Plasticien de renommée internationale et au parcours singulier, Giangiacomi, né en 1930 à Ancona (Italie), ne ratait aucune occasion pour exprimer sa passion et son amour pour le Maroc, Essaouira en particulier où il avait élu domicile depuis seize ans. "J'aime le Maroc et particulièrement Essaouira. J'aime et respecte aussi la jeunesse engagée dans le domaine de l'art", disait-il. Joignant l'acte à la parole, feu Giangiacomi est d'ailleurs le seul artiste
ayant fait don de dix oeuvres au musée Sidi Mohammed ben Abdellah de la ville.
En respect de sa volonté, il a été enterré à Essaouira en présence d'une pléiade de plasticiens et d'hommes de lettres. Ruggero Giangiacomi, s'était installé dans les années 80 à Rabat. Il travaillait à l'Institut culturel italien. Durant son séjour au Maroc, il a eu l'opportunité de visiter plusieurs villes. Et c'est au cours de ses multiples voyages, que la ville d'Essaouira l'a séduit.
C'est ainsi qu'il décide d'y fonder une galerie d'art "Marea arte" qui abrite de multiples expositions des différentes écoles italiennes, françaises et mêmes marocaines. Il est connu pour ses oeuvres à connotation très graphique. Sa technique picturale se caractérise par une certaine omniprésence de la figuration. A la manière d'un lithographe, Giangiacomi, reconnu aussi pour sa maîtrise de l'art de l'illustration, dessine le paysage avec une certaine précision dans le trait.
Son oeuvre est souvent utilisée pour illustrer des écrits d'auteurs contemporains. La ville d'Essaouira a également perdu ces derniers jours un autre grand artiste, en l'occurrence le sculpteur Mohameb Bouada.