. Face à l’échec de ces différentes stratégies de déstabilisation, le Maroc devrait plutôt penser à réguler en vue de mieux contrôler. Cela représenterait une indéniable aubaine. En effet, le cannabis suscite aujourd’hui un véritable regain d’intérêt. Le CBD requiert de plus en plus l’attention des industries pharmaceutiques du monde entier et l’univers de la vape. Tôt ou tard, les élus marocains devront se débarrasser de leur conservatisme. Ils comprendront que leur pays gagnera énormément avec la légalisation du cannabis.

Un contexte favorable à la dépénalisation du CBD

Les faits démontrent que les autorités marocaines ont une réelle emprise sur la région du Rif et sur les trafiquants. En effet, la localité n’enregistre aucun conflit et aucune violence liée au cannabis. Les acteurs impliqués font preuve d’un savoir-faire indéniable et semblent opérer avec la bénédiction de certains responsables au plus haut sommet de l’État. Les mafieux ne s’attaquent pas aux institutions publiques et les citoyens bénéficient d’une véritable sécurité. Ce contexte se révèle très favorable pour une régulation du secteur. Le Maroc pourra facilement engager des réformes pour mieux contrôler les activités et réorganiser les filières. Cela permettra de développer des réseaux légaux de distribution et d’exportation du cannabis produit. Cela aidera à supprimer les circuits mafieux pour maîtriser véritablement la consommation. Cette réforme représente une aubaine pour l’État puisqu’elle contribuera au renflouement des caisses publiques. Les autorités sanitaires en profiteront pour mieux encadrer l’absorption des stupéfiants via des campagnes de sensibilisation. Les dealers perdront alors toute influence. Les partis politiques doivent donc continuer à discuter de cette situation préoccupante.

Par ailleurs, le Premier ministre marocain actuel s’est déjà montré par le passé favorable à la réglementation du cannabis dans le Royaume. Religieux modéré, Saad Eddine El Othmani prône une économie libérale. Il apparaît aujourd’hui comme la seule personnalité capable de contrer la montée en puissance des forces ultra-religieuses très conservatrices. Les activistes et les membres de la société civile comptent sur son appui pour faire pencher la balance en faveur de la dépénalisation prochaine du cannabis. Toutefois, ils devront aussi développer de solides arguments pour convaincre les autres partis de la coalition au pouvoir. Ils doivent continuer à mener leur combat dans l’espoir que le roi se rallie enfin leur cause.

La légalisation du cannabis, une meilleure implication des acteurs locaux

Les acteurs associatifs ainsi que les partis politiques restent très mobilisés sur la question de la légalisation du cannabis. Ils multiplient les initiatives pour convaincre l’opinion publique ainsi que le Parlement de la nécessité de réguler ce secteur d’activité très prospère. Toutefois, ils doivent prendre des mesures pour mieux impliquer les acteurs locaux. Certains paysans ne supportent pas ouvertement le projet. Ils estiment qu’une incertitude entoure la démarche. Ils souhaitent comprendre les véritables enjeux de la réforme. Ils craignent surtout de tomber sous l’emprise de nouveaux partenaires qu’ils ne connaissent pas. En effet, ils ont pris le temps de se familiariser avec les trafiquants et ont fini par nouer des relations stables avec eux. Ils se demandent si les lobbies pharmaceutiques et les agents de l’État ne changeront pas profondément les règles du jeu en leur défaveur. D’autres cultivateurs suspectent les autorités de vouloir avantager des régions agricoles plus fertiles et moins accidentées avec une meilleure accessibilité en eau. Les porteurs du projet doivent véritablement sensibiliser tous les acteurs impliqués. Cela permettra de lever leur doute et leurs appréhensions. L’État marocain doit aussi prendre le temps d’étudier les différents aspects de la question avant de légiférer.

La possibilité de s’inspirer d’autres expériences en cours

De nombreux États ont déjà officiellement légalisé la détention et la consommation du cannabis et de ses dérivés comme le CBD. Le Maroc devra analyser leurs dispositifs pour mettre en place son cadre législatif. Les autorités pourraient se pencher sur les cas de la France ou du Canada. Elles doivent étudier avec minutie chaque aspect de la question. Le véritable challenge consistera à contrôler la production et à connaitre tous les acteurs impliqués. L’État pourrait créer une structure spécifique pour collecter le hashish auprès des cultivateurs en vue de le revendre à l’international. Par ailleurs, la dépénalisation permettra de mettre fin à l’activité des dealers qui écoulent des produits de mauvaise qualité. Le gouvernement devra définir une batterie de conditions mesurables pour encadrer le processus.

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