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L'Algérie à nouveau visée par un double attentat


Alfred de Montesquiou le 21 Août 2008


Alfred de Montesquiou : Le sang n'en finit pas de couler en Algérie. Après une série d'explosions meurtrières et au lendemain de l'attaque suicide qui a fait 43 morts à l'est d'Alger, 12 autres personnes ont été tuées dans deux attentats à la voiture piégée qui ont visé mercredi un hôtel et une caserne militaire à Bouira, au sud-est de la capitale.


L'Algérie à nouveau visée par un double attentat
Selon l'agence officielle APS, la première déflagration a visé vers 6h du matin (4h GMT) le commandement de l'armée pour la région de Bouira, blessant quatre soldats. Une minute plus tard, 12 personnes ont été tuées et 27 autres blessées dans l'explosion d'une bombe près d'un hôtel du centre-ville.

Un responsable de la sécurité à Bouira, localité située à 90km de la capitale algérienne, a déclaré à l'Associated Press sous couvert de l'anonymat que presque toutes les victimes étaient des civils.

La plupart des victimes du deuxième attentat étaient des passagers d'un autocar qui passait devant l'hôtel, selon APS. Des responsables hospitaliers de Bouira ont précisé que la majorité travaillaient pour une société de travaux publics qui travaillaient sur le chantier d'un barrage près de Koudiet-Acerdoun, rapporte l'agence officielle.

La façade de la caserne a été presque entièrement détruite par la violence de la déflagration, selon un témoin de ces attentats, Abdellah Debbache, correspondant local du quotidien algérois "Liberté". Les deux attentats à la voiture piégée ont été déclenchées à distance.

Ce double attentat est survenu au lendemain de l'une des attaques les plus meurtrières commises ces dernières années. Au moins 43 personnes ont été tuées et 45 autres blessées mardi dans un attentat-suicide à la voiture piégée qui a visé une école de la gendarmerie algérienne près de Boumerdes, à 45km à l'est d'Alger. Les récentes violences n'ont pas été revendiquées.

L'Algérie a été touchée par six attentats de grande ampleur pour le seul mois d'août, avec plus de 70 morts, selon la presse algérienne. La plupart de ces attaques ont été perpétrées dans une région située à l'est d'Alger et connue sous le nom de "quadrilatère de la mort". La zone s'étend de la capitale à Boumerdès, Bouira et Tizi-Ouzou.

Ce regain de violence suscite des inquiétudes sur la capacité de l'Algérie à mettre fin à ces agissements. "Terrorisme: l'Etat impuissant?", s'interroge ainsi mercredi le quotidien "El Watan". La presse met notamment en cause la politique de réconciliation nationale adoptée par référendum en 2005, se demandant si cette initiative n'a pas laissé les coudées franches aux islamistes.

Les attaques ont particulièrement progressé depuis 2006 et le changement de nom de l'ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qui s'est rebaptisé Al-Qaïda au Maghreb islamique et a rejoint le réseau d'Oussama ben Laden. Le mouvement a revendiqué plusieurs attentats perpétrés ces deux dernières années.

La présidence française de l'Union européenne a condamné mercredi "avec la plus extrême fermeté les auteurs de cette campagne de violences", selon un communiqué du quai d'Orsay. Elle "tient à exprimer une nouvelle fois son soutien et sa solidarité au peuple et au gouvernement algériens dans leur lutte contre le terrorisme".

Condamnation identique du chef de la diplomatie européenne Javier Solana, qui a dénoncé des "actes d'un autre temps". Il a "réaffirmé (son) soutien aux autorités d'Algérie dans le combat qu'elles mènent contre ce terrorisme aveugle et sauvage".


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