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''Marrakech à Erfoud, un voyage en bus'', un conte non courtois, signé ''Le Monde''


Rachid El Haibi, eMarrakech Info - Malgré toute notre grande hospitalité, Marilyne Chaumont, l'envoyée spéciale du journal "le monde" insiste sur des détails faisant mal à la renommée touristique de notre pays. Une méconnaissance de toutes ces mains tendues qui l'accueillent et ses semblables, elle ne voit qu'avec un mauvais œil.



La ville de Ouarzazate
La ville de Ouarzazate
Une lecture de ce conte nous confirme cette attitude de certains agents d'un soi-disant "journalisme" qui vient  boiter dans notre pays et ne choisit que les points noirs à raconter malhonnêtement. Est-ce du tourisme ou de l'anti-tourisme?

C'est certainement, des positions de préjugés, contre un pays qui ne cesse de montrer la vraie face de l'humanisme que certains, venus des pays "démocratiques" et "civilisés", n'en connaissent pas.

Je vous laisse lire cet article et apprécier le pays, en imaginant ce beau voyage,  et non l'auteur qui manque de sens de respect envers ceux qui l'ont très bien accueillie.
= = = = =
Dès l'aube, à la gare routière de Marrakech, les chauffeurs bourdonnent autour des passants. Les soutes s'ouvrent et se referment, les passagers montent, et le bus s'ébranle, prêt à affronter le Haut Atlas et ses cols obtus. Il traverse des villages de montagne, s'arc-boute au bord des ravins, ronfle dans les côtes et finit par atteindre les 2 000 mètres d'altitude. Il est encore tôt. Les passagers somnolent ou laissent leur tête reposer contre la vitre sale.

Quatre heures après, pour quelques dirhams de plus, un autre bus à la carrosserie noire de poussière et de sable prend le relais à Ouarzazate en direction du désert et des villages berbères. Les places manquent, des voyageurs s'asseyent par terre, d'autres restent debout. Deux femmes et un homme boiteux montent pour mendier trois sous, avant de redescendre en regardant le véhicule s'éloigner, cahin-caha.

Fatima, une femme au teint sombre, aux mains burinées décorées au henné, part d'un rire profond en entendant parler français à ses côtés. "Je rentre dans mon village, explique celle dont le grand voile noir tombe en plis réguliers. On se rend souvent à plusieurs à Ouarzazate pour acheter tout ce qu'on ne trouve pas chez nous." Elle désigne d'autres femmes aux paniers pleins posés sur leurs genoux.

Une halte à Erfoud laisse juste le temps de se fondre dans le glissement des djellabas, entre les étals d'un souk de fruits, de légumes et de viande. C'est le moment de se ravitailler en oranges grosses et parfumées et en petits pains ronds, avant de repartir à bord d'une Mercedes blanche au compteur détraqué.

Le chauffeur stoppe, sans crier gare, pour refroidir le moteur en l'arrosant d'un jet d'eau froide. Plus tard, chez le pompiste, il savoure indolemment une cigarette et se met à traficoter dans le capot.

Au cours du voyage, Fezzou est une étape étonnante. Des enfants s'agglutinent joyeusement et improvisent une visite du village, très étendu, où les maisons ocre alternent avec les cultures de céréales ou de légumes.

Revenu vivre dans son bled natal après des études de droit à Meknès, Brahim ouvre alors sa demeure aux murs épais, pour servir un thé brûlant au voyageur qui passe. "L'hospitalité est plus que sacrée pour nous. C'est un devoir", souligne-t-il. D'ailleurs, dans la salle commune, se délasse un géologue allemand en quête de trilobites, ces fossiles vieux de plus de 400 millions d'années dont les environs regorgent.

Le village suivant est Alnif, où, après une nuit à l'auberge, il est une aventure de se rendre au hammam, qui n'a rien du confort européen mais fait entrer dans le mode de vie marocain. Ce sont plusieurs pièces rongées par l'humidité. "Les femmes viennent en général deux fois par semaine, pour une grande toilette au savon noir et aux vapeurs chaudes", explique Ibrahim, le jeune aubergiste.

En sortant, le souk populaire, différent de celui, aux étals alléchants, de Marrakech, est noir de monde. Par terre, des bric-à-brac de ferraille et d'outils succèdent à des tas de chaussures, aux semelles fortifiées par des morceaux de pneu Michelin. Sous une bâche tendue, un marchand pèse minutieusement ses poules ; plus loin, un vendeur de peaux de bêtes les étale à même le sol. Le charme d'Alnif tient non pas à son architecture mais à son atmosphère.

A l'heure du départ, une fourgonnette bleue se présente pour les derniers 160 kilomètres jusqu'à Ouarzazate. Abdeslam, le chauffeur, exhibe fièrement son permis de conduire où toutes les cases sont joliment tamponnées. Sur la photo d'identité agrafée, il a le regard fier, la moustache bien lissée. Il a obtenu jusqu'au permis poids lourds et s'est même formé pour devenir moniteur d'auto-école.

Au bout d'une heure de route, deux carrures de la gendarmerie royale, lunettes noires, sourcils menaçants, l'arrêtent et l'invitent à descendre après avoir examiné ses multiples papiers. Ils s'éloignent avec lui : les deux gendarmes ont le pas assuré, le conducteur la démarche penaude. Quelques minutes plus tard, ils réapparaissent et les deux sbires finissent par le laisser partir. "Ça arrive souvent. On discute un instant, on sort 100 dirhams de sa poche, et on repart !", explique Abdeslam.

Arrivé à Agdz, le chauffeur n'ira pas plus loin. Il faut alors escalader le toit de la fourgonnette bleue pour récupérer les sacs entassés. Entre les taxis fumants et les ânes, un enfant se démène pour vendre un petit dromadaire qu'il a tressé lui-même avec des herbes sèches.

Quatre Mercedes débarquent illico. "Vous, surveillez bien le chauffeur, conseille un jeune Berbère qui s'accoude, nonchalant, sur la portière ouverte de l'un des taxis. Il a tendance à s'endormir au volant." Le conducteur part d'un gros rire, renvoie l'autre d'un geste de la main, enfile une cassette de chants berbères dans le lecteur et démarre lentement.

Les 65 kilomètres qu'il reste à franchir d'Agdz à Ouarzazate sont un festival de virages. La porte arrière droite de la Mercedes grince à chaque tournant et chaque virage projette les cinq passagers sur le côté. Là encore, le compteur kilométrique est en panne et, dans les épingles à cheveux et les descentes, cela est presque rassurant.

De retour à Ouarzazate, le dernier autocar part à 21 heures pour Marrakech. D'ici là, il faut patienter dans la brasserie aux murs décrépis de la gare routière où un vieux téléviseur diffuse en sourdine un match de football, tandis qu'un chat errant se faufile entre les jambes des hommes, en quête de quelques miettes. Le temps d'avaler une "harira" tiède (la soupe traditionnelle), l'heure a déjà tourné. L'heure de reprendre la route, la dernière, avec quelques regrets.
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Fin de l'article, avec l'espoir de ne plus voir des "journalistes" de ce genre.

Rachid El Haibi - eMarrakech Info
Samedi 09 Août 2008





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