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Puissance et désir de vengeance chez les DogmouchAFP le 18 Juillet 2007
GAZA - Dans son quartier, Salah, le chef du clan Doghmouch, joue au backgammon en devisant avec ses fils. Autoritaire, il coupe court à une conversation: "Chez nous, il y a toutes les factions. Mais pour rester unis, ne pas parler politique est devenu une loi pour la famille".
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Au cours des dernières années, les Doghmouch sont devenus le clan le plus redouté de Gaza. Un fort esprit de famille qui transcende les clivages politiques. Leur grand nombre, des armes et beaucoup argent ont conforté leur puissance.
La famille vit retranchée dans son quartier de Sabra. Chaque entrée est barrée par un barrage en béton où veillent des hommes armés du clan. Les étrangers doivent montrer patte blanche pour aller plus avant. "Aucun étranger en arme ne peut rentrer chez nous", lâche Salah, assis sur une chaise en plastique et vêtu d'une jalabiya blanche. Autour de lui, ses neveux et deux de ses fils se taisent quand il parle. Les traits de leur visage sont massifs, taillés au burin. Leur taille imposante. "Fatah, Hamas, Comités de résistance populaire, Front démocratique de Libération de la Palestine (FDLP), Armée de l'islam. Nous avons tout ça ici", continue Salah en offrant à ses invités une tasse de café. "Ceux qui ne connaissent pas les Doghmouch, nous critiquent. Mais ceux qui nous connaissent disent de nous que nous sommes la meilleure famille", sourit-il. Le clan compte 3.500 personnes à Gaza et 1.500 à l'étranger, estime-t-il. L'Armée de l'islam, dirigée par Moumtaz Doghmouch, est la dernière faction à faire son apparition dans le clan. Des liens avec la nébuleuses al-Qaïda? Le chef de la famille ne veut pas en entendre parler. "Les agissements de Moumtaz n'ont rien à voir avec la famille. C'est une chose dont nous ne sommes pas au courant", dit l'homme sèchement, presque irrité par la question. "Je ne veux pas demander. Ce ne sont pas mes affaires". Kamel, 70 ans, le moukhtar (membre éminent) de la famille Badawi connaît bien les Doghmouch. Il leur a "donné" trois filles en mariage. Une Doghmouch a fait le parcours inverse. "C'est une famille qui fait peur parce qu'ils sont nombreux et ont beaucoup d'argent", explique le vieux cheikh à la peau plissée par les rides, allongé sur une paillasse dans son verger luxuriant. Leur argent, assure-t-il, vient surtout du commerce. "Ils ont réussi à obtenir le monopole de l'importation du caoutchouc à Gaza mais possèdent aussi de nombreux garages et travaillent dans la construction". Des responsables des services de sécurité accusent des membres de la famille d'avoir fait rentrer beaucoup d'argent grâce à des rançons perçues pour libérer des étrangers qu'ils avaient enlevés. Depuis quelques mois toutefois, les Doghmouch sont sous pression. Les bonnes relations entretenues avec les islamistes du Hamas, nouveaux maîtres de la bande de Gaza, se sont crispées. Le clan veut venger les "assassins" de deux des siens, Mahmoud et Achraf, des partisans du Fatah tués par des hommes du Hamas en décembre. "Nous savons que 18 personnes ont participé à l'attaque. Nous en avons tué trois. Les autres devront payer. Oeil pour oeil, dent pour dent", grommèle Salah Doghmouch. La tension avec le Hamas est montée d'un cran début juillet lorsque les islamistes ont assiégé le quartier de Sabra pour contraindre Moumtaz Doghmouch à libérer le journaliste de la BBC Alan Johnston enlevé trois mois et demi plus tôt. "Il n'y a plus de confiance entre nous et le Hamas", dit un haut responsable de l'Armée de l'islam. L'Armée de l'islam et le Hamas, ainsi que les Comités de la résistance populaire avaient pourtant mené conjointement l'attaque au cours de laquelle le soldat israélien Gilad Shalit a été capturé en juin 2006. "Nous n'aurions jamais cru que le Hamas puisse tuer Mahmoud et Achraf, après que Moumtaz les eut tant aidés. Il n'y aura pas de grâce", lâche-t-il, en accusant le Hamas d'"apostasie" et de ne pas avoir une lecture rigoriste du Coran. ________________________Dans la même rubrique_________________________
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