"Le gouvernement a demandé aux autorités judiciaires rwandaises d'utiliser ce rapport. Nous espérons qu'un processus judiciaire va suivre", a indiqué la ministre de l'information, Louise Mushikiwabo.
"C'est à la justice de s'en occuper. Nous espérons pouvoir avancer", a poursuivi la ministre, estimant qu'il sera "absolument" fait recours à la compétence universelle prévue dans les textes de loi du Rwanda.
Le 18 juin, le Rwanda avait fait savoir qu'il souhaitait recourir à la compétence universelle prévue dans ses textes de loi en vue de poursuivre devant ses juridictions des non-Rwandais accusés d'être impliqués dans le génocide.
Elle a souligné "l'impatience du peuple rwandais" de voir s'ouvrir ce processus.
Mme Mushikiwabo a indiqué qu'en cas d'éventuelles poursuites judiciaires, celles-ci impliqueront "l'État français et les responsables cités dans le rapport".
La ministre a expliqué que la commission avait deux missions: "compléter l'histoire du Rwanda et du génocide et contribuer à la recherche de la justice".
Elle a enfin salué, dans ce rapport, un travail effectué "de façon méticuleuse et professionnelle".
Mardi, le ministre rwandais de la Justice Tharcisse Karugarama a présenté à la presse les conclusions d'un rapport de 500 pages d'une commission d'enquête rwandaise accusant la France d'avoir "participé" au génocide de 1994, qui a fait, selon l'Onu, environ 800.000 morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.
Trente-trois dirigeants politiques et responsables militaires français en poste à l'époque des faits sont nommément incriminés dans ce rapport parmi lesquels le président français François Mitterrand (mort en janvier 1996), le Premier ministre Edouard Balladur ou le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.