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Mauritanie: Nouvelle ère, les élections présidentielles dans les délais les plus proches


Nouakchott- Le Conseil d'État mauritanien, dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, a annoncé que les élections présidentielles auront lieu dans les délais les plus proches.



Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le  général Ould Abdel Aziz
Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le général Ould Abdel Aziz
Dans un communiqué diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi sur la radio et la télévision mauritaniennes, le Conseil d'État a souligné que "les élections seront libres et honnêtes et seront organisées en concertation avec les partis politiques et les forces de la société civile".

Le Conseil a également fait part de son engagement à respecter les conventions et les engagements internationaux de la Mauritanie.

Le communiqué a révélé par ailleurs la composition du nouveau Conseil d'État qui comprend 11 membres.

 Le chef de l'État mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays, a été arrêté mercredi à Nouakchott au cours d'un coup d'État sans effusion de sang mené par le chef de la garde présidentielle qu'il venait de limoger.

Les putschistes se sont organisés en "conseil d'État", dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

"Je m'engage personnellement à préserver l'État de droit, les libertés des citoyens et les institutions démocratiques existantes", a dit le nouvel homme fort de Nouakchott.

Dans un communiqué lu à la radio nationale, la junte a promis une élection présidentielle "libre et transparente" dans "une période qui sera la plus courte possible".

Ce coup de force intervient 15 mois après l'élection présidentielle du printemps 2007, saluée comme un "modèle démocratique" pour l'Afrique et le monde arabe, et trois ans après le coup d'État militaire qui avait renversé en août 2005 le président Maaouiya Ould Taya.

Le général Ould Abdel Aziz, 52 ans, chef d'état-major particulier du président et commandant de la garde présidentielle, que le président avait démis de ses fonctions dans la matinée, est très vite apparu comme le chef des putschistes.

Peu après 09H00 (locales et GMT) à Nouakchott, "des membres de la garde présidentielle ont arrêté le président à sa résidence, et le Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf à son bureau", a indiqué le porte-parole de l'institution présidentielle, Abdoulaye Mahmadou Ba. Ils ont été emmenés à la caserne de la garde présidentielle, tout comme le ministre de l'intérieur, selon des sources sécuritaires.

"Cela s'est fait sans violence pour la bonne raison que ce sont des éléments putschistes qui assuraient la sécurité du président", a-t-il précisé.

Le président avait pris mercredi matin un décret nommant de nouveaux officiers à la tête de la garde présidentielle, de l'état-major national et de la garde nationale. "Trois généraux ont refusé d'obtempérer" et "sont entrés en rébellion", a commenté le porte-parole.

Le porte-parole de parlementaires "frondeurs", Sidi Mohamed Ould Maham, a appelé mercredi "tous les citoyens" à participer jeudi matin à Nouakchott à "une marche de soutien" aux putschistes et leur chef. "Nous soutenons le mouvement correctif", a-t-il dit au sujet du coup d'État.

Au même moment, le porte-parole du président renversé appelait la communauté internationale à "ne reconnaître en aucun cas" le pouvoir des putschistes.

L'aéroport de Nouakchott, fermé mercredi dans la journée, a de nouveau ouvert dans la soirée. Aucune violence n'a été rapportée dans la capitale.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dit regretter "profondément" le coup d'État, fermement condamné par l'Union africaine (UA), la Commission européenne et la présidence (française) du Conseil de l'Union européenne.

Les États-Unis ont également condamné ce coup de force. La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a appelé les putschistes à libérer le président et le Premier ministre et à restaurer "immédiatement" le gouvernement légitime.

Le chef de l'État sénégalais Abdoulaye Wade a "conseillé" mercredi à la junte de "veiller" à la sécurité du président renversé et de ses proches.

Le parti du président renversé, le Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD) a, dans un communiqué, rejeté "totalement ce retour à l'ère des coups d'État".

De son côté, le principal parti de l'opposition, le Rassemblement des forces pour la démocratie (RFD), a "compris" ce coup de force.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali ont dépêché à Nouakchott le secrétaire général de la présidence tournante de l'Union du Maghreb arabe, dont la Mauritanie fait partie, pour "suivre l'évolution de la situation".

Le secrétaire général de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu s'est dit "particulièrement choqué" par le coup de force.

Agences
Jeudi 07 Août 2008


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