Bien que les média en ligne soient en pleine expansion en Afrique, il existe encore de nombreuses revues physiques originales, qui mettent en lumière les valeurs, la créativité et la culture africaine. De la revue d’art contemporain Diptyk du Maroc en Afrique du Nord, à la revue activiste Chimurenga en Afrique du Sud, en passant par la revue people Nyanga du Cameroun en Afrique Centrale, vous aurez l’opportunité de découvrir l’Afrique à travers le regard des Africains.

C’est à l’occasion de nos échanges la taxe écran que Laurent, le rédacteur en chef de Saint Paul Magazine, m’a parlé de nombreux magazines papier qui ne sont pas toujours mis en avant, au même titre que les médias en ligne, il est difficile pour elle de se financer.

Diptyk, le magazine marocain d’art contemporain

Créé en 2009 par la journaliste Meryem Sebti à Casablanca, cette revue bimestrielle vient combler une importante lacune au Maroc, pays marqué par la présence de magazines essentiellement basés en Europe (comme IAM Africa fondée en 2014 par la photographe camerounaise Angèle Etoundi Essamba, ou encore la Revue Noire, plus ancienne, lancée en 1991 à Paris).

Le magazine Diptyk apporte un regard, à partir du Maroc, sur l’art du monde arabe, nord-africain, subsaharien et de la diaspora (en Europe et aux Amériques), en mettant un accent sur les pratiques, les thèmes communs et les points de convergences des artistes. D’où sa ligne éditoriale fondamentale : « L’art vu du Maroc ».

Nyanga, le magazine people camerounais qui représente l’Afrique

De par sa diversité climatologique, géographique, humaine et culturelle, le Cameroun est qualifié « d’Afrique en miniature ». C’est à ce même titre que la revue mensuelle Nyanga, créée en 2006 par la Société de Presse et d’Edition du Cameroun (SOPECAM), représente le continent africain à travers sa soixantaine de pages.

Contrairement aux magazines people classiques et autres presses à scandale, Nyanga traite des faits de célébrités nationales, africaines et même internationales pouvant servir de modèle, tout en mettant un accent particulier sur la culture, la mode et l’art africain.

Chimurenga, le magazine activiste sud-africain qui apporte un regard différent sur l’art, la culture et la politique en Afrique

Fondée en 2002 par le journaliste et écrivain Camerounais Ntone Edjabe au Cap en Afrique du Sud, Chimurenga est une plateforme fondamentalement activiste (Chimurenga en shona, langue zimbabwéenne, signifie lutte révolutionnaire), collective, flexible et évolutive. Elle est à la fois une maison d’édition, une radio, un laboratoire de recherche et un organisateur d’évènements.

La plateforme Chimurenga publie régulièrement en papier journal grand format, un magazine culte de politique, d’art et de culture, apportant un regard différent sur l’actualité du continent africain.

Les revues littéraires donnent aux Africains un espace pour « répondre » à la culture mondiale.

Dans son célèbre essai satirique « How to write about Africa », l’auteur kenyan Binyavanga Wainainaina enfonce tous les stéréotypes littéraires sur le continent. Sa recette pour écrire l’histoire africaine – un coucher de soleil orange, des animaux nobles, le sida et un trait de Joseph Conrad – est hilarante jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’il n’y a que trop de fiction et de non-fiction sur l’Afrique.

Comment écrire sur l’Afrique, quand l’on est en Afrique

Wainaina a publié cet essai dans le magazine littéraire Granta en 2006, ainsi que l’une des premières revues africaines à remettre en question les broches très narratives de Wainainaina. Au cours des dernières années, des revues littéraires ont vu le jour sur tout le continent. Encouragés par l’augmentation de l’accès à Internet, les journaux en ligne créent une plateforme pour les courts textes de fiction, les essais et la poésie d’écrivains africains.

De nombreuses revues ont également créé un réseau de soutien pour les nouveaux écrivains qui partagent leurs expériences de l’Afrique du XXIe siècle. Kwanini, qui a publié l’essai de Wainaina, est la publication imprimée du Kwani Trust. La confiance a commencé comme une chaîne de courriels à la question : « Ngugi wa Thiong’o et Meja Mwangi sont-ils les seuls écrivains qui intéressent les éditeurs kenyans ?

La Johannesburg Review of Books et ses collaborateurs répondent aux centres mondiaux de pouvoir culturel, en mettant en évidence la profondeur et la valeur des voix africaines, et pour situer l’Afrique en général et Johannesburg en particulier en tant que grands centres littéraires à part entière « , a déclaré M. Malec à M. Quartz.

La popularité croissante des revues en ligne remet en question l’hypothèse que les lecteurs en ligne ne veulent que des phrases courtes et des memes. Les éditeurs de revues ont plutôt constaté que les lecteurs voulaient s’engager avec des articles bien informés et bien écrits. Les jeunes Africains et la diaspora évitent de plus en plus les images négatives du contient dans la publication occidentale, mais aussi l’écriture postcoloniale qui a séduit les générations précédentes.

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