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Publié le Mardi 20 Juin à 16:17

Khalid Badaoui : "Avec Said Chraïbi, j’ai appris le professionnalisme et l’humilité"



Luthiste, Khalid Badaoui réussit à tatouer d’excellence l’espace musical marocain. Son ambition dépasse de loin les murs ocre et s’aventure avec assurance vers le mérite international. Inspecteur d’éducation musicale, Badaoui a réussi à assortir si bien l’étude académique et le talent débridé d’un musicien dont le souci est de répandre un goût musical distingué. Le premier concert de son ensemble musical Maestro ce samedi 17 juin 2017 témoigne de la perspicacité de sa vision musicale bien accomplie.



Les débuts de Khalid Badaoui avec la musique, et le luth en particulier

Khalid Badaoui : "Avec Said Chraïbi, j’ai appris le professionnalisme et l’humilité"
Mes débuts avec un instrument de musique furent en 1984, quand j’avais 13 ans. J ‘avais acheté un petit instrument à cordes, Guembri, avec une petite somme d’argent que m’avait offerte mon défunt père pour ma réussite.
 
C’est alors que j’ai commencé à déceler les mystères de l’instrument, notamment en côtoyant les jeunes du quartier qui jouaient du luth : la relation entre les cordes et entre la main droite et la main gauche, ainsi que l’intervalle instrumental entre ces cordes.
 
Commencent alors mes premiers morceaux joués, des morceaux notamment de chansons engagées de Cheikh Imam, Fayrouz, Marcel Khalife et la troupe palestinienne Aghani Al Achiquine, avec le luth emprunté à chaque fois de quelques amis, vu que mon père refusait de m’acheter un luth de peur que je ne sois distrait de mes études.

Il fallait attendre que mon oncle travaillant à l’étranger tienne sa promesse et m’achète mon premier luth après deux ans de pratique, en aout 1986 

Et c’est là qu’a commencé mon aventure avec le luth, une aventure que j’allais renforcer en m’inscrivant au conservatoire de musique, j’allais ainsi comprendre théoriquement ce que je pratiquais depuis un temps, ce qui me facilita beaucoup la tâche contrairement à ceux qui attendait de commencer le solfège pour apprendre à jouer après d’un instrument.
 
J’ai continué sans interruption jusqu’à obtention du prix d’honneur, c'est-à-dire la dixième année en luth et la huitième année en solfège.
 

Vous mariez si bien le talent et l’étude académique, à quel point l’étude renforce-t-elle le talent ?

Il faut dire que l’étude sans talent est bien incapable de faire un bon musicien, chanteur ou compositeur. Toute personne ayant fait des études en musique sans en avoir le talent demeure une personne aux capacités musicales très limitées puisqu’elle a appris la musique de façon purement technique.

Toutefois, un talent sans étude demeure également insuffisant car tout talent doit être renforcé et embelli par les études.
 

Vous êtes également encadrant de l’éducation musicale dans l’académie de Marrakech, comment évaluez-vous l’importance de cette matière dans l’enseignement au Maroc ?

L’éducation musicale a joué et joue plusieurs rôles d’une grande importance à l’école, des rôles dont l’éducation et l’encadrement des élèves en développant leur goût et en leur permettant d’avoir les moyens d’analyser l’œuvre musicale et de la décrire même de façon bien simple. Cette matière permet également aux élèves d’avoir un équilibre psychologique, aidant à diminuer la violence dans nos établissements scolaires. C’est également une matière à grandes valeurs, transmises essentiellement grâce à son programme.
 
Enseigner cette matière permet également de découvrir les talents et les potentialités musicales parmi nos élèves, des talents qu’il est bien nécessaire d’encourager et de bien orienter, notamment vers des études de musique aux conservatoires.
 
L’avenir de cette matière dépend, essentiellement, des décisions ministérielles, puisqu’il faut signaler que depuis 2012 et l’arrivée du PJD au pouvoir, la formation de nouveaux professeurs d’éducation musicale s’est arrêtée, ce qui a empêché la généralisation de l’enseignement de cette matière dans tous les collèges, et a privé plusieurs élèves d’étudier une matière aussi esthétique qui ne peut que hisser leur goût artistique.
 

Avec Feu Said Chraïbi
Avec Feu Said Chraïbi

Une très belle expérience avec feu Said Chraïbi, une expérience de vie et de musique !

Mon expérience avec le grand musicien feu Said Chraïbi constitue une étape primordiale dans ma carrière musicale et un tournant artistique d’une grande importance. J’avais travaillé avec lui dans le cadre d’une troupe musicale appelée à l’époque « Quatuor Oud El Hamra », depuis l’an 2002 jusqu’aux derniers spectacles qui eurent lieu trois mois avant son décès en 2016.

Dans ce Quatuor nous jouions les œuvres de Chraïbi réparties sur quatre luths : un Soprano, un Bass, un Ténor et un luth ordinaire.

Nous avons participé à plusieurs grandes manifestations et à plusieurs festivals de musique tant au niveau national à l’instar du festival de luth de Tétouan et du festival Mawazine qu’au niveau international en Suisse, en Espagne, en Russie…

En côtoyant le défunt, j’ai appris énormément de choses concernant la manière de jouer du luth, de composer, même sa manière de penser musicalement ; mais j’ai eu la chance également de connaître de près ses grandes valeurs humaines et sa modestie. Si Chraïbi est considéré comme l’un des grands musiciens et luthistes, voire des génies du luth dans le monde entier, il demeure en plus bien grand par sa personnalité et son humilité.
 

Les projets de Khalid Badaoui pour l’avenir..

J’ai fondé un ensemble musical que j’ai nommée «Ensemble musical Maestro», un ensemble à travers lequel j’ambitionne de mettre la lumière sur mes travaux qui n’ont pu voir le jour, et dont certains sont déjà préparés pour être joués par l’ensemble Maestro.
 
L’ensemble réunit une myriade de professeurs d’art musical en plus d’une chorale constituée de jeunes talents ayant été déjà primés lors de festivals régionaux et nationaux en remportant le premier prix de chant.
 
Mes projets d’avenir sont donc focalisés aujourd'hui sur mon travail avec et sur l’ensemble Maestro pour qu’elle puisse enrichir l’espace musical en répandant un goût musical distingué au bonheur de tous les amoureux de la belle musique qui répond aux normes de valeur sans lesquelles l’œuvre musicale ne peut se prétendre d’excellence.



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