L'annonce de l'arrestation officielle du belgo-marocain, originaire de Nador, Abdelkader Belliraj, le 18 février 2008 à Casablanca, en même temps qu'une trentaine de complices dont des chefs de partis politiques islamistes, des cadres de profession libérales et des enseignants, avait en son temps secoué les milieux médiatiques et sécuritaires du Maroc comme de Belgique.
Depuis au terme d'une longue instruction ponctuée par le refus catégorique des complices du belgo-marocain de répondre aux questions des juges tant que leurs avocats respectifs n'ont pas accès aux contenus des copies des procès verbaux de la police Abdelkader Belliraj, incarcéré dans une cellule VIP de la prison de Salé, a livré quelques indications aux juges telle que « il était le premier Marocain à être reçu par Khomeiny et Ben Laden » ou « que les services marocains étaient au courant de ses activités de trafic d'armes vers l'Algérie ».
Toutefois, à quelques jours de l'ouverture du procès de celui qui était encore avant son arrestation un paisible citoyen de la localité d'Evergem en Belgique, un fait troublant et récent laisse présager que le réseau Belliraj aurait flirté à une époque ou une autre avec les milieux terroristes trotskistes notamment parisiens ou athénien du Mouvement du 17 novembre, décapité totalement par la justice grecque à l'automne 2002 à la faveur d'un incident fortuit : « l'arrestation en Grèce quelques mois plus tôt d'un homme qui venait de faire exploser maladroitement un engin de forte puissance ».
On suppose que soit Belliraj et son réseau de trafic d'armes ont à un moment donné croisé le chemin des terroristes grecs du 17 novembre via d'autres terroristes comme le Vénézuélien Carlos ou le Libanais chiite Anis Nakkache, ce dernier ayant comme Belliraj approché l'imam Khomeiny (avant sa mort en 1989) auquel il voue une admiration sans limite. Soit que Belliraj et son groupe ont recouru à un moment aux services d'intermédiaires pour d'éventuels commandes d'armes qui étaient quasiment en soldes dans les Balkans entre 2001 et 2002.
Cette hypothèse est d'autant plausible ou du moins séduisante que l'intervalle de temps Milieu des années 1980-2002 qui correspond à la période de l'activisme du couple Carlos- Nakkache d'une parte et celui des derniers terroristes du 17 Novembre de l'autre, couvre celle de Belliraj et son réseau. En effet, d'après les polices belge et marocaine Belliraj aurait commis six assassinats entre 1986 et 1989 en Belgique !
Mieux : dans la nuit du 9 au 10 juillet, un incident curieux s'est produit sans que la presse ne le relève avec assez d'intérêt : une voiture diplomatique de l'Ambassade du Maroc à Paléo Psycico a été brûlée par des cartouches à gaz lancés par des jeunes inconnus (probablement depuis une moto : la méthode préférée du 17 Novembre) que la police athénienne soupçonne être des activistes d'extrêmes gauche. En fait c'est la première fois qu'un incident de ce genre se produit.
Enfin : la composition et le mode de recrutement ainsi que les objectifs du réseau de Belliraj tel qu'ils ont été révélé par la police marocaine sont très semblables à ceux du Mouvement terroriste du 17 Novembre ; à savoir le recrutement de militants anti-capitalistes mais bien intégrés dans la société et ensuite les infiltrer dans l'appareil de l'Etat…
Plutôt troublant, non ?