"Les Marocains ont besoin d'un roi fort et pour moi l'Etat, c'est la monarchie, et je soutiendrai toujours la monarchie", a affirmé Benkirane dans un entretien au quotidien Le Matin publié vendredi, en se démarquant de ceux qui pensent que "le roi doit régner sans gouverner".
"Je pense que le Maroc a atteint l'étape de la délégation des pouvoirs.
A mon avis, sa majesté le roi ne veut pas accaparer tous les dossiers épineux et complexes", a-t-il déclaré, ajoutant: "Il est plutôt dans l'intérêt du royaume de déléguer certains dossiers, mais cela doit se faire après l'accord de sa majesté au moment opportun".
Benkirane a également assuré que le programme de son parti ne contenait "aucune mention liée au recours à la charia". "Le Marocain attend que je lui trouve un travail et non que je l'empêche d'aller au bar", a-t-il dit.
Le chef du PJJD a également suggéré pour la première fois une alliance de sa formation avec l'Union socialiste des forces populaires (USFP, gauche) en vue des élections communales de 2009.
"On ne peut sous-estimer un parti du poids de l'USFP, il reste grand, authentique et historiquement fort", a affirmé Benkirane.
Au cas où le gouvernement appuierait un mouvement politique dirigé par Fouad Ali El Himma, ex-ministre délégué à l'Intérieur, a-t-il ajouté, "il sera alors très logique que l'on se mette côte à côte avec l'USFP et tout autre parti qui refuse l'injustice".
Benkirane a été élu à la tête du PJD le mois dernier. Son parti était devenu la deuxième formation politique du pays, en sièges, lors du scrutin législatif de 2007.