Pour le deuxième mois consécutif, le nombre des personnes incarcérées dans les quelque 200 prisons françaises dépasse le pic historique de juillet 2004 (63.652 détenus), selon les chiffres de l'administration pénitentiaire (AP).
Le nombre des places disponibles en prison n'a pas été fourni par l'AP mais il était de 50.807 en juin, ce qui donne un taux de densité carcérale de plus de 126%, largement au-dessus de la moyenne des Etats-membres du Conseil de l'Europe qui s'élève à 102%.
Selon des chiffres du mois de juin, près des deux tiers (63%) des établissements pénitentiaires sont en surpopulation et, parmi ceux-ci, 7% ont une densité de 200% avec en moyenne deux détenus pour une place.
Jusqu'à présent, la France profitait de la période estivale, souvent tendue dans les cellules, pour désemplir les prisons au moyen des grâces collectives présidentielles du 14 juillet.
Mais, depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy a décidé de ne plus user de ce droit ""quasi-monarchique"" selon lui.
Un futur projet de loi pénitentiaire, qui devrait être présenté à la fin du mois en Conseil des ministres, prévoit de développer les assignations à domicile pour les condamnés à de courtes peines (moins de deux ans) ou les personnes en attente de procès, afin de désengorger les prisons.
Des associations dénoncent régulièrement la situation dans les prisons françaises. Fin 2007, le Comité pour la prévention de la torture (CPT), une agence du Conseil de l'Europe, avait critiqué la surpopulation carcérale en France et le sort de certains détenus "qui s'apparente à un traitement inhumain et dégradant".