"Le projet de train à grande vitesse (TGV) nécessitera un investissement d'environ 100 milliards de dirhams, dont 50% seront financés par des opérateurs français", a déclaré mardi à Casablanca le ministre Karim Ghellab.
"L'union européenne (UE), le Fond arabe pour le développement économique et social (FADES), la Banque européenne d'investissement (BEI), la Banque mondiale (BM) et la Banque africaine de développement (BAD) participent aussi à cet effort de développement des corridors de transport à grande vitesse européen et maghrébin", a-t-il ajouté.
En effet, sur le long terme, les lignes marocaines "atlantique" (Agadir-Tanger) et "maghrébine" (Casablanca-Oujda) devraient permettre d'une part d'aller de Casablanca à Madrid en 5 heures contre près de 12 actuellement, et de l'autre de construire un réseau maghrébin de TGV, reliant les pays de l'Afrique du Nord, a souligné le ministre.
En juin, le Maroc et l'Espagne ont officiellement sollicité l'appui de l'UE pour la réalisation de leur projet commun d'une liaison ferroviaire entre l'Europe et l'Afrique sous le détroit de Gibraltar, Pour sa part, l'Etat marocain, qui avait consacré 50 milliards de dirhams (soit 4,6 milliards d'euros) à la politique dite "des grands chantiers" entre 2002 et 2007, devrait "doubler" son effort d'investissement, selon la déclaration gouvernementale présentée par le premier ministre Abbas El Fassi.
"L'Etat prend en charge la réalisation des infrastructures et l'Office national des chemins de fer (ONCF), les coûts d'exploitation et de matériel" a précisé M. Mohammed Rabie Khlie, directeur général de l'Office.
Un protocole d'accord portant sur la conception, la construction, l'exploitation et l'entretien de la première tranche --qui doit relier Tanger et Casablanca en 1 heure 30 dès 2013-- avait été signé lors de la visite en octobre du président français Nicolas Sarkozy. Il y en a pour 2 milliards d'euros.
En 2015, le TGV devrait rallier Marrakech, pour finalement effectuer le trajet Tanger-Agadir, via Essaouira, en 4 heures, Ã l'horizon 2030.
A la même date, une ligne est-ouest reliant la capitale économique à Oujda, proche de la frontière algéro-marocaine, via Meknès et Fès, devrait porter le réseau marocain de lignes à grande vitesse à 1.500 km et le nombre de voyageurs à 133 millions.