Face à la dégradation de la situation dans la zone de conflit, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a promis des "mesures de rétorsion" contre la Géorgie après l'offensive militaire déclenchée par Tbilissi contre l'Ossétie du Sud, où au moins 15 civils ont été tués.
"Ils ont de facto lancé les hostilités en utilisant des chars et de l'artillerie. C'est très triste, cela va provoquer des mesures de rétorsion" , a déclaré Poutine depuis Pékin, où il devait assister à l'ouverture des Jeux olympiques.
Au moins 15 civils ont été tués dans les combats et raids aériens géorgiens qui faisaient rage à Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, république indépendantiste pro-russe de Géorgie, selon les autorités séparatistes.
De son côté, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a "exigé" vendredi de la Russie qu'elle "arrête les bombardements" de villes géorgiennes, affirmant que son pays faisait face à "une intervention militaire de grande envergure".
Dans une déclaration télévisée, Saakachvili a en outre appelé à une "mobilisation totale" de son pays.
Moscou a démenti que les forces aériennes russes aient attaqué la Géorgie.
Selon la télévision géorgienne Roustavi, des avions russes auraient notamment bombardé Gori, la ville natale de l'ancien président soviétique Joseph Staline, située à l'ouest de Tbilissi, à 33 km de Tskhinvali, capitale de l'Ossétie du Sud.
Auparavant, le général Mamouka Kourachvilili, chef des forces géorgiennes de maintien de la paix en Ossétie du Sud, avait déclaré que Tbilissi avait "décidé de restaurer l'ordre constitutionnel dans la zone de conflit".
Selon l'agence russe Interfax, des obus d'artillerie sont tombés "directement sur des casernes" des forces de maintien de la paix russes déployées à Tskhinvali.
Des combats se sont déroulés dans la banlieue de Tskhinvali, qui reste toutefois sous le contrôle des forces séparatistes, a assuré le président de ce territoire indépendantiste, Edouard Kokoïty, cité par Interfax.
A Moscou, les autorités, "sous la direction du président Dmitri Medvedev", étudient des "mesures d'urgence" liées au rétablissement de la paix dans cette région, a annoncé le Kremlin cité par l'agence Itar-Tass.
"Sous la direction de Dmitri Medvedev, on discute, en ce moment-même, d'un ensemble de mesures urgentes sur le retour à une situation de paix en Ossétie du Sud, sur la défense de la population pacifique se trouvant là -bas, compte-tenu du fait que nous avons un mandat de maintien de la paix", affirme le service de presse de la présidence russe.
Pour sa part, le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé son inquiétude au sujet de l'aggravation de la situation en Ossétie du Sud, mais n'a pas réussi à se mettre d'accord sur une déclaration appelant les parties à renoncer à l'usage de la force.
De leur côté, les Etats-Unis et l'Ukraine, partenaire pro-occidental de la Géorgie dans l'espace post-soviétique, ont eux aussi appelé à un arrêté immédiat de combats.
L'Ossétie du Sud, qui compte quelque 70.000 habitants, a proclamé son indépendance en 1992 après la chute de l'URSS et aspire à rejoindre la Fédération de Russie au côté des Ossètes du Nord. Saakachvili a toujours affirmé vouloir la faire revenir, tout comme l'Abkhazie, dans le giron de la Géorgie.